• Journal du voyage en Amérique du Nord (50) : jeudi vingt-sept septembre deux mille douze, Toronto, Ontario (Toronto Islands)

    Après un petit-déjeuner café thé jus d’orange muffins, ce jeudi veille de notre retour à New York, nous quittons la maison de Linda avec l’intention de nous balader au bord du lac au-delà d’Island Airport. C’est pourtant dans la direction opposée que nous partons, attirés par le soleil du matin, côté vieille ville donc, passons par la Distillerie, nous rapprochons de Downtown et nous retrouvons par une boucle au point de départ de notre habituelle promenade.

    Avant d’aller plus loin, nous choisissons de déjeuner au Harbour Sport Grille, en bas de Yonge Street, et sommes très déçus. Mon burger est sec avec rien dedans, sa salade minuscule, la serveuse fuyante. De plus, c’est cher,  Nous ne laissons que deux dollars de tip et prenons la fuite. Comme nous sommes près de l’embarcadère, je propose à celle que j’accompagne d’aller aux Toronto Islands. Pour ce faire, nous sautons à bord du Toronto Islands Ferry (sept dollars le round-trip).

    Nous descendons au débarcadère principal du groupe d’îles (Centre Island Ferry Dock). Le lieu est peu fréquenté. Nous sommes hors saison. Le parc d’attraction est heureusement fermé. Nous nous donnons pour objectif de marcher sous le ciel bleu jusqu’à l’extrémité gauche en longeant l’eau afin de rejoindre Ward’s Island Ferry Dock pour y reprendre le bateau. Nous sommes bientôt en pleine nature avec vue sur la skyline de Toronto. Cette ville, que je n’arrive pas à aimer, nous apparaît belle de loin.

    Nous atteignons facilement ce bout, ne croisant en chemin que quelques ornithologues occupés à photographier des canards quelconques avec leurs gros appareils. De jolies maisons cachées dans la végétation, plus ou moins inhabitées, nous attirent mais nous ne pouvons toutes les voir car des ouvriers du gaz barrent le chemin pour cause de travaux. Pourquoi ne pas tenter d’atteindre l’autre extrémité où se tient le troisième embarcadère (Hanlan’s Point Ferry Dock), près de l’aéroport. En coupant par un terrain de sport, nous atteignons une promenade en bois construite quasiment au dessus de l’eau, côté grand large. Elle peut nous emmener vers l’extrémité opposée.

    Parvenus à la moitié de cette promenade en bois, nous nous rendons compte que nous étions un peu ambitieux. Ce groupe d’îles reliées par de petits ponts est plus vaste qu’on ne l’imaginait. Nous changeons nos plans, décidons de ne pas aller plus loin que Marina Port pour nous y poser et admirer le trafic aérien. C’est plus facile à faire sur le plan qu’en réalité. Nous nous heurtons à un vrai dédale fait pour dissuader d’y aller qui n’a pas son bateau là, des bateaux résidentiels avec tables de pique-nique et barbecues posés à terre devant chacun. Ce labyrinthe achève de nous épuiser. Nous retournons comme nous pouvons à Centre Island et y trouvons une table ensoleillée où l’on peut écrire en attendant le bateau de 3.30 p.m.

    Il passe par Ward’s Island Ferry Dock puis nous ramène à Toronto City. Débarqués, nous remontons Yonge Street, cette longue rue fatigante, puis tournons à droite dans Schuter Street où nous avons logement.

    Dans la cuisine nous attend Linda, notre logeuse jusque-là invisible. Contrairement à son frère, elle parle parfaitement l’anglais et nous apprend qu’on aurait dû quitter la chambre ce matin. Celle qui a tout organisé s’est trompée dans les dates de réservation. Notre chambre est louée par d’autres qui attendent qu’on la libère pour s’y installer. « Don’t worry », nous rassure Linda. Elle nous propose pour cette dernière nuit et pour le même prix une superbe chambre au rez-de-chaussée, à murs de briques, avec salle de bain et jardin privatif. Je règle la nuitée supplémentaire avec les dollars américains qui me restent.

     Cette erreur est une aubaine et, après avoir déménagé nos affaires, nous la fêtons à l’extérieur grâce à notre salon de jardin en buvant un thé et un café.

    Le soir venu, nous retournons une dernière fois à l’Imperial Pub Library. La salle du bas est un peu déserte. Un vieux barbu au comptoir s’est pissé dessus. Nous prenons notre habituel demi-litre de chardonnay local et des sweet potatoes fries, toujours aussi bonnes. Elle envisage un moment de renouveler la commande en tirant ses derniers dollars du distributeur installé dans le café mais la sagesse l’emporte.

    La nuit venue, nous ne dormons pas aussi bien que nous en aurions besoin dans notre grande belle chambre, la faute aux bruits d’eau à l’étage chez les autres locataires et à leurs allées et venues..

    *

    Incroyable le nombre de buildings en construction dans la capitale de l’Ontario, immeubles de piètre qualité selon celle qui me tient la main. Cela me fait songer à l’Espagne d’avant l’éclatement de la bulle immobilière.

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