• Journal du voyage en Amérique du Nord (12) : lundi vingt août deux mille douze, New York City (Harlem, Lower Manhattan, Central Park)

    Elle partie à son labeur, c’est lundi, je rejoins à pied la ligne Un du Subway, passant devant la vraie « Eglise de Dieu » à la façade décrépite puis frôle les véhicules anti-émeutes de la NYPD. J’ai envie ce matin de photographier et fais de nombreux clichés (comme on disait autrefois) de la station aérienne métallique (125 St). Le métro m’emmène dans le bas de Manhattan, à Battery Park, où je sors une nouvelle fois mon appareil. New York est une ville terriblement photogénique, la petite église nichée entre deux buildings, l’entassement d’immeubles façon Hundertwasser, les tours en construction à Ground Zero, je ne me lasse pas d’appuyer sur le déclencheur.

    Je longe ensuite l’Hudson River considérant de loin Liberty Island et Ellis Island où j’étais avec elle hier.

    Vers 11.30 a.m., je me lance dans la recherche un peu laborieuse d’un restaurant que je finis par trouver dans la Neuvième Avenue. J’y mange assez mal, un chicken fried with french potatoes accompagné d’un verre de Coca offert par la maison et suivi d’un café renouvelé.

    Par le transport en commun, je rejoins ensuite le bucolique Central Park, rectangle bien plus grand que je ne l’imaginais. J'y fais le tour du réservoir Jackie Onassis, vaste plan d’eau avec jet façon Léman, où l’on est prié de suivre le sens indiqué sur les panneaux, « Walk or run this direction », ce que beaucoup ne font pas, mais moi si.

    C’est là que s’entraînait Dustin Hoffman dans Marathon Man et ça fait beaucoup marcher, deux kilomètres cinq sous le soleil, et sans banc pour s’asseoir. Je suis cuit quand j’arrive au bout et me demande comment font celles et ceux qui se démènent en tapant dans des balles de tennis sur la quinzaine de courts en contrebas.

    Je rentre me rafraîchir à Convent Avenue dont l’étroit couloir est encombré par les cartons du colocataire qui doit déménager un jour ou l’autre et qui, depuis qu’il ne travaille plus, reste enfermé dans l’appartement, passant le temps à regarder des films d’horreur et à manger toutes les six heures, pizzas soda et cætera.

    Quand celle que j’attends arrive de son travail, c’est apéritif, et good salade avec verres de bordeaux puis nous explorons un peu Harlem by night côté East River rencontrant cafards, rats et filles excitées.

    *

    Central Park : écureuils, gros papillons, pigeons roux, moutards de centres de loisirs encadrés par leur staff, policiers qui patrouillent en triporteur électrique, conversations : « Really ? » « Sure » « Oh, my God ! » «That’s true ».

    *

    « La population de Harlem a beaucoup de mal à survivre dans des immeubles envahis par des squatteurs, dégradés ou à l’état de ruine. Nous vous déconseillons d’y aller seul ou même en petit groupe. La discrétion et la prudence s’imposent ; elles sont non seulement un signe de respect mais une nécessité dans un lieu où la sécurité est pour le moins aléatoire. » Ainsi s’exprimait Le Guide Bleu en mil neuf cent quatre-vingt-quinze.

    Autre temps, autre Harlem.

    Partager via Gmail Yahoo!