• A la manifestation rouennaise pour le retour des lycéen(ne)s expulsé(e)s

    La pluie drue et incessante de ce mardi matin me donne à penser que la manifestation rouennaise pour le retour des lycéen(ne)s expulsé(e)s ne sera pas un succès. Une professeure, membre comme moi du Réseau Education Sans Frontières, croisée en chemin, est convaincue du contraire : « Les lycéens s’en foutent de la pluie ».

    Lorsque nous arrivons place de l’Hôtel de Ville, nous constatons qu’il y a peu de monde, quelques dizaines de jeunes, certain(e)s tassé(e)s sous les abribus ou sous quelques parapluies, et les habituels membres de diverses organisations, dont pas mal du Hennepéha. C’est l’une de ces nouvelles anticapitalistes, suffisamment jeune pour être confondue avec une lycéenne, qui tient le mégaphone, autrement dit le pouvoir, dont elle se sert pour débiter les habituels slogans de son Parti.

    Après l’apparition de trois crânes rasés en tenue de miliciens avec petit drapeau tricolore cousu sur l’épaule, venus narguer et repoussés au cri pas très malin de « Pas de fachos dans nos manifs », la porteuse de mégaphone annonce le départ en cortége.

    Elle a du mal à se faire obéir. Finalement, une partie des lycéen(ne)s et tous les autres la suivent. J’accompagne le mouvement sous mon grand parapluie noir mais, comme disaient certain(e)s autrefois, je ne la sens pas cette manifestation. Au premier carrefour, je prends le chemin qui me ramène chez moi.

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    Une autre manifestation rouennaise fera davantage de foin ce jeudi matin, celle des cleubes hippiques protestant contre le passage de leur tévéha à vingt pour cent. Chevaux, camions et bennes de fumier seront de la partie de la Sud Trois à la Préfecture sous la houlette d’une certaine Horde Française. Cette dénomination me fait frémir. De même l’utilisation que font ces mécontents des enfants qu’ils représentent sur des affiches en train de pleurer parce que leurs parents ne pourront plus leur payer des heures d’équitation ou se demandant angoissés ce que va devenir leur cheval chéri (sous-entendu : transformé en lasagnes de bœuf).

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