• Exposition Frida Kahlo Diego Rivera au Musée de l’Orangerie

    Quitter Rouen à sept heures vingt-six avec un train qui arrive à l’heure à Saint-Lazare me permet de rejoindre à pied ce mercredi le Musée de l’Orangerie en arrivant juste à l’heure de l’ouverture, neuf heures, et de constater que d’autres m’ont précédé, alignés en deux longues files, l’une plus imposante que l’autre, celle des sans billets, au bout de laquelle je trouve ma place derrière quatre Japonaises. Un panneau promet une heure d’attente que rien ne permet d’égayer hormis la tête dépitée de ceux qui ont déjà leur billet quand ils découvrent qu’ils ne peuvent entrer immédiatement et doivent eux aussi faire la queue (comme on dit).

    Trois quarts d’heures plus tard, je passe la porte puis le détecteur de métaux et me voici en compagnie des œuvres de Frida Kahlo et de Diego Rivera, unis bien au-delà de la mort.

    Les peintures, les dessins préparatoires aux fresques et les reproductions d’icelles du muraliste m’indifférent. Ses titres me hérissent : Heureux l’arbre qui donne des fruits, J’aimerais être un homme aux nombreux savoirs.

    Je ne suis là que pour Frida dont sont montrées une quinzaine de toiles intéressantes et des natures mortes. Parmi les toiles qui m’intéressent : Le petit défunt Dimas Rosas à l’âge de trois ans (curieux titre qui donne à penser d’un enfant mort peut continuer à grandir), La petite Virginia (laquelle ressemble beaucoup à Frida), Ma nourrice et moi (l’une de ses peintures qu’elle préférait, qui la montre bébé à tête d’adulte tétant) et bien sûr les autoportraits, de son premier, à la robe de velours, fait pour celui avec qui elle était lors de son accident, au minuscule à cadre de coquillages où son cou est prisonnier de ficelles rouges. Terribles sont ses toiles montrant la douleur physique : Sans espoir, Hôpital Henri-Ford et La colonne brisée sur laquelle elle se montre comme une écorchée à la peau percée de clous avec pour colonne vertébrale une colonnade fissurée.

    Je fais plusieurs fois le tour de cette modeste exposition à dix euros dont les œuvres viennent du Museo Dolores Olmedo de Mexico puis vais revoir la collection permanente (ce qu’il en reste, une partie est à Mexico), des tableaux pas vus depuis longtemps, m’attardant devant le balthusien La nièce du peintre d’André Derain, La noce du Douanier Rousseau et Arlequin et Pierrot de Pablo Picasso.

    Me reste à revoir la curiosité qui fait venir ici tant de monde : la salle des Nymphéas du nommé Monet dans laquelle on a parqué des scolaires (niveau maternelle et niveau collège) mais personnellement je suis plus intéressé par ce que je découvre avant de sortir, aux toilettes, un vécé japonais avec douchette, que je n’ose essayer.

    *

    « Oh my God ! Je suis une star à la télé française maintenant. » déclare Léonarda, la collégienne descendue de son car scolaire pour être envoyée au Kosovo, pays où les Roms ne peuvent pas aller à l’école.

    « Nous n'avons pas de maison ici, on ne connaît personne. Ce n'est pas comme en France, il n'y a personne pour nous aider. On est comme les clochards. On a dormi sur un banc. Je ne comprends même pas la langue d'ici. » déclare-t-elle à l’Est républicain, ajoutant pour France Inter « Tout ce que je veux, c'est, avec ma famille, revenir en France, recommencer les cours pour avoir un avenir. Le truc le plus important, c'est l'école ».

    Manuel Valls, celui qui a déclaré que les Roms ne veulent pas s’intégrer, n’est pas là pour répondre, parti mettre de l’ordre aux colonies.

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