• Toujours dans mon histoire d’eau, de fuite avec conséquence négative pour la partie supérieure du porche d’entrée de la copropriété, j’appelle la délégation seinomarine (comme ils disent) de mon « assureur militant » pour savoir comment gérer ce problème.

    C’est une machine à voix féminine qui me répond. Elle m’annonce que sauf opposition de ma part la conversation sera enregistrée et m’invite à dire à voix intelligible de quoi il retourne. « Dégadézo » lui réponds-je comme si je m’adressais à un demeuré ou à un sourdingue. La machine me dit que tous les conseillers sont occupés et me demande de rappeler plus tard.

    Je rappelle plus tard. Cette fois, la machine me dit qu’elle va me passer quelqu'un et envoie un bobineau sonore qui me vante en boucle Praxis pour les accidents domestiques. Quand je commence à en avoir vraiment marre, une voix de vraie femme me répond. Je lui explique mon dégât des eaux. Elle me dit de ne pas quitter, qu’elle me passe la personne compétente. J’ai à nouveau droit un long moment au bobineau Praxis puis une autre femme me répond, qui n’est pas à Rouen mais à Niort, à qui je dis que c’est insupportable d’avoir à subir cette attente et ce message publicitaire, que je ne reconnais pas là la Maif à laquelle j’ai adhéré il y a quarante ans, que c’est devenu une entreprise comme les autres. Elle me répond qu’elle n’y est pour rien. Nous passons à mon problème. Elle me pose une série de questions sur ma situation de locataire dont les réponses doivent déjà être connues de son service puis me donne un numéro de dossier pour ce sinistre. Peut-elle m’envoyer un constat amiable, comme me le demande l’agence immobilière Cegimmo qui s’occupe de la gestion de ma location. Non, il faut d’abord que passe le plombier.

    Après cet appel je sais encore moins ce que je dois faire.

    *

    La Maif a été fondée le dix-sept mai mil neuf cent trente-quatre à Fontenay-le-Comte (Vendée) par cent cinquante-six instituteurs, qui en représentaient trois cent un, réunis au café des Marronniers, me rappelle Ouiquipédia.

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  • Parce qu’il n’a pas piscine ce mercredi, l’ami Dumez me propose que nous déjeunions ensemble et bien sûr j’accepte. Les circonstances le permettant, il invite son amoureuse à se joindre à nous et je fais de même avec celle qui n’est officiellement plus la mienne mais me tient toujours la main. « Quel suspens ! Serons-nous deux, trois, quatre ? » m’écrit-il la veille au soir. Je sais que nous serons au moins trois.

    Le rendez-vous est fixé à treize heures devant la librairie Le Merle Moqueur, au Centquatre où j’arrive forcément en avance après être passé par le Book-Off de l’Opéra. La première tête connue que j’y croise n’est pas l’une de celles attendues. C’est celle d’une alerte octogénaire rouennaise à canne, écumeuse (dirait Philippe Dumez) de lieux culturels. Elle me rappelle que l’on s’est déjà croisés dans la capitale il y a deux ans à la Maison Européenne de la Photographie et me dit aimer beaucoup le Centquatre à cause de la jeunesse qui s’y dépense. Pour l’instant, c’est assez calme.

    A l’heure dite me saute au cou par derrière celle venue à pied de son nouveau domicile. Elle a juste le temps de me raconter que demandant le chemin du Centquatre à une dame, celle-ci lui a répondu : « Le Cent Quatre, je ne sais pas mais ici nous sommes au Soixante-Douze » qu’arrive l’invitant. Il va chercher la quatrième à l’intérieur de la librairie. Présentations et choix de l’endroit où déjeuner, c’est le Café Caché, un endroit chaleureux. Une table est dressée pour nous. Nous optons pour la formule trois petits plats salés, l’agrémentons d’un cruchon de vin rouge (pour les trois qui aiment ça) et devisons un long moment dans un environnement un peu bruyant.

    Le Centquatre est fort animé quand nous sortons du Café Caché. Circassiens en répétition, danseurs en démonstration, enfants en évolution, artistes en installation, se partagent l’espace de liberté. Après l’au revoir, celle dont je ne connais pas encore le nouveau logement reste avec moi et m’invite à aller le voir. Le ciel est couvert mais comme l’a prévu Le Parisien du jour « la pluie se retient ». Nous passons par l’Emmaüs du lieu puis par celui de la rue Riquet sans acheter un seul livre, admirons l’architecture audacieuse de certains immeubles de ce dix-neuvième arrondissement, assistons au serrage de quelques jeunes dans un jardin bouclé par la Police à Jaurès, apercevons pas loin les Buttes-Chaumont et arrivons dans sa courte avenue en impasse.

    Comme celui qui lui sous-loue une chambre est absent, nous pouvons passer un moment tranquille dans son nouvel univers dont il y aurait beaucoup à dire.

    *

    Dans le train bondé qui me mène à Paris, une dame debout lit Le Courrier de Mantes. Parmi les titres : « La première édition de la course ROC Paris n’aura pas lieu ». Cela n’augure rien de bon pour la deuxième.

    *

    Dans le métro Cinq, une femme et ses enfants porteurs de ballons rouges du syndicat Effo « Créateur de progrès social ». Du temps que c’était vrai, il n’était pas besoin d’en faire un slogan.

    *

    Parmi les livres rapportés de Paris : L'Etrange beauté du monde, récit écrit et dessiné par Frédéric Pajak et Léa Lund (Editions Noir sur Blanc) et Le Journal de Ruth Maier, une adolescente face à la terreur nazie (Editions K & B).

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  • Du temps qu’elles étaient à l’Udéheffe de François Bayrou, Catherine Morin-Desailly et Laure Leforestier étaient toutes deux Adjointes du Maire de Rouen, Albert (tiny), et je suppose qu’elles s’entendaient plutôt bien. Aujourd’hui, la première est Sénatrice centriste de droite et la seconde est Conseillère Régionale écologiste.

    En deux mille douze, une professeure d’anglais de l’agglomération rouennaise demande à ses élèves de faire une minute de silence à la mémoire de Mohammed Merah, le tueur de militaires et d’enfants juifs de Toulouse. Elle se fait exclure de l’Education Nationale. Un Rouennais, caché derrière un pseudonyme, commente l’évènement à sa façon, via Touitteur :

    « La dernière fois que le Rectorat s’est débarrassé d’un professeur d’anglais psychologiquement fragile, elle s’est retrouvée au Sénat. »

     Laure Leforestier retouitte cette blagounette. La Sénatrice porte plainte pour diffamation.

    La Police étant incapable de trouver l’auteur du message initial, la Conseillère Régionale est seule dans le prétoire de la quatrième chambre correctionnelle du Tribunal de Rouen, deux ans plus tard.

    L’avocat de Catherine Morin-Desailly réclame un euro de dommages et intérêts. La Procureure demande que cette somme soit portée à sept cents euros.

    Le jugement, rendu le dix-neuf février, relaxe la retouitteuse (pour une question de procédure, ce qui évite un jugement sur le fond).

    *

    Si elle avait connu l’effet Streisand, notre Sénatrice aurait laissé gazouiller.

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  • Du temps qu’il était Député de la Seine-Maritime, Laurent Fabius avait droit à sa petite cagnotte, dite réserve parlementaire, avec laquelle il pouvait faire des cadeaux dans sa circonscription ou ailleurs.

    Son ailleurs se situant en Ariège, où il a résidence secondaire à Carla-Bayle (un nom qui doit être cher à son cœur), il offrit à ce village, avec son argent public, pour près de vingt mille euros, la sculpture d’un taureau en bronze signé Volti, que l’on peut voir exposée en plein air.

    Un dimanche de décembre deux mille treize, Claudius de Cap Blanc, artiste local, trouvant que c’est là de l’argent gaspillé, offre aux villageois sa propre installation, laquelle est pourvue de cornes de taureaux sur lesquelles s’asseoir et d’anus artificiels pour citoyens sodomisés.

    Le lendemain lundi, le Maire socialiste demande à un employé municipal de transporter tout ça à la Gendarmerie du Fossat.

    Trois jours plus tard, Claudius y est convoqué et en ressort libre mais craignant le pire pour son œuvre, ainsi qu’il l’écrit sur son blog L’Affabuloscope :

    « Selon ce qui m'a été dit, c'est sur décision du procureur que soit elle me sera rendue, soit elle sera détruite, "à coup de hache" a ajouté un gendarme. Ce serait une première. Depuis des décennies: on ne détruit plus les œuvres d'artistes en Europe, même si elles font scandale. Ça n'arrive encore qu'en Russie ou en Chine et dans quelques autres pays du même acabit. Mais peut-être notre petite terre ariégeoise va-t-elle se mettre au diapason de ces pays.... »

    Le treize janvier deux mille quatorze, sans nouvelles, il interroge le Procureur de la République du Tribunal de Foix duquel il reçoit une lettre le cinq février :

    « En réponse à votre courrier cité en objet, je vous indique que la procédure pénale établie à la suite de l’établissement de panneaux attentatoires à la dignité de dépositaires de l’autorité publique a été classée sans suite, aucune plainte n’ayant été déposée par les personnes visées.

    Bien que cette procédure ne fasse pas état du devenir des objets utilisés pour commettre l’infraction, un contact téléphonique avec l’unité de gendarmerie m’indique qu’ils ont été déposés à la déchetterie de la communauté de communes. »

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  • Etre à neuf heures du matin au marché rouennais dominical du Clos Saint-Marc évite d’y subir les distributeurs de tracts pour les municipales, massés une heure plus tard au même endroit, se légitimant les uns les autres pour une élection qui n’intéresse qu’eux. En revanche, cela fait courir le risque de croiser les bizarres et les doux dingues de la ville. Elle n’en manque pas et ils se lèvent tôt.

    Je ne suis ici que pour les livres, nombreux eux aussi, mais pas un seul pour moi. Une vendeuse clandestine de fleurs propose les premières jonquilles. J’en achète deux bouquets dont l’un pour ma fille à qui je l’offre trois heures plus tard, ayant rejoint le bord de l’Iton où je suis invité à fêter mon anniversaire.

    Au retour, je trouve deux voisines devant la porte donnant sur le jardin, le nez en l’air, observant le porche de l’entrée. L’une m’apercevant m’appelle. C’est ainsi que je découvre qu’une nouvelle fois il y a une fuite d’eau dans ma salle de bains, ce qui me vaut, la nuit venue, de rêver que miné par les eaux mon appartement s’écroule.

    *

    Une semaine de vacances d’hiver pour mon boulanger de la rue du Général-Leclerc, « sacrifié mais pas résigné » comme on le voit.

    *

    Il existe à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) une impasse de l’Avenir au numéro treize de laquelle j’ai vendu un livre.

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  • Toujours des livres qui m’encombrent, je songe ce lundi à en proposer à la Librairie Colbert de Mont-Saint-Aignan où je me souviens avoir accompagné il y a longtemps quelqu’une qui m’est proche lorsqu’elle en avait quelques-uns à vendre.

    Je téléphone donc afin de savoir si cette librairie, devenue Chapitre pendant plusieurs années et ayant repris son autonomie après la faillite de la chaîne, achète encore les livres d’occasion.

    Une machine me répond, me proposant de taper un taper deux taper trois taper quatre. Je tape un et subis longuement une boucle musicale publicitaire. Enfin une voix humaine se fait entendre. C’est celle du jeune homme des livres de poche. Oui, me dit-il, on les reprend à environ un quart du prix neuf. C’est lui qui s’en occupe et il n’est là qu’un jour sur deux.

    Ce vendredi matin, je prends donc la route qui monte vers cette banlieue où la ville de Rouen relègue une grande partie de ses étudiant(e)s. Chargé d’un lourd sac, j’entre chez Colbert qui fait aussi papeterie et marchand de journaux et où est diffusé la musique d’ambiance que l’on trouve dans les lieux qui en manquent. Celui qui semble être le patron est à la caisse. Il m’indique le jeune homme des livres de poche, là-bas, au fond.

    J’explique à celui-ci que je suis celui qui a appelé en début de semaine et déballe mon sac sur son petit bureau. Il examine les livres et en refuse quelques-uns pour cause d’absence de code barre puis prend un bloc sur lequel il s’apprête à inscrire les titres et les auteurs de ceux qu’il accepte.

    -Je vous donnerai le double et vous reviendrez avec, mais ce n’est pas la peine de revenir avant un an. On vous paiera ce qui aura été vendu.

    Je découvre ainsi que désormais cette maison pratique le dépôt-vente. Cet employé de librairie de m’en avait pas prévenu. Je le lui reproche. Il m’affirme qu’il l’a fait.

    -Ce n’est pas vrai, lui réponds-je, si vous l’aviez fait, je ne serais pas ici, je n’aurais pas donné suite.

    Tandis que je remets mes livres dans le sac, il continue avec une sidérante mauvaise foi à affirmer qu’il me l’a dit.

    -Non seulement vous m’avez fait perdre mon temps mais en plus vous mentez, lui dis-je passablement énervé.

    -Il a dû y avoir un malentendu, me dit-il quand je lui tourne le dos.

    Je lui crie qu’il n’y a eu aucun malentendu, qu’il n’est qu’un menteur, et file vers la sortie. Les deux ou trois clients présents me regardent, interloqués. Lorsque je passe à sa hauteur, le patron, qui fait semblant de n’avoir rien entendu, me sourit commercialement et me dit au revoir.

    -Au revoir ? Jamais plus je ne mettrai les pieds ici.

    *

    Le dépôt-vente, l’une des activités commerciales les plus vicieuses. Elle consiste à vendre ce qui ne vous appartient pas.

    *

    Si un jour la Librairie Colbert met la clé sous la porte, je reprendrai deux fois des moules.

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  • Ce jeudi soir à l’Opéra de Rouen, j’ai un fauteuil centré en fond d’orchestre pour une soirée « Roulements de timbales » mais pas seulement. J’y subis la conversation de ma voisine de gauche avec celle située derrière moi. Il est question des soldes qui se poursuivent chez Grant et d’une jupe achetée à moins soixante-dix pour cent. Quand les musicien(ne)s entrent en scène, je fais taire ces deux assommantes d’un bruyant soupir qui me vaut des regards de haine. Frédéric Roels, Directeur et Gérant de chefs d’orchestre, annonce au micro l’absence d’une chanteuse et le changement de programme s’ensuivant.

    On commence donc par Zipangu de Claude Vivier, compositeur du vingtième siècle, trop tôt disparu (comme on dit), agréable découverte, puis Jenny Daviet (soprano), qui ne fait pas que jouer au hand, chante Mozart et bien, le regard espiègle, suscitant de forts applaudissements.

    A l’entracte, pour fuir mes voisines et surtout pour avoir constaté que le dos du chef allait me cacher le maître timbalier Philippe Bajard, je déménage, trouvant place à l’extrémité d’une rangée de corbeille. De là, j’ai bonne vue sur son ouverture en solo de la Symphonie numéro Cent Trois « Roulement de timbales » et la suite propice à montrer son talent de tambourineur et celui de chaque classe de musicien(ne)s ainsi que du maestro Federico Santi, menant tout ça à la baguette avec queue de pie et sans partition.

    « Un bien bon concert » dit-on autour de moi à la sortie et si je devais dire quelque chose à quelqu’un(e), je dirais pareillement.

    *

    Tant de morts à Kiev, qui voulaient vivre une vraie vie alors qu’ici beaucoup ne font rien d’autre de la leur que soldes ou saouleries.

    *

    Vu le voisin étudiant. Excuses plates. Le vomisseur était dans un état tel qu’on ne pouvait le mettre dans la rue. Cela ne se reproduira plus. Et cætera.

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  • Plutôt sympathique le couple d’étudiants qui loue depuis septembre l’appartement contiguë au mien au niveau du premier étage, et pas trop bruyant. Evidemment, je les entends galoper dans l’escalier avec l'ardeur de leur âge mais ils ont la bonne idée de ne pas écouter de musique ni regarder la télé. Une cohabitation tranquille donc, sauf quand ils se disputent, ce qui arrive de plus en plus souvent et qu’elle pleure, ou alors quand ils invitent.

    C’est le cas ce mercredi soir. Pour dormir, je choisis la petite chambre, en retrait, dont le parquet craque, ce qui me vaut parfois la plainte de la voisine du dessous, celle qui vient de refaire sa cuisine avec pour conséquence un affreux bruit de tuyauterie qui m’indique chaque matin qu’elle vient de se lever, à sept heures cinq.

    Ma nuit est paisible jusqu’à deux heures du matin, quand l’un des invités se met à la fenêtre côté petite chambre pour gerber en criant putain je vais mourir (il est d’usage que les fêtes estudiantines se terminent ainsi).

    Cette fois, il va falloir que je m’en mêle, que j’apprenne à cette jeune fille et à ce garçon que ce qu’ils pensaient être leur vie privée est du domaine public.

    *

    Auparavant, envie de regarder Tomboy à la télévision. Des années que je n’ai pas vu un film par ce moyen. Tentative infructueuse, Arte ne figure pas parmi les chaînes que je reçois. Sans doute ai-je laissé passer un changement de canal sans faire le nécessaire.

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  • Une énorme averse, ce mardi soir, m’oblige à choisir le parapluie grand format plutôt que l’américain à baleines renforcées pour rejoindre l’Opéra. J’y arrive presque sec. Une place m’attend dans la loge Sept où ne me tiennent compagnie que deux femmes quinquagénaires. C’est danse et salle partiellement occupée.

    La Compagnie Thor, venue de Bruxelles, est à Rouen pour montrer Clear Tears/Troubled Waters, une chorégraphie de son fondateur Thierry Smits. Je lis qu’il s’agit d’évoquer « la situation de crise que vit l’Occident, qui se traduit par une atmosphère inquiète, où « la fin du bien-être » semble inéluctable, où la peur du futur –social, écologique, économique– domine, et où le cynisme des puissants bafoue toute notion d’éthique. » et précisément « le regret anticipé de ce qui est en train de disparaître. »

    Je dois dire que si je n’avais pas lu ça, je ne l’aurais pas deviné au vu des évolutions des trois danseuses et quatre danseurs vêtus de noir et de bleu nuit qui caracolent ou suffoquent entre sept colonnes lumineuses. Ces colonnes au fil du temps prennent une position inclinée puis horizontale tels des néons géants éclairant depuis les cintres le plateau nu. Côté cour se tiennent trois musiciens, Maxime Bodson, Steven Brown et Blaine Reininger qui jouent en direct la musique qu’ils ont composée pour ce spectacle d’une heure cinq sans entracte dont je ne puis dire, à la fin, qu’il m’a déplu ni qu’il m’a vraiment plu.

    Cela paraît aussi être le cas pour l’ensemble du public. Les artistes rejoints par le chorégraphe ne sont rappelés qu’une fois mais comme ils reviennent une seconde alors que spectatrices et spectateurs sont en train de se lever pour sortir, ils ont droit à de nouveaux applaudissements, volés.

    C’est le parapluie fermé que je rentre à la maison.

    *

    Communiqué officiel de l’Opéra de Rouen : « L'Opéra de Rouen et La Crea Handball sont heureux de vous annoncer leur nouvelle collaboration. Que ce soit au Kindarena ou au théâtre des Arts, la passion est commune aux 2 structures. Grâce au clip réalisé par Staff Vidéo, Jenny Daviet, chanteuse de la Compagnie de l'Opéra et le handballeur Yannis Mancelle, capitaine de l'équipe, montrent comment la tension monte, que ce soit avant un spectacle ou avant un match, pour à chaque fois le même plaisir celui de se retrouver sur scène ou sur un terrain et de faire partager des émotions. Le clip sera diffusé au Kindarena durant les match (sic) de handball.

     A venir : des billets couplés opéra et handball. »

    *

    Le genre d’information qu’il n’est pas nécessaire de commenter.

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  • Un concert pour mon anniversaire, c’est le cadeau que me fait l’Opéra de Rouen ce dimanche après-midi et j’y suis donc de bonne humeur et de bonne heure après que celle venue fêter cet évènement personnel est repartie. J’ai place sur une chaise au premier rang et y étudie le menu de cette « Nuit fantastique »  que le chœur accentus et l’Orchestre consacrent à Felix Mendelssohn.

    A la fin du livret programme figure le témoignage enthousiaste d’une participante issue du public au dernier concert d’accentus, celui de Noël.

    -C’était peut-être bien pour ceux qui chantaient, commente une femme dernière moi, mais pour ceux qui écoutaient…

    Que des professionnels ce jour sur scène, les musiciens entrent les premiers (la même dame : « « Ah, il n’y a pas celui que je n’aime pas ») suivis d’une rangée de choristes puis de Laurence Equilbey et de deux chanteuses solistes. C’est pour Le Songe d’une nuit d’été dont sont donnés huit extraits parmi lesquels l’ouverture composée à dix-sept ans et la galvaudée marche nuptiale.

    Après l’entracte, ce sont des extraits de La Première Nuit de Walpurgis à deux rangées de choristes et deux chanteurs solistes. Cette œuvre est particulièrement tonique, comme un encouragement à poursuive avec la même énergie malgré l’an de plus sur mes épaules.

    La piqûre de rappel le confirme : Kommt mit Zacken und mit Gabeln.

    *

    Ces deux nuits, celle de Shakespeare et celle de Goethe, n’en font qu’une, apprends-je, dans le livret programme, de l’entretien avec Laurence Equilbey, celle du trente avril au premier mai.

    *

    Et aussi que la marche nuptiale est celle du mariage de la reine des fées Titania avec le tisserand Bottom transformé en âne. Ce qui, s’ils le savaient, ferait peut-être réfléchir les candidat(e)s à l’union.

     

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