• Exposition Le Surréalisme et l’objet au Centre Pompidou

    Ce mercredi, après avoir fureté chez Boulinier et Joseph Gibert, j’arrive au Centre Pompidou à l’heure de l’ouverture. La chenille m’emmène au sixième où se tient l’exposition Le Surréalisme et l’objet.

    Quoique je n’aie pas d’atomes crochus (comme on dit) avec ce mouvement littéraire et artistique, je ne regrette pas cette initiative car le Surréalisme est ici conjugué au sens large et ses objets parfaitement mis en scène et en lumière.

    Contrairement à Rouen, Marcel Duchamp a ici la place qui lui revient. Place aussi à Giacometti et à Bellmer dont une magnifique Poupée de mil neuf cent trente-six trône en salle Quatre dans laquelle est projeté en format géant un extrait de Tamaño natural (Grandeur nature) de Luis García Berlanga, un film de mil neuf cent soixante-quatorze qui montre un chirurgien-dentiste joué par Michel Piccoli s’éprendre d’une poupée gonflable.

    Je note aussi la présence de Présence Panchounette, des Sex Toys de Cindy Sherman, des moulages anatomiques de Philippe Mayaux et d’une vaste installation d’Arnaud Labelle-Rojoux ornée de sentences  « 14 juillet : Journée nationale des donneurs de leçons », « Un charcutier qui lit Sade est un homme de goût », etc.

    Les salles Six à Onze sont consacrées aux grandes expositions surréalistes du passé. Une bande son, signée Radovan Ivšić, y diffuse les gémissements du plaisir féminin, ce qui fait monter la température. Je m’assois un certain temps face à un écran qui montre les mannequins habillés de la Rue surréaliste lors de l’exposition de mil neuf cent trente-huit. A côté de moi est une jeune fille à lunettes. Ses mains à ongles rouges sont sagement posées sur les genoux que découvre sa jupe courte. Sa bouche est entrouverte. Elle semble complètement fascinée par ce qu’elle voit et entend. Je pourrais poser ma main sur l’une des siennes sans qu’elle ne s’offusque car, comme l’explique une grand-mère à sa petite-fille blonde qui ne veut pas la croire, « Ce n’est pas une vraie, c’est un mannequin ».

    Une dernière salle ramène au calme, emplie de sculptures colorées de Miro.

    *

    Avant cela, dans le train qui m’emmène à Paris, je lis La colo de Kneller d’Etgar Keret (Actes Sud) que m’a offert Philippe Dumez l’autre mercredi. C’est un court roman composé de chapitres d’une page et demie. L’histoire se passe dans un monde post-mortem où "vivent" ensemble tous les suicidé(e)s. Cela me fait penser à ce qu’écrivait Boris Vian dans les années cinquante. J’en touche le bout au passage de Mantes-la-Jolie.

    Le soir, de retour à Rouen, je découvre le texte écrit par ce même Philippe Dumez à propos de notre Book-Off Session, qu’il a mis en ligne dans la journée sur I love you, Georgia Hubley. Il est précisément à Rouen au moment où je le lis, au Cent Six pour le concert de Linda Perhacs, une artiste qui n’est pas montée sur scène depuis quarante ans.

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