• Déjeuner aux Délices du Sénégal, « le plus grand restaurant africain de Haute Normandie »

    -Vous avez connu le restaurant comment ? me demande d’un air surpris le serveur à peine suis-je installé à l’une des tables près de la vitre donnant sur la rue de Lessard, rive gauche de Rouen.

    -Par une publicité au garage Renault un peu plus loin où j’ai mis ma voiture hier.

    Les Délices du Sénégal s’y présente comme « le plus grand restaurant africain de Haute Normandie ». Ce doit être vrai si les autres sont tout petits. Deux salles, dont l’une côté bar, cela fait bien moins grand que beaucoup de restaurants dits français ou japonais ou chinois de la ville et de la région. Comme je suis le seul client, ce n’est pas un problème.

    Ce restaurant n’est ouvert que depuis deux mois. Au mur, un écran géant (si je puis employer ce qualificatif sans craindre de l’énerver) diffuse une chaîne d’info continue heureusement muette pour laisser place à une musique d’ambiance de là-bas. J’opte pour des accras de morue et un poulet yassa. C’est cuisiné au masculin et suffisamment bon. Pour dessert, je demande si je puis avoir la portion de pastels offerte que promet la publicité et apprends que c’est une offre réservée à la vente à emporter. Je m’abstiens de toute remarque désagréable. Avec le quart de vin rouge, ça fera quinze euros.

    On me salue presque trop poliment lorsque je sors. La vitre de la porte d’entrée est remplacée par un panneau de bois.

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    Je passe une partie de ce mercredi après-midi au café de l’Ubi à mettre en forme mes notes sur la correspondance de Max Jacob puis à lire le volume deux d’Après l’Histoire de Philippe Muray. Etre occupé à une tâche gratuite au milieu d’autres occupés à des activités similaires me rend très efficace.

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    Deux vieilles à cheveux blancs devant la vitrine de la Mam Galerie, considérant l’un des véhicules lunaires de Marc Hamandjian. L’une : « Ça  ferait bien dans mon salon. »

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