•             Dernier marché de l’année deux mille six au Clos Saint-Marc. Peu de vendeurs installés et petite affluence, à l’heure matutinale où je m’y pointe. Je m’attarde à l’étal d’un brocanteur, vendeur d’une poignée de livres jetée sur le sol. Il discute avec une connaissance à lui.

                -Il y en a qui réussissent avec le livre, lui dit-elle.

                -Oui, mais attention, c’est pointu le livre, lui répond le professionnel.

                Elle raconte alors l’histoire d’une amie à elle qui a mis en vente un livre sur Internet, et alors ça a monté, ça a monté… Même qu’elle est allée rechercher des livres qu’elle avait donnés à une de ses amies, qui devaient partir en Roumanie, ces livres… Pour les vendre sur Internet.

                Anecdote édifiante, où se mêlent pas mal de fantasmes et un bel exemple de générosité.

                Suis rentré sans un livre, mais avec une baguette de pain « tradition ».

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  •             France Culture franchit bien le passage deux mille six deux mille sept avec une flopée d’émissions consacrées à Robert Walser (mort dans la neige, il y a cinquante ans, le soir de Noël, etc.). Le trente et un décembre à quatorze heures Pour Robert Walser, ensuite tous les jours de la première semaine de l’année nouvelle à quinze heures quarante Robert puis à vingt-deux heures quinze Walser forte, Walser piano. Pour le programme détaillé, voir le site Internet de ladite.

                Un bienfait que cette radio publique sur laquelle on peut se caler jour et nuit. Bien heureux de payer chaque année une redevance pour financer cet îlot d’intelligence dans l’océan de crétinerie.

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  •             Le nombre de bouffons et de bouffonnes que l’on croise à l’Espiguette certains jours ! Capables de mener pendant une heure des conversations navrantes. Au premier plan, une bande de skaiteurs amenés là par la boutique d’à côté et englués dans leur humour de pompiers et leurs échanges tribaux. Pas loin derrière, des filles qui se vantent de leurs soirées beauferies avec télévision dans le salon, serpentins et chapeaux en carton.

                Passer sa jeunesse de cette façon, avant d’être dans quelques années, accouplés et chargés de moutards, filant sur les rails, dans une société sarkosée ou sarkolènisée, vers la catastrophe climatique, la pénurie de matières premières et le terrorisme répandu, c’est un sort qu’on ne peut guère leur envier.

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  • Allons bon, plus de la moitié des Français croient que l’Euro est une mauvaise chose, responsable des hausses de prix, et veulent revenir au Franc. Il faut voir un peu plus loin que le bout de son nez.

    Si le petit café expresso est passé de cinq ou six francs à un euro vingt ou un euro quarante, est-ce la faute à l’Euro ? Non, c’est le cafetier qui a profité de l’occasion pour se remplir les poches.

    Idem pour le pain et le boulanger.

    L’un et l’autre et quasiment tous les commerçants ont profité de l’aubaine, y compris l’Etat quand il vend ses timbres poste. C’est facile, on continue à augmenter ses prix de cinq ou dix centimes, comme au bon vieux temps du Franc, en oubliant opportunément qu’avec l’Euro l’augmentation est multipliée par six et demi.

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  • Déjeuner au Marégraphe, à la table soixante-seize, celle qui a la meilleure vue sur la Seine, ses ponts anciens et nouveau, ses grues décoratives ou en fonction, ses péniches rares. Au menu, assiette d’entrées froides et biche sauce civet, un petit vin blanc en accompagnement.

    Retour par le quai dans la froidure d’hiver, ciel brumeux et nombreuses fumées d’usines à l’horizon. Quelques coureurs et quelques patineurs à roulettes inspirent à pleins poumons les particules délétères contenues dans l’air pollué. On appelle cela faire du sport. Mieux vaut pour sa santé choisir la petite sieste.

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  • C’est indéniable et il suffit de se balader dans les rues du centre de Rouen pour le vérifier, le chapeau revient sur la tête des hommes de cinquante ans de la classe bourgeoise. Exactement le genre de chapeau qu’on voyait sur de très nombreuses têtes au temps où la France était partagée en zone occupée et en zone dite libre. Ce chapeau que le Mythe Errant persista à poser toute sa vie sur son auguste chef.

    Qu’un chapeau à relents pétainistes apparaisse et se répande l’année du duo Sarko (fat sot) Sarkolène (pure hautaine), est-ce coïncidence ou mauvais présage ?

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  • Passé une partie de ce jour de Noël deux mille six à lire Les enfants Tanner de Robert Walser, écrivain suisse, auteur également de L'Institut Benjamenta, de La promenade et de La rose.

    Deux phrases qui en disent long sur l’auteur :

    « Une petite tristesse qui ne se laissait pas oublier le tenait prisonnier mais elle allait bien avec le ciel léger, serein et un peu trouble. »

    « Tout cela pour illustrer le fait qu’à mener cette vie de fainéant on devient bête. »

    Dans ce roman, Les enfants Tanner, écrit en mil neuf cent sept, également cette scène : « Parvenu à peu près au milieu de son ascension, Simon vit brusquement un jeune homme endormi dans la neige en travers du chemin. (…) Qu’est-ce qui pouvait avoir conduit cet homme à s’étendre ici dans la neige par ce froid mordant et à un endroit de la forêt aussi étrangement choisi. (…) Il était mort de froid ici, certainement,  et il devait y avoir pas mal de temps qu’il gisait sur le chemin. »

    En mil neuf cent trente-trois, Robert Walser est entré comme pensionnaire dans une clinique psychiatrique où il est resté jusqu'au jour de Noël mil neuf cent cinquante-six. Ce jour-là, quittant la clinique pour se promener dans la neige, il marcha jusqu'à l'épuisement et à la mort. Il y a aujourd’hui cinquante ans. Une petite tristesse qui ne se laisse pas oublier.

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  • Noël, ça peut commencer par un très beau concert de la Maîtrise du Conservatoire à l’église Jeanne-d’Arc le vingt-trois décembre, suivi d’un réveillon le même jour, sangria sylvaner bordeaux, on se retrouve le matin du vingt-quatre avec un jour d’avance sur tous les autres, quai rive droite de Rouen, à s’aérer l’esprit et se dérouiller les jambes en marchant jusqu’au-delà du nouveau pont. On y croise un peu après onze heures, une tribu de chrétiens évangélistes ou charismatiques, frigorifiés dans leurs gros manteaux qui chantent l’arrivée de Jésus. Sur le quai d’en face, rive gauche, à grands coups de klaxon le père Noël passe sur une moto, à fond la caisse. Quel que soit celui qui arrivera le premier cette nuit, père Noël ou Jésus, il sera en retard sur ceux qui ont fait la fête le vingt-trois décembre.

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  • Elle en a vraiment dans le buffet, Marie-George, magouilleuse en chef du Parti Communiste, partisane des centrales nucléaires, incapable de laisser la place à un(e) autre candidat(e) antilibéral(e) (comme ils disent) qu’elle-même.

    Ose même dire qu’elle ne représente pas son parti autoritaire mais bien plus que cela, on verra le résultat, son score minable, qu’aggravera son absence totale de charisme.

    Son parti (où elle était professeure à l’école des cadres à l’époque de la glorieuse Union Soviétique), n’aura plus, comme à l’accoutumée, qu’à courir vers son fidèle souteneur, le Parti Socialiste, et se vendra encore une fois pour quelques sièges aux législatives puis quelques mairies aux municipales. Lamentable.

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  • Allez, c’est le moment de la faire jouir la planète, de la faire gémir de plaisir, de l’envoyer en l’air, en évitant toutefois le tsunami. Donna Sheehan et Paul Reffell nous y invitent sur leur site Internet globalorgasm.org à l’occasion de ce solstice d’hiver, seul(e), à deux, à trois ou davantage. C’est pour son bien à la planète, pour agir un peu contre la violence généralisée, les guerres, les attentats, les agressions diverses, l’insatisfaction sexuelle des hommes y étant pour beaucoup.

    On peut avoir une pensée pacifiste, avant ou après. Surtout pas pendant.

    Aujourd’hui, vendredi vingt-deux décembre deux mille six, la jouissance est planétaire.

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