• Concert Adams Brahms Beethoven à l’Opéra de Rouen

    Ce mercredi soir, c’est le concert d’ouverture de saison à l’Opéra de Rouen. Au programme, Brahms et Beethoven sont précédés par l’inconnu (de moi) Adams. J’ai une chaise juste devant la scène, ce qui n’est pas la meilleure place pour un concert symphonique. Aussi, à la fermeture des portes, je migre pour un fauteuil surélevé de fond d’orchestre resté libre.

    Les musicien(ne)s prennent place et s’accordent. La plupart sont bien connus du public mais je note quelques nouvelles têtes féminines. Une voisine de derrière remarque que l’un des contrebassistes s’est fait couper les cheveux.

    -Oui, mais il lui en reste quand même une bonne touffe, commente son mari.

    Entre le maestro Luciano Acocella.

    John Adams est un compositeur contemporain. De lui est donnée une version orchestrée de la Berceuse élégiaque de Busoni (inconnu de moi) sous-titrée Berceuse de l’homme devant le cercueil de sa mère. Que cela soit profondément mélancolique n’est donc pas étonnant. Vient la Sérénade numéro deux en la majeur de Johannes Brahms que Luciano Acocella mène sans partition et au cours de laquelle je manque plusieurs fois de m’endormir. Décidément, je n’aime pas Brahms. J’applaudis quand même, comme tout le monde, et derrière moi j’entends :

    -Il y a un moment que je n’aime pas dans un concert, c’est celui des applaudissements.

    Celle qui s’exprime ainsi en donne la raison (qui me laisse perplexe) :

    -Il y a une part d’aigus dans les applaudissements et ça me fait mal aux oreilles.

    Autour de moi, à l’entracte, on parle de ça, de la difficulté de résister à l’endormissement.

    Quand ça reprend, c’est avec la Symphonie numéro six en fa majeur dite Pastorale de Ludwig van Beethoven, toujours sans partition. Le premier mouvement me ranime un peu mais la suite a beau être andante allegro allegro allegretto je m’ennuie, ne sachant si je dois m’en prendre à moi-même ou à la musique récitée par cœur ou même à Ludwig van.

    Les applaudissements sont sans excès, ce qui ménage les oreilles de la dame qui craint les aigus. Le chef salue sobrement, ayant troqué cette année ses sorties extraverties (la main sur la poitrine, je t’aime public) contre des allées et venues rêveuses (la musique m’habite, j’ai du mal à revenir vers toi).

                                                                                                           *

    Prolongement d’une semaine pour le séjour de celle qui est repartie à New York, à laquelle me fait songer le poème de René Char (entendu l’autre soir sur France Culture) qui se termine ainsi :

                Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?

    *

                Peu m’importe que René Char parle de sa poésie dans son poème (et non d’une femme).

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