• Exposition Yes Future de Samuel Martin à La Ruche de Sotteville-lès-Rouen

    Dimanche après-midi j’attends le métro à la station Palais de Justice, pas mécontent de le voir annoncer dans huit minutes. A Rouen sous terre, nous sommes encore en deux mille dix, comme l’indique l’inscription promotionnelle sur le quai d’en face : « Une ville pour l’Impressionnisme : Monet Pissarro et Gauguin 4 juin 26 septembre 2010 ».

    Il fait soleil à Sotteville-lès-Rouen lorsque je descends à la station Quatorze-Juillet. Je suis les voies jusqu’à la deuxième à gauche, trouve sur un mur le panneau annonçant La Ruche. Celle-ci est une maison isolée dans un grand parc. Juste à côté se trouve une maison de retraite que l’on devine pour pauvres. Un couple de quinquagénaires entre juste avant moi. La jeune fille qui garde les lieux leur donne un imprimé explicatif. « Désolée, me dit-elle, il n’y en a qu’un ». Je m’en passerai donc pour voir les œuvres de Samuel Martin qui m’ont amené ici. Elles sont tirées de sa série Yes Future.

    Cette Ruche est petite, une salle carrée et une annexe en forme de couloir. J’ai vite fait le tour des dessins au fusain ou au crayon sur toile montrant des nudistes heureux sur fond d’explosions, d’incendies ou de décombres. J’aime ça évidemment, regrettant qu’il n’y ait là que six ou sept tableaux. Dans le fond de l’annexe sont également montrés quatre portraits en plusieurs plans dont les yeux sont remplacés par des petites pâtisseries. Moins de dix minutes après y être entré, je quitte La Ruche. A l’étage de la maison de retraite, des vieilles et des vieux sont avachis devant la télé.

    J’ai une nouvelle fois de la chance. Le métro du retour est annoncé dans huit minutes. Je l’attends en compagnie d’une famille. « Demain, c’est l’école » dit la mère, visiblement soulagée.

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    Bizarrement, l’exposition de Samuel Martin à La Ruche porte pour titre officiel Génériques, qui est celui d’une autre série de l’artiste, inspirée de photos de famille montrant des scènes quotidiennes de l’enfance, sur lesquelles figurent en lettres énormes des injonctions contradictoires Croire Mentir Lutter Obéir etc., série totalement absente ici. Les abeilles de La Ruche se sont un peu mélangé le pollen.

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    Pourquoi cette association La Ruche a-t-elle choisi un endroit paumé pour montrer de l’art contemporain ? Ça ne peut que donner de mauvaises idées à certains. Mettre l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen dans un quartier excentré par exemple.

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