• En chemin de fer jusqu’à Bordeaux

    Le temps du départ pour Bordeaux est arrivé, où le train doit m’emmener en une moitié de journée. A l’arrivée, une petite chambre m’attend, qui n’est pas l’une de l’Hôtel de France, le plus littéraire de la ville, où descendirent Théophile Gautier et Stendhal.

    Le premier y était arrivé après avoir fui les rabatteurs (qu’on ne trouve plus aujourd’hui qu’en certains pays étrangers) : Ce sont des espèces d’argousins apostés en vedette par les maîtres des hôtels pour happer le voyageur au passage. Toute cette canaille s’égosille à débiter en charabia des kyrielles d’éloges et d’injures : l’un vous prend par le bras, l’autre par la jambe, celui-là par la queue de votre habit, celui-ci par le bouton de votre paletot. (…) Chacun cherche à vous dégoûter des établissements rivaux et ce cortège ne vous quitte que lorsque vous êtes entré définitivement dans un hôtel quelconque. (l’Hôtel de France donc)

    Le second, deux ans plus tôt, le onze mars mil huit cent trente-huit, s’était laissé faire par les rabatteurs, pour arriver au même endroit : Un commissionnaire s’est chargé de mes effets et je suis arrivé chez M. Baron, à l’hôtel de France, tellement accablé de fatigue que je craignais d’avoir oublié la moitié de mes effets à la diligence. C’est un malheur qui m’arrive souvent. J’ai une belle et bonne chambre, étroite et haute, avec une fenêtre, n° 21 A. Je dors jusqu’à une heure après midi.

    L’Hôtel de France en deux mille quatorze n’est pas des plus modestes, le mien si. J’espère néanmoins y trouver une chambre avec une fenêtre.

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    Ce que je sais des séjours de Théophile Gautier et Stendhal à Bordeaux, je le dois à l’une de mes lectures du moment : Hôtels littéraires de Nathalie H. de Saint Phalle (Denoël).

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