• Conférence Vers une libération amoureuse par Yann Kerninon à la Neoma Business School de Mont-Saint-Aignan

    Sans la vigilante attention de l’amie Maria, qui depuis Caen n’ignore rien de ce qui se passe dans le domaine culturel à Rouen, je n’aurais point su que ce mardi soir un certain Yann Kerninon venait parler de son livre Vers une libération amoureuse (Propositions romantiques, érotiques et politiques) (Libella Maren Sell) à la Neoma Business School de Mont-Saint-Aignan. Ignorant tout de ce livre, j’apprends que son auteur est « philosophe, pédagogue, prestidigitateur, performeur, réalisateur de film, leader d’un groupe de métal parodique, marié et père de famille » et qu’il a aussi écrit Tentative d'assassinat du bourgeois qui est en moi (Libella Maren Sell), lequel a obtenu le prix du Pamphlet en deux mille neuf et a été traduit en Inde. C’est suffisant pour que j’aie envie d’aller prendre cette leçon de rattrapage sur l’amour.

    Mappy me montre où est la Neoma Business School et un bus Teor m’y mène passant par la campagne à vaches blanches. A l’arrivée, je découvre que cette école de bizenesse n’est autre que l’ancienne Rouen Business School auparavant Sup de Co. Bel endroit, un peu caché, où se côtoient des bâtiments d’époques diverses disposés dans un parc. J’y entre sans que quiconque ne soit là pour me demander ce que je viens y faire et demande à un étudiant fumeur où se trouve la salle de conférence.

    A sa porte, des garçons en costume cravate, ce sont les élèves organisateurs, membres de l’association Des Mots & Débats. Je parle un peu avec deux d’entre eux contents de voir quelqu’un de l’extérieur venir ouïr Kerninon. Après un peu d’attente, c’est l’ouverture des portes. Je me case au milieu des quelques dizaines d’étudiant(e)s présent(e)s volontairement. Le F B Eye, bureau des images, s’apprête à filmer la soirée.

    L’orateur a une bonne tête et des bretelles apparentes. « Il est jeune », dit une fille derrière moi. « Pas si jeune que ça, il a trente-huit ans », lui répond un garçon renseigné. L’un des organisateurs le présente puis nous sont montrés trois petits films sur son ouvrage. Je note : « Le grand ennemi de l’amour, c’est le fantasme, il s’agit de le tuer au profit du désir. »

    Yann Kerninon explique que la seule définition de l’amour qu’il ait pu trouver, c’est « Ce à quoi nous ne nous attendions pas ». Il évoque la difficulté à le vivre dans la durée et rêve d’un avenir dans lequel l’exclusivité et la jalousie ne seraient plus de mise, un nouvel amour venant renforcer (et non plus remplacer) l’amour en cours. Oui oui oui… (c’est mon commentaire mental).

    Je note encore : « Nous sommes des pervers puritains qui fantasment un mariage religieux dans un club échangiste ». Au bout de quarante minutes, c’est le moment des questions et pour moi l’occasion de constater que ces étudiant(e)s de la Neoma Business School en connaissent un rayon en littérature et en philosophie. L’un cite Céline L'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches, un autre parle de Lévinas, une troisième s’adresse à l’invité en ces termes :

    -J’ai lu votre œuvre…

    -Dites mon livre, l’interrompt Kerninon.

    Il répond toujours un peu à côté des questions, comme le font beaucoup dans sa situation. Je ne lève pas le doigt, gardant les miennes pour moi, préférant entendre ce que la jeunesse qui m’entoure dit sur le sujet.

    « Je sais pas pourquoi il est là », dit un garçon derrière moi, Il ne parle pas de l’invité, mais de moi.

    Un bus Teor plein d’étudiant(e)s me redescend à Rouen dans le noir. J’y songe à mon âge et à ce à quoi je ne m’attends pas.

    *

    « Pitoyable Corinne Rondeau, une bêtise d’anthologie qu’il sera intéressant de réécouter dans quelques années. Elle devrait rester dans son domaine de compétence. D’ailleurs, sa hargne ne s’explique-t-elle pas par le fait que ce film donne une image peu flatteuse du milieu qu’elle côtoie et dont elle fait partie. », c’est le commentaire que je laisse sur la page de La Dispute, l’émission de France Culture que j’écoute rentré chez moi, après que cette critique en arts plastiques a descendu La Vie d’Adèle, un commentaire victime de la censure du modérateur.

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