• Au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, ouvert en vérité

    Bordeaux est dans le brouillard ce mercredi matin, c’est l’occasion de visiter son Musée des Beaux-Arts que l’on m’avait dit fermé et qui est ouvert. Ici, beaucoup confondent le Musée des Beaux-Arts, le Musée d’Art Contemporain et la Galerie des Beaux-Arts, cette dernière servant aux expositions temporaires et étant fermée pour travaux. La culture ne semble pas être la priorité de la ville. Ce que me confirme Sud Ouest que je lis au Café Français, à moins ajoute perfidement le journaliste de considérer les fêtes du vin et les fêtes du fleuve comme des évènements culturels. Les divers candidats à l’élection municipale disent qu’ils feront mieux à l’avenir, dont le Poutou du Hennepéha que j’imagine peu devenir Maire.

    Au Café Français, le noir breuvage est au prix parisien et quand on demande un verre d’eau, il est de la taille d’un dé à coudre. La Mairie est à côté et le Musée des Beaux-Arts dans deux ailes d’icelle, séparées.

    J’y suis à l’ouverture. L’entrée est gratuite. Les œuvres sont en nombre assez réduit et pas de premier plan. On trouve plusieurs Odilon Redon, né à Bordeaux, André Lhote, né à Bordeaux, et André Marquet, né à Bordeaux. Oskar Kokoschka est passé par là et a peint une Eglise Notre-Dame de Bordeaux. Le plus intéressant pour moi est Rolla de ce pompier de Gervex, un tableau dont je ne connaissais que des reproductions et que je n’imaginais pas ici, montrant une femme nue alanguie sur son lit dans une puissante lumière cependant que son amant près de la fenêtre lui jette un regard sombre. Ce Jacques Rolla va se suicider après cette dernière rencontre avec sa maitresse. C’est inspiré d’un poème de Musset. Ce grand tableau est un dépôt du Musée d’Orsay, qui est bien généreux. Il a fait scandale en mil huit cent soixante-dix-huit.

    Sorti du Musée, le soleil revenu, je déjeune une nouvelle fois en terrasse à L’Olivier des Chartrons, sur le quai du même nom, à côté d’ouvriers qui ont un problème de commande d’embouts, puis passe une bonne partie de l’après-midi à lire au bord de la Garonne les Chroniques de Varsovie de Kazimierz Brandys.

    Dans la rue de l’hôtel, il est interdit de stationner en raison du téléfilm avec Patrick Chesnais. Le soir venu, un riverain énervé envoie valser le panneau avant de déplacer sa voiture. C’est la première fois que je vois un autochtone se livrer à un mouvement d’humeur.

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    Ce mercredi, le bateau de la Cub navigue. Si la dame d’hier repasse, elle va penser que je lui ai dit n’importe quoi alors que ce douze mars est le jour de la reprise.

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    Deux filles sur le quai :

    -Y a pas une Bernadette à Lourdes ?

    -Ben oui, c’est la meuf qu’a vu la Vierge.

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    Un homme à un autre : « Je mange tranquille avec la mère de mes enfants, c’est une copine maintenant. »

    « Mes enfants », hardi possessif, dire plutôt : « Les enfants dont je suis le père ».

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