• À l’hippodrome de Bihorel, le temps d’un vide grenier

                Dimanche matin tôt, je prends la route qui longe le Cimetière Monumental et mène à Bihorel, ce qui me rend mélancolique. Je l’ai prise tant de fois pour reconduire chez ses parents celle qui dort à Harlem. Je passe devant son immeuble puis tourne à gauche et me gare un peu avant l’hippodrome. Une file de voitures chargées à fond encombre la route. Une quarantaine d’exposant(e)s sont déjà installé(e)s dont j’explore la marchandise. Les acheteurs brocanteurs se bousculent devant les objets rentables, au point qu’un sous-verre est cassé. La vendeuse en exige le paiement. Le poussé et le pousseur se renvoient la responsabilité des dégâts. Je ne sais comment se termine l’affaire.

                Une heure plus tard, alors que j’ai déjà fait l’équivalent de plusieurs tours d’hippodrome, il arrive encore de la marchandise. Cela se poursuit jusqu’à ce que l’anneau où d’habitude courent les chevaux soit entièrement occupé des deux côtés. Dans mon sac, j’ai, entre autres choses, le lourd catalogue de l’exposition Othon Friesz qui s’est tenue à Roubaix, à Céret et au Havre en deux mille sept, bel ouvrage publié chez Gallimard., et un cédé de Jean-Louis Murat Le Moujik et sa femme.

                Je fais un dernier tour, saisissant au passage des tranches de vie. Un homme s’intéresse à un long objet difficile à identifier :

                -C’est quoi ça, un sexe-toille ?

                -Ah non, on peut toujours essayer remarquez, mais il faudra sûrement une semaine après pour l’enlever.

                Un autre sait ce qu’il veut et le demande:

                -Je cherche une visseuse.

                -Une vicieuse ?

                -Ah non, une vicieuse, j’en ai déjà une.

               On semble particulièrement égrillard ce dimanche matin à Bihorel, peut-être n’est-ce pas sans rapport avec le nom du lieu, l’hippodrome des Trois Pipes.

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