• En lisant Une littérature sans écrivains de Basile Panurgias

    De Basile Panurgias, j’ai lu autrefois L’Anacoluthe, roman dont j’ai tout oublié (il y serait question de cimetière virtuel sur Internet) et récemment Une littérature sans écrivains, essai publié en deux mille douze par Léo Scheer dans sa collection Variations.

    L’auteur, qui s’avoue écrivain sans succès et vit de ses rentes, y réfléchit à l’écriture et à l’édition dans le monde tel qu’il va, passant en revue les divers problèmes du moment. Je n’y apprends rien de nouveau mais cela se lit bien. Les chapitres sont groupés selon le lieu où ils furent écrits ou qu’ils évoquent (tout rentier voyage). Si j’en parle, c’est qu’à la page cent quatre-vingt-dix-huit, je tombe sur Le Bec-Hellouin.

    L’auteur raconte les moments qu’il y passa enfant puis adolescent et le goût pour la lecture à haute voix qu’il attrapa au réfectoire des moines où l’un lit tandis que les autres mangent. J’y trouve ceci A part quelques exceptions, les religieux ne sortent pas, et c’est avec une grande émotion que le petit garçon que j’étais tendait la main à Don Grammont (…/…) Ses deux mains, qui me paraissaient énormes, avaient la douceur de qui n’a effleuré que de vieux vélins depuis son enfance. Frère Robert, qui s’occupait de l’hôtellerie, était toujours accueillant bien que constamment agité, et Henri-Louis, le frère cellérier, d’un esprit et d’une bonne humeur imperturbables. Aussitôt ces visages se rappellent à mon souvenir.

    Basile Panurgias est né en mil neuf cent soixante-sept. Il devait donc séjourner au Bec-Hellouin quand j’y faisais l’instituteur. J’ai dû le croiser dans le parc de l’abbaye quand, après avoir salué Frère Henri-Louis ou Frère Robert (le Père Abbé Dom Grammont ne se montrant jamais), j’invitais celui des moines qui sortait le plus à venir prendre le café à l’école.

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