• Bambiland et autres textes d’Elfriede Jelinek, travaux publics de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Rouen à la Chapelle Saint-Louis

    Elfriede Jelinek est au programme des travaux publics deux mille quatorze de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Rouen, auteure que je connais bien, l’ayant lue avant son prix Nobel et l’adaptation de La Pianiste au cinéma, des Exclus aux Amantes en passant par Lust, et ayant vu Les Amantes, dans la mise en scène de Joël Jouanneau, au Rive Gauche en deux mille cinq.

    Lisant son roman Avidité, il y a un an, je l’ai lâché au bout de peu de pages, trouvant qu’elle radotait. La salle est pleine pour ce troisième jour de spectacle, jeudi soir. Au fond sont assis(e)s les professionnel(le)s du coin chargé(e)s de noter les apprenti(e)s comédien(en)s, six filles et six garçons dont la bobine en couleur est étudiée sur le trombinoscope par des apprenties musiciennes assises derrière moi. Celles des garçons surtout, et leur avis sur ces derniers est unanime : « Rien d’exceptionnel ».

    Si ces musiciennes sont là, c’est parce qu’il y aura un quatuor sur scène, trois filles et un garçon, élèves du Conservatoire, pour jouer Franz Schubert, dont La jeune fille et la mort en ouverture. Après quelques mots de présentation par le professeur Maurice Attias, cela commence avec un long extrait des Amantes dont le sujet est celui de prédilection de l’auteure : l’oppression dont sont victimes les femmes.

    Suivent des extraits de Bambiland, dénonciation de la guerre en Irak, et d’Animaux, dénonciation de la prostitution issue des pays d'Europe de l’Est, deux thématiques correctement politiques, de quoi plaire aux électeurs du Front de Gauche, et me déplaire. La présence de trois garçons nus sur scène, même s’ils ont le principal caché par de longues écharpes, met en émoi les deux filles assises à ma gauche.

    Je ne sais si c’est pour cela qu’elles ne sont plus là au retour d’entracte. La seconde partie commence par l’extrait de Maison de Poupée d’Henrik Ibsen ayant inspiré à Elfriede Jelinek son Ce qui arriva quand Nora quitta son mari, lequel suit. Jelinek enfonce toujours le même clou.

    A l’issue, les apprenti(e)s comédien(ne)s sont fort applaudi(e)s, de même que les quatre musicien(ne)s n’ayant pas seulement joué Schubert mais également un peu la comédie.

    Dans le mouvement vers la sortie, j’entends qu’on a surtout aimé la deuxième partie, moi aussi.

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