• Journal du voyage en Amérique du Nord (21) : mercredi vingt-neuf août deux mille douze, New York City (Metropolitan Museum of Art)

    Par le bus M3, j’arrive à 9.30 a.m., juste pour l’ouverture, au Metropolitan Museum of Art, plus connu sous le nom de Met. Après la fouille de mon sac, je donne vingt dollars au lieu des vingt-cinq suggérés (à soixante-cinq ans, j’aurais eu dix-sept pour suggestion), pose mon sac en consigne, prends un plan en français.

    Cela ne m’empêche pas de m’égarer dans ce Musée qui ressemble en vingt fois plus grand à celui des Beaux-Arts de Rouen, mêmes verrières, mêmes escaliers, mêmes couleurs de murs.

    « I’m lost » dis-je à la première dame d’information trouvée. Elle me remet dans le droit chemin, les Impressionnistes c’est par là. Presque personne dans les salles et tant de chefs-d’œuvre qu’il serait impossible de tout noter, parmi lesquels des Van Gogh époustouflants, Two Tahitian Women le Gauguin vu à Paris en mil neuf cent quatre-vingt-neuf (sa reproduction figurait sur l’affiche du Grand Palais ; celle qui appartenait à mon frère Jacques qui n’est plus est au mur de ma chambre), plein de Degas mais la salle des nus est fermée en raison d’un manque de personnel, des Bonnard, des Monet dont Le Portail (Soleil) qui me permet de revoir la Cathédrale rouennaise, la Mäda Primavesi de Klimt.

    Je trouve Springtime du pompier Pierre Auguste Cot, tableau que m’a recommandé celle qui est passée là avant moi. Il montre une nymphette aux voiles transparents collée à un garçon sur une balançoire. Les gardiens ici sont toujours debout et en alerte, pas question pour eux d’être assis dans un coin comme en France. Un instant, j’ai envie de suivre une visite guidée en japonais. Dans une salle de dessins, j’en sélectionne un de Nicolaus Knüpfer : Interior with Venus Reclining and Cupid Urinating.

    Me repérant mieux sur le plan, je visite les Américains contemporains (Pollock, Rothko, etc.) puis les Européens anciens (Rembrandt, Van Dyck, Giotto, etc.). La salle Botticelli est hélas fermée. Me voici dans les salles de la collection Robert Lehman où se trouve le Balthus Nue devant un miroir, Nude Before a Miror, derrière une vitre hélas, d’où de fâcheux reflets.

    Je retrouve Balthus à l’étage inférieur dans la partie époque moderne avec Thérèse, La Montagne, Thérèse rêvant, Girl at the Window, Lelia Caetani et Pierre Matisse, ainsi que deux Hopper Tables for Ladies et Office in a small city. Un immense Mao est signé Andy Warhol. Je demande à un gardien s’il y a quelque part des œuvres de J.M. Basquiat et de Keith Haring. Nenni.

    Je termine par les salles consacrées à l’art primitif océanien (statues et pirogues démesurées), ayant encore bien d’autres œuvres à voir mais n’en ayant plus la force. Délaissant la cafétéria clinique de l’endroit, je trouve à déjeuner à l’extérieur chez Viand dans une avenue parallèle (soupe de nouilles au poulet, lasagnes à la viande, café resservi) puis vais à Central Park afin d’échapper un peu à la chaleur moite. Assis sur un banc, je regarde passer les sportifs, vélo et course à pied, et les jolies filles, mini short et jupe courte.

    Le soir, elle revenue, nous dînons d’une salade à sa façon avec une bonne bouteille de bordeaux de chez Rothschild.

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