• Journal du voyage en Amérique du Nord (46) : dimanche vingt-trois septembre deux mille douze, Toronto, Ontario (Eggsmart, lac Ontario, Imperial Pub Library)

    Après un petit-déjeuner composé de bagels confiture et bananes, pris dans la cuisine semi enterrée où nous côtoyons une voyageuse solitaire qui a dormi dans une chambre minuscule, nous partons à la recherche de l’Office de Tourisme. Nous n’avons aucune documentation sur la ville, pas même un plan. L’autochtone ne semble pas connaître ce service, mais nous le trouvons quand même. Il n’ouvre qu’à onze heures. Pour se protéger du froid glacial, nous entrons dans un centre commercial dont une partie est souterraine. Nous y buvons un café, assis à l’une des tables d’une immense salle entourée de restaurants de toutes les cuisines du monde. Certains mangent déjà chinois et japonais bien qu’il ne soit que dix heures quarante-cinq.

    A l’Office de Tourisme, nous récupérons plein de documentation touristique, tout en anglais, rien en français. Après avoir erré dans des rues sans grand intérêt, nous entrons un quart d’heure avant midi chez Eggsmart, Bay Street, un lieu très fréquenté par la population locale. J’y commande un big breakfast à l’américaine : œufs brouillés, jambon, saucisses, toasts, pommes de terre et pancakes. Celle que j’accompagne se contente d’un sandwich salade. Ce qui me semblait bon dans l’assiette des voisins me déçoit. C’est davantage nourrissant que goûteux. Le café et le thé sont à volonté.

    Nous prenons ensuite, comme la veille, la direction du bord du lac. Nous nous y promenons, trouvant des abris de fortune quand il tombe de courtes averses. Arrivés à une plage quelque peu artificielle, nous profitons de chaises longues d’où nous admirons les décollages et les atterrissages sur l’aéroport situé dans l’île en face, le Toronto City Centre Airport, les avions frôlant l’eau. Comme il fait toujours froid, la deuxième partie de l’après-midi se passe dans notre chambre.

    Le soir venu, nous ressortons et nous trouvons devant le même problème que la veille : chez Fran’s, c’est complet et les autres bars ne nous conviennent pas. Notre errance nous conduit vers le faux Times Square derrière lequel nous dénichons l’Imperial Pub Library. Cet établissement ne paie pas de mine mais à l’intérieur c’est chaud et agréable : un grand comptoir circulaire incluant un aquarium, des tables et une moquette désuètes, plein de livres inintéressants dans des bibliothèques, un billard, des fauteuils et tables basses par-ci par là, de la musique de crooners des années quarante et cinquante et une clientèle à l’allure sympathique de tout âge et tout genre buveuse essentiellement de bière. Les garçons et les filles de salle sont à l’avenant.

    Nous passons là un bon moment avec un demi-litre de chardonnay du pays et un panier de sweet potatoes fries.

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    Après la beauté architecturale de Chicago, Toronto nous paraît fade, dont les buildings sont sans charme et les bâtiments administratifs disneylandiens, tout cela dominé par la CN Tower, tour de radio et de télévision de cinq cent cinquante-trois mètres trente-trois de haut, en forme de seringue.

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    Le dollar canadien n’est qu’une pâle copie de celui de son voisin. Il vaut quasiment la même chose mais a l’air faux. On pourrait croire qu’il est fait pour jouer au Monopoly.

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