• Don Pasquale de Gaetano Donizetti à l’Opéra de Rouen

    Dimanche peu avant seize heures, je suis assis à une excellente place en corbeille à l’Opéra de Rouen pour le Don Pasquale de Donizetti mis en scène par Andrea Cigni et dirigé par Luciano Acocella, lequel bénéficie sur le livret programme d’une page entière sur deux colonnes pour sa musico biographie complète (comme une sorte de dédommagement à la fin de son contrat).Tandis que les musicien(ne)s s’échauffent dans la fosse sont diffusées de sirupeuses chansonnettes italiennes qui semblent prolonger l’émission consacrée au festival de San Remo que j’écoutais sur France Culture juste avant de venir. Sur scène, la porte d’un immense coffre-fort donne à penser que l’œuvre de Donizetti est quelque peu actualisée, ce qui forcément inquiète une dame dans la loge derrière moi « avec ces mises en scène modernes, on ne sait jamais. »

    Elle est vite rassurée, rien de révolutionnaire, simplement un glissement vers une époque incertaine pas trop éloignée de la nôtre, ce glissement permettant de passer d’un premier degré qui eût été lourd à un deuxième qui donne place à l’humour et à l’ironie. Le livret est simpliste (comme il se doit pour un opéra qu’il soit bouffe ou non), la musique pompeuse (comme il se doit aussi) et j’y prends plaisir.

    Au premier entracte, certains, venus de Paris, considèrent le soleil à l’extérieur et l’un :

    -C’est ballot, on aurait pu aller à Cabourg.

    Une d’ici lui indique que ce soleil n’est apparu que vers quatorze heures. Je prends un café car nous ne sommes pas au bout des démêlés du vieux Don Pasquale avec sa jeune épouse qu’aime son neveu (il y a une machination là derrière, trop compliquée à expliquer).

    J’aime encore plus les deuxième et troisième actes, où intervient le chœur accentus. Oui, tout m’enchante, la musique, les solistes, le chœur, les décors, les costumes, l’esthétique à la Pierre et Gilles et la mise en scène. Je repars de là satisfait, traversant le parvis de la Cathédrale dans une volée de cloches. Il est dix-neuf heures.

    Le lendemain matin, je croise l’une de mes connaissances qui a vu ce Don Pasquale vendredi soir. Il a détesté, me dit-il avec une véhémence telle que dans un premier temps je crois qu’il plaisante, n’a vraiment rien aimé, ni la musique, ni le livret, ni les décors, ni la mise en scène, l’exemple même du spectacle de province selon lui.

    Il m’avoue ensuite qu’il a eu une mauvaise semaine (quelques jours de vacances à Bordeaux lui feraient du bien).

    *

    « C’est ballot », l’une des expressions de ces dernières années qui m’exaspère au plus haut point.

    *

    Ce dimanche, pour cause de pic de pollution, le Vélib’ est gratuit. « J'ai effectivement fait du vélo au hasard, c'était vraiment agréable. » m’écrit celle qui vit à Paris. C'était vraiment dur d'en trouver un, m’explique-t-elle, car plein d'égoïstes quand ils s'arrêtaient quelque part, au lieu de le remettre sur une borne, l'attachaient avec un anti-vol pour en conserver l’usage exclusif.

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