• Exposition Berthe Morisot au Musée Marmottan précédée d’un déjeuner au Tabac de la Muette et suivie d’un petit tour au Bois de Boulogne

    Déjeuner ailleurs que dans un restaurant pour rupin quand on se trouve à deux pas de l’avenue Mozart, c’est facile. Une table m’attend ce dimanche, en bordure de la salle ouverte sur la rue, au Tabac Bar Brasserie de la Muette. On y sert sept jours sur sept un menu à douze euros quatre-vingts dans une ambiance très parisienne. Pendant que le serveur termine d’installer les tables du trottoir, j’observe le ballet des voitures décapotées qu’il est bon de montrer à son voisinage quand le soleil sort ses rayons. Mon œil est attiré par la silhouette d’un grand homme devant l’arrêt de bus, une sorte de Jacques Tati. Un passant s’adressant au serveur m’en donne un peu plus tard le nom :

    -C’est le fils du Général de Gaulle qui était là ?

    -Oui, il habite le quartier. Il ressemble vraiment à son père.

    Salade d’asperges, hampe de bœuf pommes de terre façon tartiflette, mousse au chocolat, un quart de vin de Chinon, un café, tel est mon choix. Rien à redire, hormis que la viande eut pu être plus tendre. Je paie un peu moins de vingt euros et, ayant envie de faire un tour au Bois, je traverse à nouveau le vide grenier du Ranelagh et tombe (comme on dit) sur le Musée Marmottan où l’on expose Berthe Morisot. Ce serait faire injure à Berthe que de ne pas entrer, d’autant qu’aucune file d’attente n’occupe le trottoir.

    L’exposition, vaste, présente toutes les facettes du talent de l’honnête Impressionniste et quelques portraits d’elle par d’autres, dont sa sœur Edma, laquelle préféra ensuite le mariage à la carrière artistique (Berthe conciliant les deux grâce au choix d’un frère de Manet comme époux). Je note la Bergère nue couchée, dont (m’apprend le cartel), « le modèle est Gabrielle Dufour, petite fille du village de Méry » et le propos de la peintre sur la difficulté d’en trouver : « Aujourd’hui, les petites filles suivent 5 à 6 cours par semaine, plus tard vont dans le monde, puis se marient et se doivent à leur mari. Donc plus de modèles. ».

    Une toile représentant le Bois de Boulogne m’invite à quitter le Musée Marmottan, non sans revoir auparavant les Monet de l’exposition permanente. Bientôt, après être passé par l’allée des Dames où ne sont posés que des lapins s’enfuyant à l’arrivée du marcheur, je m’assois sur un banc au bord du lac sur lequel caillebottent de jeunes couples. Dans l’un de ces canots, une fille montre qu’il est faux de croire que ce sont toujours les garçons qui rament. Je songe à celle qui s’éveille à New York.

    Partager via Gmail Yahoo!