• Concert Mendelssohn Mozart Beethoven à l’Opéra de Rouen

    Assis en corbeille, ce samedi soir, deux rangées derrière Robert, Maire réélu du jour même, j’assiste de près au ballet des féliciteurs, congratulateurs et calculateurs. Le réélu joue les modestes. Sa femme sort de chez le coiffeur.

    C’est un concert classiquement classique où se succèdent Mendelssohn, Mozart et Beethoven. L’Orchestre est dirigé par Debora Waldman, née au Brésil, ayant étudié en Israël puis en Argentine, de petite taille mais de grande énergie, vêtue à la masculine comme il est d’usage chez les cheffes (pas demain que je verrai l’une diriger en robe). Côté violons premiers et seconds, on mise aussi sur le féminin, onze musiciennes pour trois musiciens.

    Après l’ouverture des Hébrides de Felix Mendelssohn vient la Sinfonia Concertante pour violon et alto de Wolfgang Amadeus Mozart. Hervé Walczak, chef d’attaque des seconds violons, et Patrick Dussart, alto solo, sont aux avant-postes et reçoivent une bonne dose d’applaudissements à l’issue. En bonus, ils offrent un extrait du Premier Duo pour violon et alto du même Mozart.

     Reste, après l’entracte, la Symphonie numéro huit de Ludwig van Beethoven au cours de laquelle Debora Waldman perd sa baguette mais pas son sang-froid, pour que l’on soit tout à fait content. La cheffe serre plus d’une fois la main de la cheffe d’attaque des premiers violons, l’inhabituelle Tiphaine Gaigne. Celle-ci d’un grand geste du bras invite l’ensemble des musicien(ne)s à saluer une dernière fois et chacun rentre chez soi.

     

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    Une cheffe qui serre vigoureusement la main d’une autre cheffe alors que deux hommes solistes s’embrassent, c’est la loi du genre.

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    Ce concert sera donné quatre fois chez les voisin(e)s de l’Eure, dont une après-midi au Centre de Détention de Val-de-Reuil, endroit qu’autrefois on appelait par son vrai nom : la prison.

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    Pauline Guilmot, journaliste, parle dans le livret programme, à propos de l’ouverture de Mendelssohn, d’un « tapis hyperactif locomotif de cordes ». C’est exactement ça et je suis content de connaître un nouvel adjectif.

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    Ce même samedi, à midi, premier café de l’année en terrasse au Son du Cor, où ma lecture est hélas perturbée. Certaines ont profité de l’hiver pour œuvrer à la reproduction de l’espèce et l’estaminet pourrait être rebaptisé le Son des Gniards.

    Quand ces familles vont déjeuner ailleurs, c’est une tribu de joueurs de boules qui déboule, garçons à chortes et chapeaux ridicules buvant des mauresques et des bières, filles à capes et chortes sur collants noirs jouant les groupies. La bêtise masculine m’indiffère, mais que des filles acceptent si facilement de tenir le rôle de pouffes me déprime toujours.

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