• Intégrale des quatuors de Beethoven par le Quatuor Ysaÿe en concert d’adieu à l’Opéra de Rouen (Trois)

    Dimanche, c’est à onze heures qu’est fixé le rendez-vous à l’Opéra de Rouen pour la première partie de la troisième période des quatuors de Beethoven par le Quatuor Ysaÿe, cadeau d’adieu. Guillaume Sutre (premier violon) vit à Los Angeles, Luc-Marie Aguera (second violon) à Rouen, Yovan Markovitch (violoncelle) près de Paris et Miguel da Silva (alto) se partage entre Paris et Genève. C’est l’une des raisons de la séparation mais pas la principale, comme l’explique Miguel da Silva : « Nous préférons nous arrêter au meilleur de notre jeu. »

    J’ai une place décentrée en corbeille. Aussi je préfère m’installer ailleurs, dans le carré des personnalités, derrière le fauteuil de Robert, Maire. Je le pressens absent mais n’ose quand même pas occuper sa place et je fais bien car arrive Nicolas Mayer-Rossignol, Président de la Région Haute-Normandie, venu en famille. Il discute un peu avec le patron du gratuit Côté Rouen, assis à ma droite. Je reste discret.

    « Comment maintenir l’attention du public sur un tel concert ? » a-t-on demandé à Miguel da Silva. « Je crois que le discours de Beethoven et la concentration partagée sur scène entre interprètes suffisent à capter l’écoute. »

    La démonstration en est faite depuis deux jours et à nouveau ce matin pour l’Opus 127 bien que celui-ci soit troublé encore une fois par une tousseuse qui finit par aller faire entendre sa coqueluche ailleurs. Suit l’Opus 132 au très beau mouvement lent.

    Je rentre déjeuner à la maison puis retrouve au foyer celles et ceux qui l’ont fait sur place, des qui lisent, un qui corrige ses copies, et l’ami Masson cravaté, chose inédite. « Avec toi, c’est une cravate pour un adieu », lui dis-je. Il ne s’agit cependant pas d’enterrer le Quatuor.

    Je retrouve ma place indue. Les quatre font une nouvelle entrée à la Beatles et donnent l’Opus 130 avec la Grande Fugue Opus 133. Un nouvel entracte, puis ce sont l’Opus 131 (« Après cela, que reste-t-il à écrire ? » Schubert) et enfin l’Opus 135. Un nouveau triomphe est au bout de l’effort. En bonus, le Quatuor joue la Deuxième finale de l’Opus 130, écrite par Beethoven à la demande de son éditeur qui trouvait la Grande Fugue trop complexe, comme l’explique Luc-Marie Aguera.

    Après de longues minutes d’applaudissements debout, de vivats, de mercis, les Fab Four quittent la scène and never more.

    *

    Les Quatuors de Beethoven : des mouvements lents qui ne font pas songer à la tristesse, des rapides qui ne font pas songer à la gaîté, une musique qui n’implique pas l’émotion, qui se suffit à elle-même. C’est du moins ainsi que je l’ai reçue.

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