• De Paris à Rouen par une voie inhabituelle

    Ce mercredi, poussé dans le dos par la pluie et le vent, je suis de retour un peu tôt à la gare Saint-Lazare et ne le regrette pas, constatant que tous les trains vers la Normandie sont affichés avec de sérieux retards. Il est sept heures moins cinq, je dois prendre le dix-neuf heures trente, préfère grimper dans le dix-huit heures trente encore à quai, bien que mon billet à tarif réduit ne m’en donne pas le droit. A peine y suis-je assis que son départ est annoncé. Je me vois déjà arriver à Rouen en avance dans un train en retard.

    Mon espoir est vite déçu. Nous empruntons une voie inhabituelle au ralenti passant par Conflans-Sainte-Honorine puis Chanteloup-les-Vignes. Cette voie est surélevée et lorsque de temps à autre le conducteur met les gaz, j’ai l’impression d’être dans un avion qui décolle. Des ralentissements suivent, malheureusement. Je découvre au passage qu’il existe une gare nommée Thun-le-Paradis.

    Après Porcheville, c’est Mantes où le train retrouve sa voie habituelle mais pas la vitesse nécessaire à une prompte arrivée. Le bandeau déroulant continue d'afficher une arrivée à Rouen à dix-neuf heures trente-quatre. Il est une heure de plus. Autour de moi on soupire. Depuis le départ, pas un seul message ne nous a informés de la situation.

    Vers Val-de-Reuil, mon voisin consulte son téléphone.

    -Le dix-neuf heures cinquante est déjà arrivé. Je ne comprends pas. Comment a-t-il fait pour nous dépasser ?

    Je lui apprends que nous sommes passés par une voie détournée. Sans doute le suivant a-t-il pris la voie directe rouverte au trafic.

    Il est plus de vingt et une heures quand nous arrivons à Rouen. L’invisible contrôleur prend enfin la parole. Il présente les excuses de la Société Nationale des Chemins de Fer Français pour ce retard d’à peu près une heure et demie dû à une rupture d’alimentation du côté de Mantes-la-Jolie.

    Je ne suis pas le plus à plaindre, n’en ayant pris que dix minutes, et rentre dans le vent normand qui vaut le parisien. A peine suis-je arrivé qu’une nouvelle drache s’abat sur la ville.

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