• A Paris, par un train arrivé avec un retard d’« une heure vingt environ »

    Une bétaillère comme d’habitude mais plus courte que d’habitude où tout le monde trouve cependant place en raison des absences dues aux vacances, tel est le train de sept heures vingt-six qui ce mercredi m’emmène à Paris. Il est direct mais ne voilà-t-il pas qu’il s’arrête à Oissel. C’est en raison, nous dit la voix du contrôleur, d’un autre train en panne à Vernon. Il y a encore quelques mois ce genre d’annonce aurait suscité des commentaires acerbes. Aujourd’hui, ce ne sont que quelques soupirs. Personnellement, je me réjouis d’avoir encore pas mal de Lettres à Olga à lire. Quand nous repartons, c’est pour aller à vitesse réduite. Nouvel arrêt avant Vernon, cette fois la panne de train est censée s’être produite à Reuilly-sur-Seine. On repart et on se traîne sur tout le trajet avec plusieurs courts arrêts. Ma voisine au téléphone explique qu’on lui avait conseillé de ne pas dire qu’elle habitait loin mais que son patron va s’en apercevoir si elle arrive avec un tel retard. A l’approche de Saint-Lazare, le contrôleur annonce un retard d’« une heure vingt environ ». Il ne présente pas les excuses de la Société Nationale des Chemins de Fer et indique qu’au bout du quai seront distribuées les enveloppes destinées à se faire rembourser.

    Pour la première fois, j’arrive boulevard Saint-Michel après l’ouverture des librairies. J’y furète puis déjeune une nouvelle fois à l’Hostellerie de l’Oie qui Fume, rue de la Harpe, où faisant désormais figure d’habitué, le serveur m’offre l’apéritif. Pour dix euros, je choisis la salade de saumon fumé sauce ciboulette, le sauté d’agneau à la provençale et la tarte aux pommes tièdes. Une grand-mère a invité sa petite-fille et ne lui parle que de ses études, alors que la question serait plutôt : « Tu en es où avec les garçons, à moins que tu ne préfères les filles ? ». Bientôt, je ne les entends plus car s’installent à la table la plus proche de la mienne quatre filles de magasin d’âge divers mais de sottise égale.

    Il fait beau, aussi est-ce à pied que je rejoins la Bastille par la rue de Rivoli afin d’explorer les rayons de Book-Off. Parmi mes trouvailles, La Doulou d’Alphonse Daudet (L’Ecole des Lettres), journal de souffrance de la fin de sa vie, que je cherchais depuis longtemps après l’avoir entendu lu sur France Culture.

    Pour le retour à Rouen, c’est l’un de ces trains récents à sièges colorés qui semblent toujours sur le point de dérailler. Il est moitié moins long que d’habitude, Les voyageurs sans place assise sont quasiment aussi nombreux que les assis. Il est cependant à l’heure à l’arrivée.

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    Chez Book-Off, la Province pleine d’espoir : « Est-ce que vous avez un magasin à Toulouse ? »

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    Le débat sur la pénalisation de la clientèle des prostitué(e)s prend un tour consternant. Pire que Causette il y a maintenant Causeur et sa pétition de gros blaireaux. Heureusement, Hélène Hazera est là pour relever le niveau : « Cette loi s'attaque aux clients de la prostitution de la rue, elle sera votée par les clients de la prostitution de luxe. »

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