• Concert Barbara Carlotti au Trianon Transatlantique de Sotteville-lès-Rouen

    S’il en est une qui se lève aussi tôt que moi, c’est mon ophtalmologiste. Elle m’ouvre elle-même la porte à sept heures quarante-cinq ce mardi en l’absence de sa secrétaire. La visite est de routine dans un premier temps puis, la secrétaire arrivée et sous l’autorité de celle-ci, on passe à la vérification de l’étendue de mon champ visuel. Un appareil envoie des petites lumières étoilées dans tous les azimuts. Je dois cliquer à chacune. Tout est normal, me dit la spécialiste à l’issue, ce qui ne signifie pas que tout aille bien mais que je n’ai que les problèmes normaux d’un homme de mon âge.

    Un peu après midi, je conduis ma voiture à proximité du Trianon Transatlantique à Sotteville-lès-Rouen puis reviens en métro, précaution utile au regard de la destruction du pont Mathilde si je veux être à l’heure le soir venu pour le concert de Barbara Carlotti.

    J’arrive donc dix minutes avant l’ouverture des portes d’un nouveau coup de métro, bientôt rejoint par l’homme au chapeau, lequel connaît mieux que moi cette artiste. Je ne l’ai découverte que récemment par une chanson troublante.

    Je m’installe en bonne place dans la partie basse de la salle et attends patiemment jusqu’à ce qu’arrivent les cinq musiciens et la blonde chanteuse vêtue d’une robe noire à cape, collants noirs, manchon doré au bras droit, chaussures rouges. Des petites étoiles s’allument un peu partout sur le mur de fond de scène, ce qui me ramène à mon examen oculaire du matin.

    La voix de Barbara Carlotti me rappelle un peu celle d’Arielle. Elle enchaîne ses chansonnettes aux textes mélancoliques sur musiques guillerettes, évoquant l’amour et la vie quotidienne souvent au passé. Son univers est le nôtre et je pense à celle qui n’est pas avec moi.

    J’aime particulièrement ses Quatorze ans

                   On marchait longtemps super excitées,

                   On faisait du stop sous l'ciel étoilé,

                   On était heureuses et très maquillées,

                   J'avais quatorze ans et c'était l'été,

                   Je sortais la nuit quand tout le monde dormait

                   mais ma préférée reste la perverse Ouais ouais ouais ouais

                   Laisse-moi encore te mettre une claque,

                   Mais sans te laisser de marque,

                   T'es si jolie quand t'as mal ça me rend folle,

                   De voir ce noir sous tes beaux yeux qui coule

                Un Message Personnel repris de Françoise Hardy, la participation d’une spectatrice comme danseuse et de l’ensemble de celles et ceux qui savent chanter pour des chœurs, même quand elle demande au public de voter pour elle aux Victoires de la Musique, Barbara Carlotti n’en fait pas trop et donne d’elle une image sympathique. L’ultime chanson de rappel se passe dans la salle.

                  C’est donc une bonne soirée, l’homme au chapeau en est d’accord, que je reconduis jusqu’à l’île Lacroix.

    *

                Ce mardi, le Conseil Général de Seine-Maritime dévoile son choix pour remettre en état le pont Mathilde détruit par l’imprudence d’un camionneur roulant trop vite et celle d’une Mairie ayant autorisé le stationnement de camions et caravanes de forains sous l’ouvrage.

               Sont prévues « la dépose puis la repose de la travée après remplacement de la section endommagée ». La remise en service du pont est envisagée pour l’été deux mille quatorze. Je n’ai donc pas fini d’en baver pour aller aux concerts du Trianon Transatlantique.

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