• Faisant connaissance avec une nouvelle guichetière de l’Opéra de Rouen

                Peu à peu, je reprends pied et esprit dans la vie rouennaise tandis que celle que j’avais rejointe outre-Atlantique y est repartie pour quelques jours (elle devait assister à la mise en oeuvre de son travail pour la Nuit Blanche de New York ; celle-ci ayant été annulée, elle emploiera son temps à autre chose).

                Mercredi après-midi, je passe à l’Opéra pour faire le point sur mes réservations de début de saison. L’une des guichetières est au téléphone. L’autre, une nouvelle, s’occupe d’une vieille femme à qui elle apprend avec un air de contentement étrange que pour Caligula c’est complet.

                -Et pour Quelque chose de Carmen, je vais venir avec ma petite fille qui est adolescente, ce n’est pas trop olé olé ? demande la dame

                « Olé olé …pour Carmen », remarque à bon escient celle qui téléphone, avant de lui dire que les danseuses seront en soutien-gorge et que peut-être l’adolescente pourrait être choquée.

                Une adolescente choquée par un soutien-gorge, je trouve ça curieux mais je ne commente pas. Je demande à la nouvelle guichetière (la dame partie en se plaignant qu’à l’Opéra on fasse trop de moderne) si une place s’est libérée pour le concert d’Alexandre Tharaud.

                -C’est complet, me répond-elle avec le même air satisfait.

                Je n’insiste pas, lui demande où je suis placé pour Carmen dimanche après-midi.

                -En corbeille en Emme Trente-Sept, me dit-elle, c’est une bonne place.

                -Oui mais sur le côté, il n’y a pas mieux?

                -C’est complet, me répond-elle. Vous la voulez votre place ou je l’annule ?

                -Ne le prenez pas sur ce ton, lui dis-je, je ne vous ai pas dit que je n’en voulais pas.

                -Je vous l’imprime alors ?

                -Non, je reviendrai vendredi voir ce qu’il en est.

                Je sens que l’année va être difficile.

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                J’ai raté ce qu’on appelle pompeusement la rentrée culturelle rouennaise : les soirées de présentation, les abonnements, etc. Cependant à la lecture du programme des différentes salles de l’agglomération, je constate que je n’ai rien à regretter (Barillet et Grédy en ouverture aux Deux-Rives, plus de chanson au Hangar Vingt-Trois, etc.), d’autant que j’ai réussi à obtenir l’une des dernières places pour Thomas Fersen au Rive Gauche de Saint-Etienne-du-Rouvray.

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                Le ton ridicule avec lequel s’adresse aux branlotin(e)s le réseau des petites bibliothèques de quartier rouennaises : « Tu bouquines… même juste un peu ! Tu aimes les mangas, les bd, les romans ou les docs, nous te proposons de venir échanger en groupe autour de tes dernières lectures et livres coups de cœur. Tu pourras également rédiger des articles sur le blog dédié au projet. Un goûter sera offert ! » Gna gna gna…

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                « Bonjour, m’écrit Laurent Biojoux, Directeur de la Relation Clients chez Orange, vous faites partie de nos fidèles clients Open et nous vous remercions de votre confiance. » Ben non, Laurent, j’ai rendu tout le bazar il y a plusieurs années, ce que je rappelle à ta téléphoniste tous les six mois lorsqu’elle m’appelle pour me proposer de faire de nouvelles dépenses au profit de la maison qui t’emploie.

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                Manif de retraité(e)s, jeudi matin, rue de la Jeanne, arrivant en car et venu(e)s de la campagne comme l’indique leur slogan : « On n’est pas des vaches à lait ».

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