• Exposition Brassaï (Pour l’amour de Paris) à l’Hôtel de Ville

    Dans le train qui me mène à Paris, ce mercredi, je relis Les notes de l’oreiller de Sei-Shonagon me délectant du sens de l’observation de cette dame de cour chinoise née vers neuf cent soixante-sept de l’ère chrétienne, l’une des premières obsédées des listes, faisant mentalement les miennes en lisant les siennes, ajoutant ma voisine, une grosse enrhumée se remaquillant, à celle des Choses déplaisantes.

    Il fait bon dans la capitale et j’ai du temps avant l’ouverture des librairies, aussi est-ce dans un bus Vingt-Sept presque vide que je gagne le Quartier Latin où je bouliniérise et gibertise un peu. De là, je passe la Seine et par le derrière de l’Hôtel de Ville. Une courte file d’attente indique la porte d’entrée de l’exposition gratuite Brassaï (Pour l’amour de Paris). Je suis rapidement à l’intérieur et en terrain connu.

    Gyula Halász, le futur Brassaï, est né en Hongrie et est arrivé à Paris à l’âge de vingt-cinq ans en mil neuf cent vingt-quatre (époque où les étrangers n’avaient pas vocation à retourner dans leur pays mais à devenir Français). Il est bien connu pour ses photos de nuit et ici sont montrées les plus célèbres et d’autres aussi : Simone de Beauvoir au Flore en mil neuf cent quarante-quatre posant à l’écrivaine inspirée, la bande du Désir attrapé par le queue, (Picasso, Beauvoir, Sartre, Leiris, etc.), une série sur ledit Picasso dans son atelier, des graffiti, les ouvriers des Halles, un policier à vélo la cigarette à la bouche, des mauvais garçons, les filles à demi nues des Folies Bergères, etc. J’apprécie particulièrement les deux images de femmes en extase, l’une habillée, l’autre nue, et bien sûr la salle dédiée aux filles de joie (dans laquelle Delanoë, Maire, ne fera pas entrer la pudibonde Vallaud-Belkacem).

    Un métro me conduit ensuite à la Bastille où, avant Book-Off, je déjeune au Bistro Saint-Antoine d’une saucisse de Toulouse purée maison suivie d’une tarte aux pêches. C’est basique et avec un quart de côtes-du-rhône coûte dix-huit euros quarante.

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    Il faut que je vienne à Paris pour voir un sapin de Noël, celui devant Notre-Dame a belle allure. Plus de place pour cet arbre tronçonné et décoré à Rouen où l’espace public est entièrement dévolu au marché de Noël et à la fête foraine qui constituent l’opération Rouen Givrée (la bien nommée).

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    « Toutes les femmes sont folles de la saucisse de Toulouse. », je ne sais plus qui a dit ça à propos de Toulouse-Lautrec, lui-même peut-être.

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