• Ce premier lundi de septembre, nous petit déjeunons de choses à notre disposition dans le studio et de mandarines en boîte. Dehors, il pleut à seaux. Nous sommes à 10.30 a.m. à la Fondation Barnes, munis des précieux billets obtenus la veille (« You’re so so lucky », nous diront Marcia et l’une de ses sœurs à notre retour).

    Le majestueux bâtiment parallélépipédique est tout récent. Il a été inauguré en mai dernier, remplaçant celui situé en banlieue, à Merion. Nous présentons nos sésames et découvrons le luxueux hall pourvu d’immenses fauteuils, les restrooms bois et pierre, le vestiaire discret.

    Nous pénétrons dans la première salle d’exposition et « bam ! », comme dit celle qui m’accompagne, nous voici devant les immenses Poseuses de Seurat, cette vue de son atelier avec trois jeunes jolies modèles nues dedans sur fond de tableaux de l’artiste ; en dessous, l’une des versions des Joueurs de cartes de Cézanne ; sur le mur latéral de gauche, à au moins quatre mètres de hauteur, La Danse, immense fresque de Matisse.

    Le docteur Barnes, riche pharmacien, était un grand fan de Renoir, Cézanne, Matisse, Picasso, Rousseau, Modigliani, et d’autres moins représentés. Les Renoir à la chair rosâtre sont dans toutes les salles, ce qui n’est pas pour nous plaire. En revanche, nous sommes vraiment contents de voir les magnifiques portraits de Modigliani, notamment La jeune fille rousse en robe du soir, de beaux Picasso dont La jeune fille à la chèvre, Arlequins et deux datant de la période bleue dont je ne note pas le titre, et La jeune fille aux bas blancs de Courbet, et un très très beau Toulouse-Lautrec "A Montrouge"–Rosa La Rouge et des tas de Douanier Rousseau petits et grands, et puis Monet Le bateau atelier, des Degas par-ci par-là, quelques grands maîtres des temps anciens (David, Canaletto), sans oublier Pascin. Tout cela reprend l’ancien accrochage de Merion, sans ordre apparent, et du coup, c’est la première fois que l’on voit Miro et Le Tintoret côte à côte.

    Avant de sortir, nous visitons l’exposition du rez-de-chaussée consacrée à Barnes lui-même, qui n’aura mis que dix ans pour constituer sa prestigieuse collection avant de mourir accidentellement, sa voiture ayant heurté un tracteur, une collision dans laquelle même Fidèle son chien périt. Quelques factures sont exposées : deux nus de Renoir 2000 dollars, un Picasso 680 dollars.

    C’est sous une immense drache que nous gagnons Little Pete’s Restaurant pour y déjeuner comme hier. Nous y commandons un Cheese Burger Deluxe et un Salmon Burger avec des French Fries, le tout avec two red wine glasses of course. Une serveuse aussi gentille et attentionnée que celle de la veille s’occupe de nous. Elle passe parfois avec une tapette à mouches fluo pour en abattre une d’un grand coup.

    Aux autres tables, c’est un mélange de jeunes gens qui mangent des pancakes, de vieux très vieux, de gens qui ont de bonnes têtes d’écrivain (une fausse Carol Joyce Oates et un faux Paul Bowles), de blacks bien habillés. Il est même une table où mangent ensemble une Noire, un Jaune et un Blanc. On a le droit à une deuxième ration de café et de thé.

    Comme il pleut moins, on décide d’aller visiter the Old City. On attend donc le bus 33. N’ayant toujours pas de monnaie (sorry no change), on voyage une nouvelle fois gratuitement. Cette vieille ville nous déçoit, beaucoup de monuments grandiloquents, de statues staliniennes, un désordre urbain qui empêche d’accéder au fleuve Delaware.

    Avant de rentrer, nous allons dans un grand magasin pour acheter un vaste sac à dos afin qu’elle puisse diminuer le poids exagéré de sa valise, puis nous revenons chez Marcia and Sisters à pied.

    Le sac à dos posé, nous allons boire un smoothie dans un café d’étudiants de Fairmount Avenue, le Mug Shot, lieu animé dont la radio diffuse Sous les ponts de Paris,

    De retour au sous-sol, nous préparons les bagages en vue du départ pour Pittsburgh. Sa valise est allégée grâce au sac à dos, mais pas assez, et puis au lit sans manger.

    *

    Sur le pignon du London Grill, Fairmount Avenue, une peinture murale copiée d’un original de Giorgio de Chirico représente le Docteur Barnes : « Welcome back to Philadelphia, Dr Barnes ! »

    *

    Barnes est devenu riche en inventant l’antiseptique Argyrol. Comme les Blancs instruits se riaient de son goût pour Cézanne ou Renoir, il n’admit dans un premier temps que les Noirs dans son musée, puis il limita le nombre d’entrées les vendredis et les samedis à cent, ou à cinquante le dimanche, et l’interdit au moins de quinze ans. Après sa mort, au mépris des instructions de son testament, les conditions d’accès se sont assouplies, notamment parce qu’il a fallu trouver de l’argent. On fit même pour cela voyager les tableaux.

    *

    Il y eut ainsi à Paris, au Musée d’Orsay, en mil neuf cent quatre-vingt-treize, une exposition intitulée  De Cézanne à Matisse : Chefs-d’œuvre de la Fondation Barnes, dont je fus l’un des visiteurs.

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  • Le lendemain de notre arrivée à Philadelphie, nous partons de bon matin pour le Musée des Beaux-Arts, lequel ne se trouve pas bien loin de notre chambre d’hôtes de Fairmount Avenue. A l’ouverture, nous y payons un tarif réduit à notre bon vouloir (dix dollars chacun) car c’est le premier dimanche du mois.

    Nous visitons d’abord la section peinture moderne et contemporaine. Tous les noms célèbres sont là, nous y admirons notamment les beaux tournesols de Van Gogh, ne manquons pas de passer par la salle consacrée à Marcel Duchamp, découvrons celle dédiée à Cy Twonbly. Je note le troublant Autoportrait avec sa sœur d’Edouard Vuillard. A l’étage sont les maîtres anciens. Le bâtiment est vieillot et la muséographie aussi : peinture grise pour les murs, éclairage sombre, mélange hétéroclite des tableaux. Il y a peu de monde. Les gardien(ne)s ont la peau noire.

    Au moment de ressortir, nous constatons qu’hélas il pleut. On attend un peu à l’intérieur en grignotant des barres de céréales. De sympathiques sexagénaires québécois veulent savoir d’où l’on vient. Eux ont fait huit heures de bus pour venir ici.

    Sortis sous la pluie qui ne veut pas cesser, on se dirige vers la Fondation Barnes où l’on nous apprend que le nombre de visiteurs autorisés à entrer ce dimanche est atteint. Il aurait fallu réserver des semaines à l’avance. La Maison Barnes a une organisation particulière découlant du fichu caractère de son fondateur et du manque d’espace dans les salles. Heureusement pour nous, la jeune guichetière veut nous être agréable. Elle nous trouve deux entrées pour 10.30 a.m. demain lundi, celles de personnes qui ne viendront pas.

    Du coup nous voici déjeunant à 1 p.m. au Little Pete’s Restaurant, le breakfast lunch dinner de Fairmount Avenue situé au rez-de-chaussée d’un immeuble laid. La serveuse est très aimable avec les étrangers que nous sommes, la clientèle variée (âge, milieu social, couleur de peau). Décidé à être sage aujourd’hui, j’opte, comme elle, pour une salade accompagnée d’une assiette de patates douces frites et d’un verre de chablis. « Everything is good, honey ? » nous demande notre serveuse. Suivent un café et un thé. Il pleut toujours quand nous sortons, nous décidons de rentrer à l’appartement.

    Après une petite sieste d’une heure, la pluie ayant cessé, nous nous baladons dans Fairmount Park, le plus grand des parcs urbains américains, trois mille deux cent cinquante hectares, en longeant la Schuylkill River qui nous ramène en ville dans un paysage de bâtiments faussement romains, de ponts anarchiques, de mobilier urbain laid. Le son du festival Made in America parvient jusqu’ici, des policiers sont avachis sur les bancs. Quand je suis trop fatigué, on rentre chez Marcia et ses deux soeurs par le centre ville en chantant des chansons idiotes des années soixante pour se donner du courage. S’ensuit un léger dîner au rosé, chips, cranberries, figues.

    *

    Fairmount Avenue, presque en face de notre chez nous temporaire, on trouve une fresque murale à la gloire de Noam Chomsky, linguiste et philosophe anarchisant, né à Philadelphie en mil neuf cent vingt-huit. « « The most important intellectual alive » The New York Times », est-il écrit en bas du mur de briques rouges.

    *

    Philadelphia, ville de province, on s’y sent moins bien qu’à New York City. Les camions des éboueurs y ont été confiés à des artistes locaux et sont devenus œuvres de Street Art plus ou moins réussies.

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  • C’est enfin les vacances pour celle que j’accompagne et qui n’en a pas eu depuis plus d’un an, un mois de ville en ville en direction des Grands Lacs par des voies détournées. La première étape doit nous mener à Philadelphia (Pennsylvania).

    Après un dernier petit-déjeuner à Convent Avenue, c’est le départ avec les deux valises. La sienne est extrêmement lourde et la descente des escaliers depuis le floor 3 jusqu’au 1 est difficile. Heureusement ensuite la pente de l’Avenue joue en sa faveur. A la station de métro de la 125ème Rue, une vieille femme allumée bénit notre voyage. « Je suis la mère de Michael Jackson » nous dit-elle.

    L’ascenseur nous descend sous terre. Un C nous emmène à Port Authority 42ème Rue, où se trouve le terminal des cars Greyhound. Nous devons prendre celui de 10 a.m. pour Philadelphie. A l’heure dite, il n’est pas là. Arrive un car Peter Pan, chargé de le remplacer. Nous quittons New York avec une demi-heure de retard.

    Le chauffeur nous met d’office un film de Disney nommé Cars, une stupidité à voitures qui parlent. Le son est horriblement fort. Personne ne proteste et je peste de ne pouvoir le faire. Les voyageurs ont dans les trente ans d’âge moyen. Ils s’évadent avec des images sur les genoux et du son dans les oreilles. Le paysage est sans grand intérêt. On frôle l’aéroport de Newark où celle assise à ma droite est arrivée il y a six mois ; puis ce sont des usines d’électricité, des chantiers d’autoroute, des champs de maïs. Je constate qu’aux USA il est permis de doubler à droite. Au bout de deux heures, des buildings sont à l’horizon, c’est l’apparition de Philly. On y entre en passant par la Chinatown locale puis le car nous dépose à Filbert Street.

    On trouve pas très loin le bus 33 et comme on n’a pas de monnaie le chauffeur nous dit de le prendre sans payer. Un passager nous indique le bon arrêt. Un peu de marche et on sonne à la porte de la chambre d’hôtes de Fairmount Avenue où l’on espère être attendus.

    Une gentille vieille dame prénommée Marcia nous ouvre et nous offre un verre d’eau fraîche puis on descend dans le clair sous-sol de la maison où nous disposons d’un vaste studio. Nous nous y sentons bien, pas du tout enterrés, Plein de petites choses à manger et à boire sont à notre disposition.

    Il est 2.30 p.m quand on sort à la recherche d’un restaurant que nous a indiqué notre hôtesse. Il est fermé, la faute au Labour Day. On en trouve un autre au coin de la 24ème rue et de Fairmount Avenue. Le Bishop’s Cellar est un bar à bières très animé (soccer à la télé) à la clientèle jeune, buveuse et sonore. On nous installe à l’une des rares tables libres. Elle choisit une salade au bacon, fromage et tomate et moi un cheesesteak, la spécialité locale : sandwich avec du poulet et du fromage sauce guacamole et frites. Un café pour moi suit mais ici pas de thé.

    Descendant en ville à pied, on tombe sur le gros festival Made in America, trois scènes et Jay-Z en invité d’honneur. C’est sponsorisé par Budweiser. Des grappes de spectateurs se pressent à l’entrée. Certain(e)s portent des tee-shirts et des shorts en drapeau américain. Les policiers sont partout, dont des pelotons de cyclistes. Une longue rangée de motos impeccablement garées est prête à bondir. De nombreuses rues sont barrées et les fontaines interdites pour éviter les baignades.

    Délaissant cette festivité, nous passons devant le Musée Rodin, la Fondation Barnes et le Convention Centers. Derrière les buildings, qui sont loin d’être aussi beaux que ceux de NYC, sont des arrières rues sales et désertes. On fait une pause sur un banc à Rittenhouse Square où nous mangeons des sundaes au caramel et au chocolat qu’elle est allée chercher dans le voisinage. Il fait très chaud. Une fille propose à des assis comme nous de les dessiner contre quelques dollars. Certain(e)s se laissent convaincre. Surgit un défilé du genre Halloween, étudiant(e)s en goguette et encorné(e)s qu’un vieux veut photographier. Deux filles acceptent mais quand il leur demande de se coucher sur la pelouse, elles le plantent là et il file, l’air un peu honteux. Tout à coup c’est l’alerte maximale. Quatre énormes camions du Philadelphia Fire Departement, barrissant et hululant, se garent devant un immeuble pour une mystérieuse alarme ayant trait au sous-sol. J’ai à peine le temps d’en photographier un qu’ils repartent comme ils sont venus, mais sans tintamarre.

    Avant que nous rentrions, elle trouve le courage de quelques courses. Nous dînons d’un peu de chips, de cranberries séchées et d’excellentes figues confites, accompagnés d’un verre de rosé de Californie et au futon où nous dormons particulièrement bien.

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  • Pour notre dernier jour à Harlem, celle qui m’y accueille est libre de sa journée. Nous nous débarrassons de la corvée du linge sale à l’habituelle laverie puis partons pour l’East Side avec l’envie d’y voir la maison des frères Marx mais d’abord, on déjeune dans un restaurant de la Deuxième Avenue. La serveuse qui s’occupe de notre table est particulièrement mal aimable avec nous. Elle est bientôt recadrée par ses collègues et nous sert avec le sourire un demi poulet accompagné de purée pour moi, une salade de poulet pour elle, un café et un thé.

    La maison de Sam et Minnie Marx, dans laquelle Zeppo, Chico, Harpo et Groucho passèrent leur enfance entre mil huit cent quatre-vingt-quinze et mil neuf cent dix, se trouve au 179 East 93rd Street, à l’angle de Lexington Avenue. Nous en faisons quelques photos puis gagnons Central Park où l’on tourne autour du Reservoir jusqu’à ce que l’on ait trop chaud. Nous nous couchons alors dans l’herbe et faisons un somme parmi les écureuils.

    Au réveil, elle fume une cigarette interdite puis on prend un métro C qui nous ramène à Convent Avenue. C’est le moment de faire les valises et le ménage. La mienne est vite faite. La sienne doit contenir six mois de vie new-yorkaise. Pendant qu’elle s’emploie à tout caser, je glande dans la cuisine à proximité du ventilateur, renonçant pour cause de chaleur excessive à faire une dernière sortie photographique dans Harlem. Quand elle en a fini, le poids de sa valise lui promet quelques soucis.

    Nous prenons un ultime repas dans l’appartement partagé. J’espère ne pas en oublier la chambre et la cuisine à l’allure vieillotte, le long couloir étroit éclairé par un plafonnier qu’on allume en tirant sur une chaînette, les prises électriques antédiluviennes, le mobilier et l’électroménager démesurés, les fenêtres à guillotine, la douche dans la baignoire.

    Ron, le colocataire qui ne faisait que manger et regarder la télé, s’en va aussi demain, retour à Puerto Rico après quatorze ans de présence à Convent Avenue. Pour nous, c’est le début d’un voyage d’un mois en direction des Grands Lacs et les premières vacances depuis longtemps de celle que j’accompagne.

    *

    Les extraits de séries américaines vues par hasard avant d’être dans le pays me laissaient croire que les actrices et les acteurs surjouaient. Pas du tout, c’est ainsi que se parlent les New-yorkais(e)s, avec souvent des voix haut perchées et déplaisantes (il faut bien le dire) chez les femmes, basses et agréables chez les hommes. Se parler à NYC, c’est se regarder dans les yeux.

    *

    Automatismes verbaux : « How are you doing ? », «You’re welcome! », «Enjoy you taste! », «Take care! », «Have a great day! ».

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  • Après un passage à la Poste de la 125ème Rue où je timbre et glisse dans une boîte mes treize cartes postales, je prends le métro D pour aller voir à quoi ça ressemble le Bronx.

    Descendu à Tremont, je remonte Grand Concourse, photographiant une église à demi ruinée et le majestueux cinéma Loews Paradise Theatre. C’est bien comme m’a dit celle qui est allée jusqu’au bout du quartier, assez ressemblant à Harlem mais en moins beau et en plus pauvre. Je suis le seul blanc sur l’avenue et donc le seul touriste. Le soleil est ardent. Au bout d’une longue marche, j’arrive au but que je me suis donné : le parc Poe.

    Son cottage est là à Edgar Allan, entouré de hautes grilles. Hélas, contrairement à ce que prétend Le Guide de Routard, on ne le visite que le samedi et le dimanche, me dit la dame du parc qui a des amis en France et me demande de laisser mon adresse mail sur un cahier. Je fais le tour et des photos de la petite maison blanche puis pars à la recherche de la Little Italy du quartier avec mon plan succinct, sans succès.

    Lassé et épuisé par la chaleur, je déjeune dans un banal restaurant d’un burger encore, suivi d’un café. Avant de repartir, je demande à la serveuse de me montrer où nous sommes sur le plan sommaire du Routard. Little Italy, c’est la première à droite, dans Arthur Avenue. Je découvre une rue animée avec des terrasses et des boutiques comme là-bas, qui contrairement à celle de Manhattan a su garder une certaine authenticité et où j’aurais pu mieux déjeuner.

    Par des rues bordées de maisons assez décaties, je rejoins la station Tremont, prends un C vers Downtown et descends à Yankee Stadium pour voir une autre partie du quartier. Je n’y trouve pas de quoi me retenir, mais y reste un moment, assis sur un banc à l’ombre, sur Grand Concourse.

    Oui, le Bronx c’est moins beau que Harlem, plus récent. Des appartements sont à louer partout. Des maisons sont protégées par des grilles et des barbelés, d’autres charmantes et colorées. Certains habitants semblent fatigués. Tous ceux que je croise sont paisibles, loin de la mauvaise image qui colle à ce quartier. La femme assise à l’autre bout du banc me parle de cigarette. Je crois qu’elle en veut une, lui dis que je ne fume pas. Non, me dit-elle, elle veut simplement s’assurer que la fumée ne me dérange pas avant d’allumer la sienne.

    Je rentre à Harlem, fais une pause à Convent Avenue, puis me rends à 7.30 p.m. devant le restaurant japonais Village Yochoko, conseillé à celle qui me rejoint par un de ses collègues. L’endroit s’avère être un repaire de hipsters bruyant et cher. Du coup, on repart à Chinatown où l’on tente un second restaurant japonais. Celui-là est calme mais tout aussi cher, alors on retourne chez le chinois de sa connaissance où l’on mange les plats typiques avec un verre de vin blanc, sans oublier le tip.

    *

    Fils électriques pendouillant et se croisant, inextricables, rien d’enterré dans le Bronx, comme dans Queens ou Brooklyn.

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  • Par le bus M3, j’arrive à 9.30 a.m., juste pour l’ouverture, au Metropolitan Museum of Art, plus connu sous le nom de Met. Après la fouille de mon sac, je donne vingt dollars au lieu des vingt-cinq suggérés (à soixante-cinq ans, j’aurais eu dix-sept pour suggestion), pose mon sac en consigne, prends un plan en français.

    Cela ne m’empêche pas de m’égarer dans ce Musée qui ressemble en vingt fois plus grand à celui des Beaux-Arts de Rouen, mêmes verrières, mêmes escaliers, mêmes couleurs de murs.

    « I’m lost » dis-je à la première dame d’information trouvée. Elle me remet dans le droit chemin, les Impressionnistes c’est par là. Presque personne dans les salles et tant de chefs-d’œuvre qu’il serait impossible de tout noter, parmi lesquels des Van Gogh époustouflants, Two Tahitian Women le Gauguin vu à Paris en mil neuf cent quatre-vingt-neuf (sa reproduction figurait sur l’affiche du Grand Palais ; celle qui appartenait à mon frère Jacques qui n’est plus est au mur de ma chambre), plein de Degas mais la salle des nus est fermée en raison d’un manque de personnel, des Bonnard, des Monet dont Le Portail (Soleil) qui me permet de revoir la Cathédrale rouennaise, la Mäda Primavesi de Klimt.

    Je trouve Springtime du pompier Pierre Auguste Cot, tableau que m’a recommandé celle qui est passée là avant moi. Il montre une nymphette aux voiles transparents collée à un garçon sur une balançoire. Les gardiens ici sont toujours debout et en alerte, pas question pour eux d’être assis dans un coin comme en France. Un instant, j’ai envie de suivre une visite guidée en japonais. Dans une salle de dessins, j’en sélectionne un de Nicolaus Knüpfer : Interior with Venus Reclining and Cupid Urinating.

    Me repérant mieux sur le plan, je visite les Américains contemporains (Pollock, Rothko, etc.) puis les Européens anciens (Rembrandt, Van Dyck, Giotto, etc.). La salle Botticelli est hélas fermée. Me voici dans les salles de la collection Robert Lehman où se trouve le Balthus Nue devant un miroir, Nude Before a Miror, derrière une vitre hélas, d’où de fâcheux reflets.

    Je retrouve Balthus à l’étage inférieur dans la partie époque moderne avec Thérèse, La Montagne, Thérèse rêvant, Girl at the Window, Lelia Caetani et Pierre Matisse, ainsi que deux Hopper Tables for Ladies et Office in a small city. Un immense Mao est signé Andy Warhol. Je demande à un gardien s’il y a quelque part des œuvres de J.M. Basquiat et de Keith Haring. Nenni.

    Je termine par les salles consacrées à l’art primitif océanien (statues et pirogues démesurées), ayant encore bien d’autres œuvres à voir mais n’en ayant plus la force. Délaissant la cafétéria clinique de l’endroit, je trouve à déjeuner à l’extérieur chez Viand dans une avenue parallèle (soupe de nouilles au poulet, lasagnes à la viande, café resservi) puis vais à Central Park afin d’échapper un peu à la chaleur moite. Assis sur un banc, je regarde passer les sportifs, vélo et course à pied, et les jolies filles, mini short et jupe courte.

    Le soir, elle revenue, nous dînons d’une salade à sa façon avec une bonne bouteille de bordeaux de chez Rothschild.

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  • Grosse pluie au réveil mais qui ne va pas durer. Je classe les photos d’hier puis quand ça s’arrange prends le bus M3 qui m’emmène à Central Park où la pluie s’évapore. Je m’y balade un peu puis grimpe dans le M2 qui me descend dans le Manhattan des affaires et des boutiques chères. L’effervescence est de mise sur la chaussée et les trottoirs. Je déjeune au John’s Cafe d’un burger Deluxe suivi d’un café puis je fais des photos des beaux et hauts bâtiments, parmi lesquels le Chrysler Building.

    Mes pérégrinations m’emmènent à l’angle de la Cinquième Avenue et de West 42th Street, à Bryant Park où sont en nombre des tables et des chaises à disposition. Certains y boivent ou lisent sur des tablettes ou bien consultent leur ordinateur. On y apporte aussi son manger et j’y prends des notes.

    Reposé, j’entre dans la New York Public Library, bâtiment de style Art Nouveau datant de mil neuf cent deux, abritant quatre millions cinq cent mille livres. Je visite, notamment la splendide salle de lecture grande comme un terrain de foot et haute de cinq étages. Il y a, là aussi, celles et ceux qui dorment au lieu d’étudier. Une garde à la sortie s’assure que je n’ai pas fauché de livres.

    Ensuite, je fais une nouvelle balade autour du Chrysler Building. J’entre chez Saks, magasin de luxe où de vieilles femmes voilées à pétrodollars sniffent les parfums de Dior et de Lanvin. Un liftier me conduit à l’étage des chaussures. Des riches oisives y cherchent la paire. Je profite des restrooms assez minables puis redescends par l’escalator.

    Sorti de ce triste lieu, j’entre dans la Cathédrale Saint Patrick, échafaudée dehors et dedans, sans grand intérêt hormis les rangées de bancs en bois bien solides, puis pénètre dans l’hôtel Waldorf Astoria où l’on s’ennuie en buvant chèrement au rez-de-chaussée art déco. J’entre dans un ascenseur, appuie au hasard sur un numéro de chambre et me retrouve dans un couloir luxueux mais sans vue sur l’extérieur. J’y croise des résidents polis. Je redescends à l’aveuglette par un autre ascenseur, arrive au troisième niveau et termine par un escalier de service miteux dans lequel je côtoie l’un du staff qui ne me demande rien. Je sors de là au plus vite sans regarder les photos des célébrités ayant dormi dans le palace.

    Le soir, à Convent Avenue, après la dînette Martini, légumes crus trempés dans petite sauce, j’écris mes cartes postales pendant qu’elle tente de faire des crêpes pour sa party d’adieu.

    *

    Dans la vitrine de Saks, une œuvre de Yayoi Kusama à la gloire de Louis Vuitton. La dame a beau vivre dans un hôpital psychiatrique, elle n’en a pas moins le sens des affaires.

    *

    Près de la NY Public Library, un volubile juif hassidim, comme on en voit partout en ville, baskets aux pieds, téléphone à l’oreille.

    *

    Autres caractéristiques new-yorkaises : les promeneuses et promeneurs de chiens de toutes marques sans jamais se mélanger les laisses, les béquilles prenant appui sous le bras, les auvents déroulés et enroulés à la manivelle.

    *

     Où que l’on soit des pauvres qui s’activent à récolter dans les poubelles les bouteilles en plastique qu’ils mettent dans d’énormes sacs transportés ensuite je ne sais où, souvent à vélo (une fois une Chinoise à rollers).

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  • Après une matinée à Convent Avenue où heureusement le Mexicain gérant la colocation ne passe pas (s’il m’y trouvait il exigerait un supplément de loyer), je déjeune au Gramercy sur la Troisième Avenue d’un cheese burger Deluxe avec frites françaises suivi d’un café resservi.

    A la sortie, je suis surpris par une drache de fou, chaude et venue de je ne sais où. Je m’abrite au plus vite sous l’avancée d’une résidence dont le gardien cinq minutes plus tard déploie un tapis de sol à l’intérieur afin que s’essuient les pieds les résident(e)s. Ciel noir, tonnerre, cela dure un certain temps. Lorsque l’auvent est traversé, je suis obligé d’ouvrir mon parapluie. Le calme revenu, je prends le métro L, puis le E qui mène à l’emplacement du défunt World Trade Center.

    Il pleut encore un peu à la sortie. J’entre dans Saint Paul’s Chapel qu’entoure un vieux cimetière. En raison de sa proximité avec Ground Zero, cette petite église, la plus ancienne de la ville, où Washington célébra sa nomination comme premier Président des Etats-Unis, fut transformée en centre de repos pour les sauveteurs puis les ouvriers du déblaiement. On y voit une tenue de pompier momifiée par la cendre et un banc marqué des traces des sauveteurs qui venaient s’y reposer. Dans le cimetière est installée une big cloche offerte par la ville de Londres et qui sonne chaque onze septembre. La pluie cesse. Je fais des photos de tombes romantiques et moussues sur fond de tours en construction aux sommets disparaissant dans la brume.

    Il est temps d’aller retirer le ticket pour le 9/11 Memorial que m’a réservé par Internet ce matin même depuis son lieu de travail celle qui est venue là avant moi. J’entre mon code dans la machine et en obtiens le droit d’y pénétrer à 3 p.m. Comme le ciel bleu et le soleil sont revenus et dans la crainte d’une nouvelle averse, j’anticipe un peu sur l’horaire avec l’accord d’un garde et, précédé d’une famille musulmane, passe les contrôles.

    Me voici dans le jardin au bord d’un des deux bassins monumentaux à chutes d’eau de neuf mètres de haut situés à l’emplacement exact des Twin Towers. Ce Mémorial est l’œuvre de l’architecte Michael Arad et du paysagiste Peter Walker. Parmi les visiteurs, bien sûr des Français. « T’as vu cette piscine de ouf », entends-je malheureusement.

    Je fais des quantités de photos, notamment des noms des morts (« des disparus » ici serait correct) inscrits en lettre évidées dans le métal autour des deux bassins. L’orage récent y a déposé des larmes de pluie, des mains anonymes des roses parfois. Des gardes et des policiers veillent, aidés par des caméras. Ils invitent à se relever ceux qui s’allongent sur les cubes de pierre destinés à s’asseoir. L’endroit est paisible, la plupart des visiteurs restent agglutinés autour du premier bassin. Le chantier des deux nouvelles tours bat son plein juste à côté, ainsi que celui du futur Musée. Parfois on entend le bruit d’un avion dominant celui des cascades.

    Rhondelle Cherie Tankard, Kum-Kum Girolamo, Julie Lynne Zipper, John Jack Andreacchio, Takashi Kinoshita, Alexis Leduc, Emy De La Peña, Richard James Stadelberger, Ruth Sheila Lapin, Jacqueline Donovan, Shashikiran Lakshmikantha Kadaba, Bridget Ann Esposito, Loretta Ann Vero, Robert Clinton Kennedy, Alan Charles LaFrance, Sadie Ette, Victor Hugo Paz, Lionel Geronimo Morocho Morocho, Edward Joseph Papa, Geoffrey W. Cloud, André Bonheur Jr., que faisaient-elles, que faisaient-ils au World Trade Center le matin du onze septembre deux mille un ? Certain(e)s étaient peut-être dans les avions. Je me surprends à leur imaginer des personnalités attachantes alors que je ne supporte pas les vivant(e)s autour de moi.

    L’une des disparues avait le même prénom (rare) que ma fille. Je reste un long moment à l’ombre des chênes blancs, regardant celles et ceux qui se font photographier près du Suvivor Tree, un poirier qui s’en est sorti vivant.

    Vers cinq heures, le métro 1 me conduit à Canal Street. De là, à pied, je me dirige vers le quartier chinois, hélé en chemin par des blacks qui vendent des produits illicites. J’achète des cartes postales dans une boutique de souvenirs chinoise. Puis ne sachant où boire, je repasse la frontière de Chinatown et trouve une gargote latino où je  m’assois devant un Coca glacé en attendant l’heure de mon rendez-vous avec celle dont c’est la dernière semaine de travail à NYC.

    Quand elle arrive à l’habituel corner (Centre et Walker), nous allons dîner dans un bon restaurant chinois qu’elle connaît et où elle est connue. Le patron est heureux de parler français avec nous. Au moment de payer, pensant que le service avait été autoritairement inclus dans l’addition, je ne laisse rien. Le serveur s’en étrangle d’indignation. Ce que j’avais pris pour le tip était le prix du riz.

    *

    Aussi parmi les noms du 9/11 Memorial : Silvia San Pio Resta and her unborn child, Dianne T. Signer and her unborn child.

    Sur les panneaux: « Visitors are invited to touch the Memorial Name Panels».

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  • Au matin du dimanche, nous quittons l’appartement au moment où une équipe de déménageurs latinos emportent les cartons de celui qui s’en va bientôt à Porto Rico et nous descendons jusqu’à Battery Park par le métro 1. Là, nous prenons l’immense et beau bateau orange qui emmène à Staten Island, le quartier le moins connu de NYC. A son bord, des touristes qui ne feront que l’aller et retour et des habitant(e)s du lieu qui semblent pressé(e)s de rentrer..

    La traversée est tranquille avec vue sur Manhattan s’éloignant et Liberty Island à bâbord. On met le pied à terre vers onze heures a.m. et on se rend vite compte qu’il n’y a pas grand-chose à faire sur cette île dortoir où se trouvait la plus grande décharge urbaine du vingtième siècle (laquelle fut rouverte en deux mille un pour y déposer les débris des Twin Towers).

    Grosse chaleur oblige, nous trouvons refuge près d’un ventilateur dans le seul restaurant breakfast lunch dinner visible, un endroit qui a dû connaître des jours meilleurs. Une gentille serveuse s’occupe de nous. Peu de clients en ce jour dominical : un père et son fils, une famille, des isolés au comptoir. Comme set de table, nous avons le trombinoscope des Présidents des Etats-Unis, ce qui nous permet de réviser l’histoire du pays en attendant l’arrivée des plats (quatre assassinés dont Lincoln et Kennedy, d’autres morts à la tâche, plusieurs démissionnés). Celle que j’accompagne a choisi un wrap hot and spicy chicken with red beans cajun avec des chips et moi un black and blue cheese burger cajun avec des pâtes froides et des french fries. C’est bon et suivi d’un café et d’un thé.

    Après le repas, nous nous promenons au bord de l’eau observant les gros bateaux, dont un porte-conteneurs, avec une belle vue sur la Liberté, Lower Manhattan et New Jersey. Il fait de plus en plus chaud, on fait des photos.

    Pour le retour, nous nous plaçons à tribord afin de profiter de la meilleure vue, d’où moult nouvelles photos, notamment à l’approche de Lower Manhattan avec ses deux tours en construction.

    Arrivés à Battery Park, on se balade le long de l’Hudson avec une pause salade de fruits, clafoutis, bouteille d’eau fraîche. On regarde les promeneurs du dimanche. Un homme passe portant une pancarte « Jesus ».

    Au retour à Convent Avenue, c’est la dînette Martini salade glace, puis on ressort pour faire le tour du New York City College pendant que tombe la nuit. Un jeune homme black nous voyant hésiter à un carrefour s’adresse à nous « Hey guys, are you ok ? », prêt à nous venir en aide en cas de besoin.

    Revenus dans l’appartement, elle me montre le livre trouvé chez un bouquiniste de la ville This is New York de Miroslav Sasek tandis que je dégoutte de sueur. Le ventilateur posé sur la table de la cuisine me rafraîchit enfin.

    *

    Le plus que centenaire Staten Island Ferry est gratuit et navigue vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

    *

    Une famille black pique-nique régulièrement sur le trottoir de Convent Avenue, immenses barbecues, musique à fond, table, fauteuils. C’est un salon à ciel ouvert. La Police n’y trouve rien à redire.

    *

    Embêtant d’avoir à écrire qu’une famille ou un jeune homme sont de peau noire, alors que pour les blancs la précision n’est pas de mise.

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  • Après avoir longuement attendu que Ron, le colocataire en voie de déménagement, libère la douche pour prendre la nôtre, nous allons une nouvelle fois à la laundry. Les télés sont branchées sur les infos continues qui ressassent le Midtown Shooting de la veille. Un type licencié a tué son collègue en pleine rue du côté de l’Empire State Building. Les NYPD l’ont buté mais des passant(e)s ont reçu des balles. Il semble qu’il y ait eu des problèmes de coordination entre les services. On se réjouit de n’être pas passés par là au moment où les balles sifflaient.

    Cette lessive rondement menée et rangée dans la commode et le placard, nous descendons à pied la rue d’Amsterdam qui bientôt remonte. Il s’agit de découvrir Columbia University où ont étudié Jack Kerouac, J.D. Salinger, Paul Auster et Barack Obama sans oublier une tripotée de prix Nobel mais impossible d’entrer dans les locaux, nous dit une vigile. Nous poursuivons jusqu’à la Cathédrale Church of Saint John the Divine, énorme bâtiment bizantino-gothique en construction depuis mil huit cent quatre-vingt-douze. C’est la troisième plus grosse église du monde après Saint-Pierre-de-Rome et Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. La fin des travaux est prévue pour deux mille cinquante mais on y trouve déjà des toilettes. Je crois bien que c’est la première fois que je fais pipi à l’intérieur d’une église.

    Il est l’heure de chercher un endroit où déjeuner. On le trouve un peu plus bas de la rue d’Amsterdam, une gargote latino où nous commandons, elle une salade du chef, moi du porc grillé avec des bananes flambées. Hormis nous deux, la clientèle ne se compose que de latinos. Beaucoup d’hommes seuls et quelques grosses femmes mangent au comptoir. Certain(e)s viennent chercher des repas à emporter. Un grand black en livre aussi. Nous terminons par un thé et un café.

    Après le repas, nous rejoignons à pied Riverside Park au bord de l’Hudson. Assis sur un banc d’où l’on voit en contrebas la rivière, on regarde le monde qui passe, cyclistes, coureurs à pied, etc. Des jolies filles se font bronzer en maillot de bain, des NYPD passent, des écureuils font leur apparition, pas farouches. Je fais des photos d’elle avec ces petites bêtes.

    Au retour, nous dirigeant vers Convent Avenue, nous passons devant Riverside Church, haute bâtisse inspirée de Chartres, sise dans Claremont Avenue. C’est jour d’enterrement et sonne le glas. Trois interminables limousines noires stationnent devant l’église, dont l’une pour le défunt. Nous faisons des photos de la famille noire en deuil puis des courses à la pharmacie du coin, une supérette où l’on trouve aussi des médicaments. Après un achat de vin et de Martini dans une boutique spécialisée, je passe à la banque puis nous nous séparons. Fatigué par la chaleur, je rentre directement à l’appartement et elle va à l’épicerie de proximité d’où elle revient avec un pot de glace.

    La soirée se passe à Convent Avenue avec une bouteille de sauvignon chilien bien bon.

    *

    Eglises, Cathédrale, construites à la manière européenne ancienne mais ratées, problèmes d’échelle, lourdeur. Fake. Riverside Church a le plus gros carillon du monde, soixante-quatorze cloches, dont l’une est la plus lourde du monde : vingt tonnes.

    *

    Sur une fenêtre de Claremont Avenue, au-dessus d’un climatiseur : « Baby sleeping inside. Please be quiet and no smoking. Thank you! »

    *

    « It’s the law, clean up after your dog” concision de l’anglo-américain.

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