• Journal du voyage en Amérique du Nord (4) : dimanche douze août deux mille douze, New York City (Wall Street et party)

    Dimanche matin, au lieu d’essayer comme des touristes d’assister à une messe gospelisée, nous nous baladons dans Harlem en remontant Convent Avenue, qui est l’une des rares diagonales de New York City, et nous attardons entre les bâtiments du New York City College, « gigantesque et étonnant complexe architectural » (comme dit Le Routard).

    Cette université construite dans le style néogothique fut le premier établissement supérieur public et gratuit des États-Unis et un vivier de Prix Nobel en physique, chimie, médecine et économie. Elle est l'œuvre de l'architecte George Browne Post. Il doit faire bon y étudier.

    A l’heure du déjeuner, celle que j’accompagne m’emmène sur Lenox Avenue chez Jacob’s, un self renommé qui vend ses plats au poids (environ dix dollars le kilo). On y est tôt et c’est tant mieux car c’est petit et vite plein, notamment de Français l’adresse est dans le Guide du Routard, un inconvénient que fait oublier la good soul food. Un musicien y installe son matériel mais nous partons avant qu’il ne joue pour faire une sieste à Convent Avenue, rafraîchis par le ventilateur.

    Dans l’après-midi, on prend une citronnade quelque part, pas très loin de Wall Street que l’on va ensuite voir de près. Elle me photographie devant le Stock Exchange orné d’un immense drapeau étoilé. Contre le mur du cimetière voisin sont avachis une dizaine de jeunes gens, ce qu’il reste du mouvement Occupy Wall Street.

    Le soir venu, invitée dans une party, elle m’y entraîne. Cela se passe à la frontière de Chinatown dans le bâtiment où elle travaille, à l’étage au-dessus de son agence. Un ascenseur nous dépose directement à intérieur de l’atelier dans lequel on fête l’anniversaire d’un collaborateur dans la demi obscurité et le bruit généré par un didjai. Le boss de l’endroit salue celle que j’accompagne. Je lui explique que je parle un « very bad english ». Il me répond qu’il peut parler anglais avec un accent français. Il y a là filles et garçons plutôt jeunes et de la mouvance hipster. On y boit des vodkas orange en mangeant des toasts végétariens. Nous discutons avec une grande photographe qui travaille en free lance avec les gens d’ici et ceux du dessous. Elle boit trop et s’avérera dangereuse quelques jours plus tard lorsqu’elle accusera l’un de ses employeurs de harcèlement sexuel, l’une des pires choses qui puisse arriver à un Français aux Etats-Unis. Quand se présente celui pour qui la fête est organisée, on regarde sur un immense écran un film publicitaire qu’il vient de réaliser et le boss fait un discours dans lequel il explique combien il est heureux de travailler avec lui et joyeux anniversaire. Un immense gâteau crémeux apparaît, dont nous mangeons une tranche à la vodka orange, puis nous prenons l’escalier. Elle me montre le toit où elle fume clandestinement lorsqu’elle travaille. D’autres y sont, dont le gardien de l’immeuble qui craint d’être repéré par son employeur et nous confine dans un coin. Une partie de New York brille autour de nous. Je ne sais pas très bien où je suis.

    *

    Il me faut un peu de temps pour me mettre NYC en tête. Pourtant son plan est des plus simples. La ville ressemble à un appareil génital masculin, avec Manhattan comme grosse queue (dont Harlem est la base), Brooklyn est la couille bien ronde et le Bronx en figure les poils pubiens, comme l’a remarqué et dessiné je ne sais qui, image trouvée sur le réseau social Effe Bé.

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