• Aux Amiraux, pour la dernière fois

    Mon dernier passage aux Amiraux, il y a deux semaines, n’a pas été une réussite, d’où je suis parti plus tôt que prévu, la faute au travail envahissant de celle que je rejoins là-bas. Travailler le jeudi de la Toussaint pour être ensuite libre trois jours, loin de toute obligation, puis accepter en réponse à un mail venu du Japon de passer une partie de la nuit du vendredi à travailler sur son ordinateur, n’a pas été de nature à nous faire passer un bon ouiquennede.

    Cette fois, ce sera différent, m’a-t-elle assuré, elle quittera son travail tôt et sera là quand j’arriverai après ma visite de l’exposition Hopper.

    L’appartement sans lumière m’indique qu’il n’en est rien. Me voici l’attendant dans le couloir de l’immeuble au premier étage, voyant passer ses voisin(e)s qui me regardent d’un œil suspicieux, un quart d’heure, une demi-heure, trois quarts d’heure. Evidemment quand elle arrive et me dit qu’elle est restée travailler plus longtemps que promis, cela ne se passe pas bien. D’autant qu’un peu plus tard, elle reçoit un message téléphonique lui demandant de retourner travailler le lendemain samedi au moins une heure. Elle refuse parce qu’elle sait comment je vais prendre ça si elle dit oui.

    On passe une sale soirée, à parler de ce qui ne va plus et de ce qui va encore, à quoi s’ajoute ce travail envahissant auquel elle ne sait pas dire non. Quand elle a accepté la proposition de l’agence qui l’employait comme stagiaire à New York, elle m’a dit qu’elle travaillerait quand elle voudrait, chez elle ou au bureau. Trois semaines plus tard et trois projets sur le dos, elle donne tout son temps à ce que j’ai baptisé La Secte Internationale.

    Le lendemain, nous nous baladons un peu au hasard, passons chez Book-Off à la Bastille et déjeunons au Rallye, le Péhemmu d’à côté tenu par des Chinois(e)s, d’un confis de canard pommes sautées. Après une sieste, on va boire un verre de vin à La Timbale, à l’angle des rues Versigny et Mont-Cenis, et fuyons avant que ne commencent à s’y produire des artistes adeptes de la chanson parisienne.

    Dimanche, levés tard, après une nuit moyenne due à nos soucis et au bruit des pas dans l’escalier (l’ascenseur est en panne), on passe par le marché de Clignancourt sous la pluie puis je l’invite à déjeuner en Serbie, chez Suzana, café de la Victoire, rue du Simplon. Le repas n’est pas à l’image des fois précédentes, potage, porc froid, frites surgelées, crêpe, c’est décevant, heureusement qu’il y a le vin du pays, ce Vranac dont le seul défaut est le prix élevé.

    De retour aux Amiraux, mauvaise surprise, la colocataire partie à Dublin est là, revenue plus tôt que prévu, et accompagnée d’une amie. La nuit venue, ces deux filles font comme si elles étaient seules dans l’appartement, discutant encore bruyamment à trois heures du matin, jusqu’à ce que j’explose.

    Notre histoire n’est pas finie, mais je ne mettrai plus les pieds aux Amiraux.

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