• Deux préfaciers encombrants (Philippe Delerm, Pierre Perret)

    La semaine dernière, j’achète au marché des Emmurées, dans l’édition de poche Points Seuil, les Carnets d’un vieil amoureux de Marcel Mathiot. Marcel Mathiot fut instituteur et eut une vie amoureuse et sexuelle des plus intenses jusqu’à la fin de sa vie. Ces carnets sont ceux des années deux mille à deux mille quatre (pendant laquelle il meurt à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans).

    Me déplait fortement que la préface en soit écrite par Philippe Delerm, lequel s’est déjà attaqué à Paul Léautaud avec son Maintenant, foutez-moi la paix. Que cet écrivain à plaisirs minuscules, dont la vie monotone est bien racontée dans l’une des chansons du fiston, s’en approprie d’autres bien plus palpitantes, c’est regrettable.

    Léautaud a connu un autre importun beaucoup plus néfaste en la personne de Pierre Perret, préfacier d’un choix de pages du Journal Littéraire publié au Mercure de France et auteur en mil neuf cent soixante-douze d’Adieu, monsieur Léautaud, livre dans lequel il prétend avoir rencontré l’écrivain de nombreuses fois à Fontenay-aux-Roses et avoir fait avec lui le tour des bouquinistes du Quartier Latin. Il n’y a évidemment aucune trace de cela dans le Journal de Léautaud. On y trouve en revanche les visites du jeune Jean-Jacques Pauvert, dix-huit ou vingt ans, plusieurs fois à la barrière, essayant d’obtenir des textes à éditer, en vain.

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    Dimanche matin, au Fournil de la Croix de Pierre la file d’attente est conséquente et uniquement constituée d’hommes dans la trentaine, venus acheter pain et croissants.

    -Chéri, tu pourrais m’aider quand même, c’est toujours moi qui fais tout !

    -Tu sais bien que j’suis allé acheter le pain et les croissants c’matin.

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    « Comme un rendez-vous », boutique de fringues de la rue Saint-Nicolas, est en liquidation totale. Comme un rendez-vous manqué.

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    Ce lundi, treize heures, deux laveurs de vitres s’emploient à nettoyer celles de la Caisse d’Epargne, rue de la Jeanne, maculées de jaune d’œuf, sans doute un passage récent de manifestation lycéenne.

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