• Journal du voyage en Amérique du Nord (40) : lundi dix-sept septembre deux mille douze, Chicago, Illinois (Millennium Park, South Loop Club, Harlem, Garfield Park)

    Après un bon petit déjeuner frisquet sur le balcon, nous partons vers South Loop avec l’envie de retrouver la sculpture de Miro mal vue la veille pour cause de fatigue. Nous nous arrêtons au niveau de ce qui ressemble à un bâtiment signé Frank Gehry et découvrons une structure organique ultra réfléchissante vraiment belle et photogénique, le Cloud Gate d’Anish Kapoor. Le bâtiment voisin est bien de Gehry, c’est un immense théâtre de plein air, le pavillon Jay Pritzker. Nous sommes dans Millennium Park, partie de Grant Park, où nous faisons moult photos de notre reflet sur le Cloud Gate et de l’architecture en copeaux de Gehry sur fond des plus beaux gratte-ciel.

    Celle qui m’a amené en Amérique achète un briquet puis nous piquons à l’intérieur de la ville à la recherche de la sculpture. On se perd. On s’épuise. On la trouve finalement. Puis on cherche longuement de quoi faire une pause et on tombe sur un autre Billy Goat. Nous y prenons un thé et un café pas bon en terrasse puis cherchons où déjeuner, nous heurtant à des restaurants de chaînes peu tentants.

    Nous retournons, faute d’autre choix, au South Loop Club où l’on nous installe en terrasse. L’ambiance sonore est confiée au chantier du futur lycée voisin. J’opte pour un BBQ ½ Rib et elle choisit une Grilled Chicken Salad, avec deux verres de chardonnay. Las, ma viande, c’est surtout de l’os (quand on demande à la serveuse de quelle viande il s’agit, elle ne sait pas nous répondre), la salade semble être en plastique et est parsemée de poulet caoutchouteux et les Sweet Potatoes Fries (en supplément, un dollar) sont quasiment inexistantes. Le café ne rattrape pas l’affaire, c’est du jus de chaussettes.

    Fort déçus, nous prenons au hasard la Red Line, mais comme elle s’avère souterraine nous en descendons une station plus loin et grimpons dans la Orange, faisons un tour de Loop, puis prenons la Green vers Harlem, ce qui nous fait refaire un tour de Loop.

    Harlem est un quartier bourgeois à jolies maisons. Nous y commandons une limonade en terrasse au seul café ouvert à un corner. La serveuse est épouvantable. Elle commence par renverser de la limonade sur mon pantalon et n’apporte pas de quoi essuyer. Quand on réclame, elle nous donne le vieux chiffon qui lui sert à essuyer les tables, puis nous demande avec insistance si on veut du gâteau, puis revient nous demander si on veut une autre limonade, puis nous apporte l’addition, puis vient voir si on a payé. Quand on se décide à partir, on lui laisse vingt pièces d’un centime en tip.

    Nous reprenons le métro et nous arrêtons à Conservatory Central Park Drive pour aller nous relaxer dans Garfield Park, un jardin public paisible et gratuit que l’on atteint après avoir traversé d’immenses serres tropicales. Nous y sommes presque seuls sur un banc au soleil. Au loin, un couple de garçons fait des photos. Un peu plus tard, l’un d’eux nous propose de nous photographier alors que nous jouons dans une pièce emplie de blancs ballons de baudruche. Il est steward et parle un excellent français appris à Nantes.

    La Green nous ramène dans le Loop à State & Lake. Nous y faisons quelques courses, un réveil, de quoi manger le soir, puis at home. Nous avons l’un et l’autre besoin de nous reposer, aussi nous installons-nous sur le balcon pour l’apéritif, mais nous sommes très vite délogés par une grosse drache. Derrière les baies vitrées de notre vingtième étage, nous regardons les énormes nuages noirs encercler la ville.

    *

    De là-haut, j’assiste le matin à la remise en route des transports en commun. Lignes de bus, lignes de métro et lignes de train alternent, toutes parallèles, de la périphérie à Downtown. Ne peuvent se rencontrer que celles et ceux qui habitent sur une même ligne droite.

    *

    Je considère également du haut du balcon l’autoroute en esse où la circulation jamais ne cesse. Un jour, le flot des voitures et des camions a commencé à couler. Il se perpétue jour et nuit. J’essaie d’imaginer le jour où il s’arrêtera, à la suite de quel drame.

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