• Exposition Pierre Le Trividic à la galerie Bertran

    C’est l’affiche l’annonçant sur les portes des boutiques de la ville, montrant un homme à lunettes dans le genre intellectuel des années cinquante, affiche particulièrement réussie sur le plan esthétique, qui me donne envie d’aller voir l’exposition Pierre Le Trividic à la galerie Bertran discrètement installée derrière l’église Saint-Maclou, rue Molière. J’en pousse la porte ce samedi à quatorze heures trente salué par son propriétaire.

    Pierre Le Trividic fait partie de la prétendue Ecole de Rouen. Quelques peintures de lui sont ici présentées, qui valent mieux que celles de Frechon et Pinchon, ayant peu à voir avec le style post-impressionniste, plutôt dans la veine expressionniste, sombres à souhait, Pierre Mac Orlan n’est pas loin, mais ce sont surtout ses dessins au trait vif et nerveux qui sont mis en avant dans cette exposition, certains faits pour la presse locale, entre mil neuf cent quatorze et soixante, des portraits de personnages autrefois connus localement et de célébrités de passage dont un beau Foujita, et pas mal de scènes de cirque, de boxe, de rue, de foire, de quai, de cour d’assises, de coulisses du Théâtre des Arts, de lieux mal famés parmi lesquels l’Océanic-Bar, établissement à dames, où est croqué l’intellectuel à lunettes de l’affiche.

    Il ne s’agit pas d’un autoportrait, m’explique le maître des lieux, à qui je demande aussi quel est l’auteur d’une petite sculpture en plâtre montrant une attirante sirène aux prises avec une pieuvre, me faisant penser au Rêve de la femme du pêcheur d’Hokusai. Il s’agit de François-Rupert Carabin, me dit-il, surtout connu pour des meubles à corps de femmes. Maurice Rheims possédait l’un de ses fauteuils.

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    Une autre galerie d’art rouennaise, celle-ci dédiée à l’art contemporain, MAM, que je fréquentais parfois et de moins en moins, est désormais fermée mais annonce qu’elle prépare pour deux mille quatorze un nouveau lieu avec de nouveaux partenaires. L’ancien lieu, rue Damiette, face aux bâtiments à pans de bois détruits par l’incendie de la Cave Royale, est devenu boutique vendant du tissu au mètre.

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