• Escapade à la dieppoise avant manifestation de forains à la rouennaise

    Une douce température, un peu de soleil malgré une pluie annoncée, il ne m’en faut pas plus pour avoir envie de faire un tour à Dieppe ce mardi matin et pour cela je rejoins ma voiture toujours garée dans l’île Lacroix. Un attroupement autour du distributeur de billets m’intrigue. M’approchant, je constate qu’il est en sale état et que ceux qui l’entourent sont policiers. Ce distributeur planté au milieu du trottoir (ressemblant de loin à une pissotière) sera une proie de choix pour les malfaiteurs : un coup de camion bélier et il sera cul par-dessus tête, les billets à l’air." écrivais-je dans ce Journal le dix-sept mars deux mille onze. C’est fait.

    A l’approche de Dieppe, je tourne à gauche vers Pourville-sur-Mer pour prendre encore une fois la route côtière qui me rappelle bien des souvenirs et que les autorités menacent de fermer en raison des chutes de falaise. Je me gare au bord de cette falaise puis descends en ville par le chemin qui contourne le Château-Musée.

    Impossible de boire un café Au Tout Va Bien, celui-ci est en travaux sérieux. C’est L’Escale Café qui m’accueille en terrasse. La clientèle est locale et cause du journal. Les Informations dieppoises titre en effet 90 ans après le naufrage de l’Espérance la sépulture de 10 marins retrouvée, curieuse formule pour évoquer la découverte de la carcasse de ce bateau.

    Je fais le tour du port, assiste au débarquement de coquilles Saint-Jacques et de grosses huîtres à coquille poilue puis à l’arrivée sous l’œil étonné des marins d’un campigne-car immatriculé dans la Haute-Loire composé d’une caravane déglinguée sans roues posée sur la plate-forme d’un vieux camion, à l’intérieur un jeune couple à chien.

    Quand il s’agit de déjeuner, j’opte pour le curieusement nommé La Cravache d’Or, quartier du Pollet. Au menu : brochette de Saint-Jacques au lard fumé, raie sauce dieppoise, tarte au pommes tiède avec sa boule de glace (quatorze euros quatre-vingt-dix) avec un quart de vin blanc (trois euros quatre-vingts). C’est suffisamment bon, mais les plats se font un peu attendre bien que nous ne soyons que quatre convives (dont trois habitués), pas au point cependant de rebaptiser ce restaurant La Cravache dort.

    Il pleut lorsque je sors, ce qui m’incite à rentrer plus tôt que prévu et je fais bien car à peine suis-je arrivé à Rouen que la ville est bloquée par des forains mécontents (voulant s’installer sur le parquigne du Cent Six vers lequel la foire Saint-Romain a été déplacée en raison de la création d’un parc paysager sur le quai bas, ils s’en sont fait chasser par les Céhéresses).

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    Port de Dieppe, une affichette autocollante sur une camionnette de pêcheurs : « La mer aux marins. Non aux éoliennes ». Jamais un marin du coin ne se soucie de savoir si sa pêche est irradiée par la centrale nucléaire de Penly.

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    Il était pourtant parfait le terrain vague des quais bas qui accueillait la foire Saint Romain, les cirques, des concerts, etc. Les municipalités ont la sale manie de vouloir tout aménager. Pas besoin d’être devin pour savoir que ce jardin, situé comme il est situé, sera plus dégradé que fréquenté.

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    76actu est là pour me dire ce qui s’est passé dans l’île Lacroix :

    « Pas d’explosion, aucune déflagration, ça non. Il s’agit d’une simple tentative d’arrachage de Dab. La machine était vide… », précise une source judiciaire. »

    « Personne n’a rien entendu mais quelques-uns ont vu des jeunes à scooter roder autour de l’appareil. Pour l’heure, personne n’a été interpellé. »

    Ah, les jeunes à scouteur !

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    Malheureux habitants de l’île Lacroix, ils ont un distributeur de billets mais aucun billet à l’intérieur.

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