• Concerts Lili Cros & Thierry Chazelle, Dallas et Magic Hawaï aux Terrasses du Jeudi rouennaises

    La chaleur épaisse qu’il me faut fendre pour rejoindre la Brasserie Paul ce dernier jeudi de Terrasses est identique à celle de New York où j’étais il y a bientôt un an, autant dire pénible. Je trouve place à l’ombre et écoute Lili Cros & Thierry Chazelle, duo gai chantant en français, tandis que les garçons de café sortent les tables d’intérieur pour agrandir la terrasse. Les affaires marchent, comme le dit Monsieur Paul au Directeur de l’Office de Tourisme venu s’en assurer. Une jolie chanson sur Le Havre, ville natale du chanteur, puis les deux reviennent à leur registre fantaisiste. Une dame du public trouve que c’est frais, ce qui est un beau compliment au regard de la température.

    Par la rue aux Ours je rejoins la place de la Pucelle pour ouïr Dallas et me case loin de la scène sous un arbre en pot qui me fait ombrelle. Dallas fait dans le blouze avec un son venu d’hier, le type de musique qu’écoute le monde en continuant à parler. Ainsi font mes voisins rockeurs que l’âge commence à décatir, cheveux clairsemés en bataille, tatouages qui se déforment. L’un raconte qu’il vient de « faire » quatre jours au Marquenterre dans un bingalaud et que c’était vachement bien.

    -On a fait la fêêête.

    Quand l’arbre en pot ne me protège plus de l’ardent soleil descendant, je rebrousse, retrouve la Cathédrale, place de la Calende. Là, Magic Hawaï assourdit celles et ceux qui ont eu l’imprudence de s’asseoir à la terrasse du Café de la Flèche. Cette musique de bourrins m’invite à rentrer à la maison, d’où je ne ressors pas à vingt-deux heures trente pour la consensuelle musique africaine de Fatoumata Diawara.

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    Il y a de la place au soleil pour tout le monde, surtout quand tout le monde veut rester à l'ombre. écrivait Jules Renard et ce jeudi, c’est particulièrement vrai à la terrasse du Son du Cor où, avant la musique du soir, je lis Un été à Lesmona, recueil des lettres que Marga Berck, jeune fille qui avait dix-sept ans en mil huit cent quatre-vingt-treize, envoyait à sa meilleure amie lui racontant ses amours contrariés par la société bourgeoise, une correspondance publiée seulement en mil neuf cent cinquante et un en Allemagne et qu’aimait particulièrement Thomas Mann, la traduction est publiée chez Phébus, un livre trouvé dans les bacs à cinquante centimes du Rêve de l’Escalier.

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    L’Office de Tourisme de Rouen et son goût pour les animations qui rapportent. Ainsi, à propos du spectacle nocturne de projection d’images sur la Cathédrale : « Il sera pérennisé les années suivantes car il a l’avantage économique d’obliger les touristes à dormir à Rouen. » (C’était dans Paris Normandie il y a quelques mois.)

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