• Au vide grenier de La Vaupalière

    Dimanche tôt je prends l’autoroute qui s’en va de Rouen en direction d’Yvetot, du Havre ou Fécamp mais je ne vais pas jusqu’à la ville chantée par Nilda Fernandez du temps qu’il se prénommait Daniel, je la quitte par la sortie numéro deux, direction La Vaupalière. Je me gare à l’entrée. C’est vide grenier. Les voitures sont embouteillées. Le ciel est plombé.

    Tant que le vent souffle, et il le fait bien, il ne devrait pas trop pleuvoir, me dis-je, cherchant le plus court chemin pour rejoindre à pied le lieu du déballage. C’est un pré boueux, que je découvre, n’étant jamais venu dans ce village. Des hommes du pays en gilet jaune accueillent les véhicules des exposant(e)s que d’autres en vélo, véloces, conduisent jusqu’à leur emplacement.

    Je vais et viens dans les allées sous quelques gouttes. J’y croise plusieurs fois un homme en tenue de berger qui semble chercher ses moutons. Parfois un parasol décolle, suscitant des cris de frayeur. J’entends l’habituelle plaisanterie : « C’est une belle journée pour un mois d’octobre » et les projets de vacances des un(e)s et des autres. L’un partira à la montagne car on y vit encore comme après-guerre. Le temps d’éviter une averse, je prends un café sous la tente, Soixante centimes, c’est son prix, il ne vaut pas plus. Pour utiliser les toilettes, c’est trente centimes. Je préfère uriner contre un mur municipal.

    J’ai quelques livres dans mon sac quand je retraverse la moitié de La Vaupalière pour retourner à ma voiture, dont les Cahiers 1918-1937 du comte Kessler (Cahiers Rouges/ Grasset), journal d’un diplomate allemand amateur d’art entre les deux guerres, n’ayant vu des commerces du village que le salon de coiffure Bereng’hair.

    A peine garé dans l’île Lacroix, je vois venir à moi un mur de pluie. Je me réfugie sous l’abribus, collé contre la vitre du fond, en compagnie d’un gros chien et de son propriétaire. Je repars quand ça se calme un peu et arrive à la maison draché. Ce n’est que le début d’un dimanche d’incessante pluie et j’en imagine les conséquences sur le pré déjà boueux de La Vaupalière.

    *

    Ce dimanche pluvieux tourne au soleil quand arrive à seize heures celle venue goûter de macarons, m’ayant déjà tenu compagnie samedi, venue de Paris pour ce faire, avec déjeuner à volonté chez Sushi Tokyo, rue Verte, et boisson chaude et aubade improvisée au piano à l’Ubi, rue Alsace-Lorraine, bien installés dans le vaste canapé noir.

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