• D’une cousine, disparue, retrouvée, reperdue

    Ma mère a eu deux sœurs, lesquelles ont eu chacune une fille, mes cousines donc. A la mort de leur mère (grand-mère Jeanne pour moi), les trois sœurs se sont brouillées, en cause l’héritage, une minuscule maison sise à Bondy (Seine-Saint-Denis). La plus jeune des sœurs a disparu avec sa fille, la plus jeune de mes cousines. C’était il y a trente ans peut-être.

    L’autre jour, cette cousine disparue me contacte via Effe Bé, ce qu’elle aurait pu faire depuis longtemps et de bien des façons (mon nom est dans l’annuaire du téléphone). Elle a maintenant cinquante-quatre ans et est mariée avec un camionneur.

    D’elle, j’avais gardé deux images : la petite fille qui venait en vacances chez nous à Louviers chaque été, et la jeune fille qui j’avais eu du mal à reconnaître lors des quatre-vingts ans de grand-mère Jeanne à Bondy, ne jurant que par David Bowie et aimant manifestement davantage les filles que les garçons. Elle a dû bien changer, me suis-je dit, d’autant que sur Effe Bé elle poste des photos de chats et de voitures peintes de chevaux bleus.

    Bien qu’elle m’ait retrouvé par hasard, sans me chercher, sans même en avoir l’idée, la voilà qui m’annonce que son mari ayant de la famille en Normandie elle passera me voir en avril. J’en suis à me creuser la tête pour savoir comment lui expliquer qu’on ne débarque pas comme ça chez moi quand je constate qu’elle fait partie des admiratrices de Dieudonné.

    Désolé, lui écris-je, je ne fréquente pas les antisémites, ni celles et ceux qui les approuvent.

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    Ainsi donc, il est admis et même bien vu de s’intéresser aux textes des mémorialistes et des historiens relatifs aux frasques sexuelles d’Henri le Quatrième, de certains Louis ou de Napoléon, mais s’il s’agit de celles du Président régnant, transformé en Daft Punk et roulant scouteur pour retrouver sa comédienne, condamnation quasi générale de qui s’y intéresse, journalisme de caniveau, etc.

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    Tous les matins sur France Culture Tewfik Hakem veut me faire croire qu’Un autre jour est possible alors que son émission est enregistrée.

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    Bis repetita placent, Sébastien Bailly, journaliste indépendant saborde Grand Rouen qu’il avait recréé après avoir quitté Paris Normandie. Aujourd’hui, il s’agit de rejoindre le gratuit Côté Rouen 76actu. Je vais devoir apprendre à me passer d’informations aussi intéressantes que « Le batteur de Julien Doré est rouennais ».

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