• Journal du voyage en Amérique du Nord (48/1) : mardi vingt-cinq septembre deux mille douze, Niagara Falls, Ontario (The Secret Garden Restaurant, Maid of the Mist)

    Ce jour est celui des chutes du Niagara. Nous nous levons à 5.45 a.m., prenons un petit-déjeuner agrémenté d’un jus d’orange et filons à la gare routière. Nous grimpons dans le car Greyhound qui mène à la mondialement connue Niagara Falls, petite ville de quatre-vingt-cinq mille habitants. Au début, le paysage se compose essentiellement de banlieues puis il devient très beau avec vue sur lacs ou marécages des deux côtés de la route et peu avant l’arrivée sur les vignes en coteaux qui produisent le vin local. Il fait beau.

    A Niagara, plutôt que prendre la navette, nous choisissons de marcher pendant trois kilomètres le long de la rivière en côtoyant une route où passent assez peu de voitures. Sur notre gauche, en contrebas, la rivière bordée d’arbres coule assez paisiblement. Sur notre droite, de l'autre côté de la route, se succèdent les maisons cossues dont beaucoup proposent le B&B. A mesure que l’on s’approche des chutes s’amplifie leur grondement. On aperçoit depuis un moment le nuage de vapeur qu’elles dégagent. Il est 11.30 a.m. lorsque l’on touche au but et l’on se dit qu’il serait judicieux de déjeuner avant d’aller y voir plus près. Le Secret Garden nous accueille en terrasse sous le soleil, d’où nous avons belle vue sur les chutes au loin. Un concert de carillon en provenance de la mairie voisine salue notre présence. On y entend notamment Autumn Leaves, chanson de l’amour qui n’est plus. Pour elle, ce sera un veggie burger et pour moi un cheese burger accompagnés d’un demi-litre de vin rouge du Niagara (bénédiction de la nature due au microclimat local), un thé un café, c’est parfait.

    Il est temps de s’approcher. Le spectacle est magnifique, d’abord celui offert par les American Falls puis celui des vraies chutes du Niagara, côté Canada, en fer à cheval. D’en haut, nous observons les allers et retours des bateaux s’approchant au plus près des deux chutes avec à leur bord des visiteurs transformés en Schtroumpfs par un imperméable en plastique bleu. Je demande à celle que j’accompagne si elle a envie de cette visite in situ. Elle me dit que non, mais en fait ce qu’elle refuse c’est que je paie car, tout à coup, à l’approche du guichet, elle décide de dépenser ses dernières économies dans cette expédition aventureuse.

    J’ai bien du mal à enfiler l’imperméable bleu. Elle vient à mon secours et nous embarquons sur le Maid of the Mist, Schtroumpfs parmi les Schtroumpfs. Le bateau s’approche d’abord de la chute américaine puis met le cap sur la canadienne. Un guide bilingue (anglais/français) nous narre quelques anecdotes dont celle du « garçonnet tombé dans les chutes en costume de bain et en veston » puis il nous prévient qu’on va entrer dans du terrible, l'enfer ou quelque chose comme ça. Cela devient effectivement impressionnant. Le bruit, la hauteur d’eau, la puissance, la vapeur, tout nous submerge. Nous sommes complètement drachés.

    De retour à l’embarcadère, je découvre que je suis le seul à être autant mouillé sous la bâche que dessus mais avec le soleil cela sèche vite. Nous allons jusqu’au bout de la promenade, là où on se trouve au-dessus de la rivière Niagara juste avant qu’elle fasse le grand saut, vertige assuré et vague tentation de s’y jeter.

    C’est à ce moment que l’on se dit que ce serait une bonne idée de passer de l’autre côté de la rivière où l’on imagine qu’une promenade permet d’atteindre l’immense belvédère sans vraiment passer la frontière.

    *

    La rivière Niagara relie le lac Ontario au lac Érié. Nous sommes à la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. Toutes choses que l’on découvre sur place, n’ayant pas avant d’y venir la moindre notion géographique sur la région.

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