• Concert de charité Grand Airs d’Opéra à l’Opéra de Rouen

    Assister à un concert de charité sans l’avoir choisi c’est possible à l’Opéra de Rouen quand on y est comme moi abonné. Ce jeudi soir, on y donne de Grands Airs d’Opéra au profit de l’association de bienfaisance ColineOpéra qui s’est donné pour mission de « sauver des enfants en danger ». Le prix d’une place en première catégorie est à soixante-cinq euros, en deuxième à cinquante, en troisième à trente-huit. La bourgeoisie bourgeoisante a fait le déplacement, venue de Bois-Guillaume et de Mont-Saint-Aignan. Trois habitants de cette dernière discutent de leur nouveau maire à qui ils reprochent ses cheveux longs.

    Les placeuses ouvrent les portes de la salle. « Puis-je vous orienter ? » me demande l’une d’elle. La formule est nouvelle, remplaçant l’habituel « Puis-je vous aider à trouver votre place ? ». Je la remercie, sachant m’orienter seul et m’assois en Aime Trois au centre de la corbeille. Côté pair de cette corbeille, juste derrière le staff de l’Opéra et le Maire Robert, deux rangées sont réservées à des enfants sauvés du danger.

    Les musicien(ne)s s’installent. Alors l’homme de ColineOpéra entre en scène et fait un discours à la gloire de son association et donc de lui-même. Il nous raconte comment, grâce à ColineOpéra, une petite fille cambodgienne a échappé à la mort. Il était là. Son voyage payé par qui ? Il ne le dit pas. Cet altruisme dont on se rengorge en public m’insupporte et j’attends la musique avec impatience.

    Elle arrive en la personne de la violoniste Jane Peters qui fait s’accorder les instruments puis de Jean-François Verdier, chef d’orchestre de la soirée. On commence par la Symphonie numéro quarante de Mozart, puis viennent, à tour de rôle ou ensemble, la soprane Anne-Catherine Gillet et le ténor Florian Laconi chanter Mozart, Donizetti, Mascagni, Leoncavallo et Verdi.

    Deux belles voix, un jeu espiègle, un bon chef, à la fin les applaudissements sont durables et copieux. Ils entraînent plusieurs réapparitions des deux chanteurs qui se voient remettre des fleurs par l’homme de ColineOpéra et une jeune femme l’accompagnant. « C’était un très bon concert » dit-on autour de moi.

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    « Faite un don et recevez un reçu fiscal » encourage ColineOpéra, « quand vous donnez vingt euros, votre réduction d’impôt : quinze, vous donnez vraiment cinq ». Par détournement d’impôt, voilà comment fonctionnent en partie les associations caritatives.

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