• Concert Lidwine à la bouquinerie Le Rêve de l’Escalier

    Plusieurs fois que la bouquinerie Le Rêve de l’Escalier propose des concerts. Jusqu’à présent, je n’y ai pas mis le pied sachant que ce que j’y entendrais ne me plairait pas. Ce vendredi soir, c’est différent. Michaël Feron, bouquiniste, et Seb Petit, agitateur musical, se sont associés pour inviter Lidwine, chanteuse et joueuse de harpe et harmonium, Ce que j’en ai écouté m’a convaincu.

    Je prends donc le chemin de la bouquinerie suffisamment tôt pour avoir une place de choix. Lorsque je pousse la porte, Lidwine s’accorde et chauffe sa voix. Seb Petit et quelques-un(e)s sont là. Nous parlons un peu. D’autres arrivent. Certain(e)s s’assoient. Je préfère rester debout, appuyé contre un pilier. Comme le temps semble long, l’artiste demande si quelqu’un a une devinette. Un homme en propose une, venue du Paul Fournel de l’Oulipo : « Celui qui le fabrique le vend, celui qui l’achète ne s’en sert pas, celui qui s’en sert ne le sait pas », dont je trouve assez vite la réponse. Lidwine, impatiente autant que le public, offre une chanson d’avant concert.

    Quand il est l’heure officielle, que la bouquinerie est emplie d’hommes, de femmes et d’enfants, dont les plus loin ne verront pas grand-chose, la jeune femme blonde à robe bleue attaque par une chanson à l’harmonium, engin à soufflet dont elle joue à genoux (le son rappelant celui de l’orgue). Une photographe de Côté Rouen mitraille, vêtue en baroudeuse comme si elle arrivait d’un pays en guerre. Rien ne déconcentre Lidwine qui passe à la harpe.

    Plus que la musicienne, c’est la chanteuse qui me plaît, sa voix dont elle fait ce qu’elle veut. Nous sommes quelque part dans les landes entre la Bretagne et l’Irlande, mais comme elle chante en anglais, je ne sais pas de quoi elle parle, devinant quand même qu’il est parfois question d’amour.

    Beaucoup de compliments lui sont faits à l’issue. Les exemplaires de ses deux cédés mis en vente sur le comptoir de la librairie, dont l’un a été enregistré en une nuit à l’église Saint-Merri, sont bientôt tous achetés. J’ai les miens sur lesquels Lidwine écrit un mot au feutre blanc. Michaël Feron offre un verre, des chips et des bonbons. De fil en anguille (comme on dit), je me trouve à faire partie du dîner qui suit au Chènevis, le restaurant de nourriture saine de la rue aux Ours. Durant le repas, la conversation roule sur les clients bizarres du Rêve de l’Escalier puis sur tous les bizarres de la ville de Rouen qui est riche en ce domaine.

    Il est presque minuit lorsqu’on se sépare, après que le généreux bouquiniste a pris l’addition à son compte, ce qui ne manque pas de me gêner.

    En rentrant, j’aide un touriste à retrouver l’hôtel Mercure qu’il avait perdu.

    *

    Réponse de la devinette : un cercueil.

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