• Au lycée de Val-de-Reuil pour la vente de livres d’Amnesty International

    Samedi en début d’après-midi, dans un air dégagé de la pollution visible par un petit vent frais, je prends ma voiture pour aller à Val-de-Reuil où le groupe local d’Amnesty International fait sa vente annuelle de livres. Le Préfet de Seine-Maritime impose des vitesses diminuées de vingt kilomètres heure, ce que personne ne respecte. Un appel de phares peu avant l’arrivée m’incite à ralentir. Il ne s’agit pas d’un contrôle mais d’un accident. Deux voitures abîmées sont hissées sur la plate-forme de dépanneuses.

    Bien en avance, je me gare près du lycée Marc-Bloch, à l’heure où en sort le Maire Marc-Antoine Jamet, fabusien de luxe. Arrivent quelques habitué(e)s de ce genre de vente et sortent à leur tour le vieux député à tête de moine de boîte à fromage et un ancien copain d’école qui fait partie de la même mouvance et que je ne fréquenterais donc pour rien au monde (il porte sous le bras un livre prélevé sur le stock d’Amnesty avant l’ouverture au public).

    A quatorze heures le monde s’engouffre dans les salles du lycée où sont disposés les vingt mille livres promis. Je me dirige vers les poches, les seuls à être à prix vraiment intéressant, puis regarde un peu ailleurs mais trop d’ouvrages sont négligeables, traînant là d’année en année, ou pour quelques-uns qui pourraient me plaire, plus chers que je les trouverais ailleurs. Innovation deux mille quatorze, un membre d’Amnesty évoque au micro, d’une voix d’ecclésiastique, le cas d’un torturé d’Asie, cela dans l’indifférence.

    Il y a rapidement trop de monde pour l’espace réduit dont on dispose entre les tables. Comme on est chez les pauvres, certaines familles viennent au complet, père, mère, multiples enfants, bébé en poussette de la fille aînée déjà mariée et encore enceinte, et derrière la grand-mère qui n’avance pas. Un autre encombrement est causé par une femme qui pousse le fauteuil de sa fille handicapée adulte. Le malheur donne des droits, je sens à son noir regard de mère éprouvée que je n’ai pas intérêt à lui demander de se pousser. Je n’ai bientôt plus qu’une envie, sortir d’ici.

    *

    Si j’habitais encore à Védéherre, avec quel plaisir je voterais Michaël Amsalem, l’adversaire de l’actuel Maire.

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