• Concert Arnaud Marzorati (La Salsa du diable) à l’Opéra de Rouen

    Ce lundi, dernier jour de septembre, est jour de rentrée à l’Opéra de Rouen. Celui-ci offre sa salle rénovée à l’admiration de chacun(e). Murs et sols sont désormais d’un noir anthracite. Les fauteuils, eux, sont plus rouges que jamais. Ils n’ont pas été remplacés mais rénovés en Belgique. « On n’aura pas plus de place pour nos genoux mais on est peut-être mieux assis », entends-je au dernier rang de la corbeille où j’ai place décentrée, pas très loin du fauteuil attitré de la dame aux cheveux blancs qu’on ne verra plus là, victime de la vieillesse.

    Ce noir et ce rouge figurent parfaitement les ténèbres et les flammes de l’Enfer pour le récital qu’Arnaud Marzorati consacre au démon sous le titre La Salsa du diable, une soirée apéritive en préambule à La Damnation de Faust bientôt donnée.

    Le baryton est accompagné à l’accordéon par David Venitucci et aux percussions par Joël Grace. Le trio interprète des œuvres de différentes époques et origines, de Gounod à Ferré. J’y prends de plus en plus de plaisir, trouvant parfois dans la voix un soupçon de Montand et dans l’ambiance sonore un peu de Guidoni. 

    En rappel, c’est une Salsa du démon puis la soirée s’achève par une invitation faite au public d’invoquer le Malin, ce qu’il fait avec une certaine prudence. Les spectateurs du rang précédent ne sont déjà plus là, ayant filé dans le noir. Peut-être est-ce parce qu’ils n’ont pas aimé, peut-être est-ce simplement parce qu’ils étaient près de la porte.

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    Ce sont aussi des Belges qui vont fabriquer le bout de pont Mathilde nécessaire à sa réouverture. Bientôt une plaque : « A la Belgique, la ville de Rouen reconnaissante ».

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    Toujours prêts à se faire les haut-parleurs des puissances locales, les médias rouennais clament que l’exposition d’Impressionnistes Eblouissants Reflets est un éblouissant succès.

    Avant l’ouverture, Sylvain Amic, directeur du Musée des Beaux-Arts de Rouen, promettait davantage de visiteurs que lors de la précédente, notamment parce que l’évènement durait plus longtemps.

    La vérité des chiffres : deux cent trente-huit mille en deux mille dix, cent quatre-vingt-trois mille en deux mille treize. Cela malgré les entrées soldées dans les rues de la ville, un billet gratuit pour un billet acheté.

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    Ce mardi matin, grande désinfection de ma venelle à coups de produit chimique et de carchère, les touristes ont dû trouver que ça y sentait trop le Moyen Age.

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