• Alizay et son vide grenier à grands pas parcouru

    Allez z’y vais à Alizay, malgré le risque d’averse, déjà quelques gouttes marquent le pavé de la ruelle lorsque j’y mets le pied ce samedi tôt. Dans les rues, que des fêtard(e)s attardé(e)s dont un jeune couple que je dépasse à l’entrée de l’île Lacroix.

    Elle : J’en ai marre, archi marre.

    Lui : Mais qu’est-ce j’ai fait ?

    A l’arrivée, je contourne le village et me gare comme d’habitude au lieu-dit Les Diguets près d’un étang. Le jour se lève. J’effraie les canards et fais fuir les lapins, cris d’alarme et queues blanches. Le ciel est gris, bien gris.

    J’ai le temps de parcourir à grands pas la totalité du vide grenier avant que ne tombent les premières gouttes. « C’était sûr, dit un autochtone, quand je me suis levé j’ai bien senti que ça puait la Sica, c’est signe de flotte ». La Sica, c’est l’ancien nom de la papeterie qui fume à quelques kilomètres du village. Je reviens sous le parapluie, pas de cédés, ni de livres dans mon sac.

    Je ne peux cependant pas dire que je rentre bredouille car à la sortie d’Alizay je trouve une fille qui fait du stop. Elle a raté son train à Val-de-Reuil, m’explique-t-elle, a fait le chemin à pied jusque-là.

    J’ai donc de la compagnie jusqu’à Rouen. Nous parlons un peu. Elle m’explique qu’elle vient d’avoir son bac et va entreprendre un double cursus fac de droit à Pasteur et préparation à Sciences Po à Camille-Saint-Saëns. Elle veut devenir ambassadeur et rêve d’un poste en Afrique du Sud, possède déjà l’anglais et l’espagnol et fait de l’athlétisme à un haut niveau à Sotteville.

    -Merci beaucoup, vous m’avez sauvée, me dit-elle quand je la dépose en haut de la côte Saint-Paul où elle doit prendre un bus pour Mesnil-Esnard.

    *

    A propos d’auto-stop, ce dialogue entre François Truffaut et un jeune homme qu’il avait pris sur le bord de la route.

    Le jeune homme : Je dois vous avouer que je n’aime pas Orson Welles.

    Truffaut, arrêtant sa voiture : Vous descendez ici.

    *

    Tout cela écrit en écoutant Le Journal de l'auto-stop d’Olivier Chaumelle sur France Cul.

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