• D’un livre que je ne lirai pas : Le Rat et l’abeille de Raymond Dumay

    Parmi les livres achetés chez Book-Off mercredi dernier Le Rat et l’abeille (Court traité de gastronomie préhistorique) de Raymond Dumay publié chez Phébus, un exemplaire plutôt en mauvais état (je me demande comment il a pu arriver dans cette boutique qui n’accepte que les livres en très bon état).

    Je ne le lirai pas, le sujet ne m’intéresse pas. Je l’ai pris parce qu’à l’intérieur sont collées une critique élogieuse du Canard Enchaîné du sept mai quatre-vingt-dix-sept (le jour des dix ans de l’une que je connais bien) et surtout deux lettres manuscrites de l’auteur à l’un de ses amis nommé René Delmas à qui ce livre a dû appartenir.

    La première est datée du quatre juin quatre-vingt-dix-sept et dit ceci :

    « Je ne saurais te dire combien je suis touché par ta lettre. Tu as acheté mon livre et tu as pris la peine et le temps de m’en écrire –et bien. Double exploit qu’à ce jour tu es le seul à avoir réalisé. Si tu penses un instant à l’inquiétude que j’ai pu éprouver en me lançant dans cette aventure, une spécialité abordée à 80 ans ! tu comprendras mon bonheur de recevoir tes éloges, en particulier sur mon style, qui est plus moi-même que moi, mais si peu « scientifique ».

    Quand je dis « à bientôt », je ferai de mon mieux. A vous deux. »

    Et la seconde du quinze juillet de la même année :

    « Merci, merci. Moi aussi j’ai été éberlué par ces éloges démesurés –déclenchés peut-être par ta lettre à Jérôme Garcin. Tu étais l’œil du public !

    N’empêche que cette préhistoire me rend heureux. Je compte y baigner encore un volume ou deux.

    Mais auparavant je serai passé par le Limousin. Qu’on cause un peu. L’amitié en retour. »

    Raymond Dumay, auteur également du fameux Guide du vin du Livre de Poche, n’aura pas l’occasion d’un nouveau bain de préhistoire. Un autre bain lui sera fatal quelques années plus tard. Il mourra noyé en mer à la suite d’un malaise.

    René Delmas, quant à lui, ne doit plus être davantage de ce monde pour que son livre, arrivé chez Book-Off par un chemin mystérieux, soit entre mes mains.

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    Ce vendredi après-midi, rentré du Socrate où je lis la correspondance de Max Jacob, j’entends sur France Culture dans l’émission de Marie Richeux, Pas la peine de crier, le comédien Olivier Broche, qui mardi dernier y lisait un extrait de Passe-Temps de Paul Léautaud, lire cette fois un petit bout de La Colo de Kneller d’Etgar Keret, ce livre que m’a offert Philippe Dumez, puis évoquer Rapport sur moi et L’invité mystère de Grégoire Bouillier, que j’ai fait découvrir au même Dumez. Il n’y a pas de hasard, que des coïncidences (dit-on).

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    Un bon Pas la peine de crier ce vendredi puisqu’on y entend ensuite une chanson de Raoul de Godewarsvelde Adieu pour un artiste.

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    Marie Richeux prend souvent le métro parisien. Le jour où je l’y croiserai, je la reconnaîtrai à sa voix.

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