• Concert Xenakis Chopin (Lise de la Salle) Mozart à l’Opéra de Rouen

    Ce jeudi soir à l’Opéra de Rouen, un guichet est réservé à la Matmut et certaines pour affronter le froid de la rue ont sorti la fourrure. Pour le reste, c’est comme d’habitude en attendant l’ouverture des portes de la salle, autour de moi on parle pour ne rien dire :

    -Bonsoir, comment allez-vous ?

    -Oh bah, on fait aller.

    -On fait aller hein, c’est tout le monde.

    Suivent des échanges sur la circulation automobile dans cette ville où désormais on est « pare-choc contre pare-choc ».

    Je suis pour une fois au premier balcon. Je lis le livret programme. Sur sa couverture les noms de Mozart et de Chopin mais pas celui de Xenakis. En revanche, en lettres blanches, celui de Lise de la Salle dont on peut même donner l’année de naissance à l’intérieur, puisqu’elle n’a que vingt-quatre ans, et cependant déjà une longue carrière, ayant commencé par un concert retransmis en direct sur Radio France quand elle avait neuf ans.

    Trois compositeurs donc, comme les trois plats d’un repas, on est sûr d’aimer le plat principal et le dessert mais pour l’entrée qu’en sera-t-il ?

    Aroura de Iannis Xenakis, joué par douze cordes sous la direction de Luciano Acocella, donne des aigreurs d’estomac à certain(e)s qui se souviennent de leur mère (ou de leur père) disant : quand on est bien élevé, on mange jusqu’au bout et sans faire de réflexion.

    Le piano est alors roulé à l’avant-scène, les pupitres et les chaises réorganisés. Entrent les musicien(ne)s suivi(e)s du maestro et de Lise de la Salle, frêle jeune femme aux cheveux blonds partiellement noués à l’ukrainienne. C’est le Concerto pour piano numéro deux en la mineur de Frédéric Chopin qu’elle joue sans partition et avec l’énergie qu’il faut quand il faut. Copieusement applaudie, elle offre un prélude de Debussy en bonus.

    Pendant l’entracte, je considère la foule du haut du promenoir. Lise de la Salle, ayant changé de robe, la traverse, félicitée par celles et ceux qui la repèrent, et va s’asseoir à la table discrète où l’on vend ses cédés.

    A la reprise, en dessert, c’est la Symphonie numéro quarante et un, dite Jupiter, en do majeur de Wolfgang Amadeus Mozart que le maestro dirige sans partition, sobrement. Tout le monde est content et applaudit suffisamment pour le faire revenir plusieurs fois sur scène. Est-ce qu’il va neiger cette nuit ? se demande-t-on dans l’escalier qui mène vers la sortie.

    *

    Ce jeudi midi, un courrier de la République Française avec une amende à l’intérieur. Quarante-cinq euros pour avoir, à Heudreville-sur-Eure, dimanche dernier, roulé à cent dix-sept kilomètres heure au lieu des cent dix autorisés. Le point en moins sur le permis suivra. Je règle illico via www.amendes.gouv.fr. Le Gouvernement saura bien quoi faire de mon argent.

    *

    Ce vendredi matin, pendant que tombe un mélange de pluie et de neige, j’écoute en différé Le RenDez-Vous de Laurent Goumare diffusé la veille sur France Culture à l’heure où j’étais à l’Opéra.

    Au programme : Jean-Pierre Bouyxou qui parle des couvertures de Paris Match et Jean-Pierre Turmel dont vient de paraître, aux Editions Camion Blanc, Sordide Sentimental, gouffres et cimes, le deuxième tome d’une histoire rouennaise et internationale des marges musicales et littéraires, et que j’entends avec plaisir évoquer Joy Division, Genesis Breyer P-Orridge, Pierre Molinier et sa fascination pour les tueurs en série.

    L’émission semble trop courte, mais en même temps c’est rare que Jean-Pierre parle autant.

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