• Journal du voyage en Amérique du Nord (51/1) : vendredi vingt-huit septembre deux mille douze, de Toronto à New York City

    Yep, today est le jour du retour à NYC, pour cela nous nous levons bien tôt et à 6 a.m. nous sommes chez Fran’s, lieu ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pour y prendre le petit-déjeuner. Ne trouvant pas sur la carte de quoi rassasier nos estomacs européens, nous commandons un Colossal Cheesecake et des French Toasts. Cela n’est ni colossal ni appétissant, aussi est-ce encore affamés que nous gagnons la gare Greyhound où comme d’habitude zonent des gens bizarres. Nous allons au guichet pour faire étiqueter nos bagages. La grosse guichetière black nous accueille de façon exécrable. Elle tente d’emblée de nous extorquer dix dollars de supplément de bagages. Celle que j’accompagne lui démontre qu’on n’a pas à les payer. Elle pique alors une vraie crise à propos de nos billets qui sont incomplets, il manque la partie entre Toronto et Buffalo. Elle veut que l’on dise qu’on les a perdus, devient totalement hystérique. Comme tout est vérifiable sur Internet avec nos numéros de réservation, elle finit par capituler, et réimprime l’ensemble de nos billets.

    En maudissant cette hyène, nous allons à la porte 9 attendre le car de 8.00 a.m. Il se présente à peu près à l’heure. Ce n’est pas un Greyhound mais un New York Trailways NEON. Il prend la direction de Niagara Falls. Nous croisons les doigts pour ne pas avoir de soucis à la frontière, déjà si nous pouvions ne pas retomber sur le douanier que l’autre jour.

    Sur le pont de tous nos ennuis, notre car est le sixième dans la file d‘attente, ce qui nous permet de profiter une dernière fois du spectacle des chutes du Niagara. Quand arrive notre tour nous entrons avec nos bagages dans le bâtiment des garde-frontières puis nous sommes séparés. Une femme assez aimable que je comprends à peu près me demande ce que j’ai fait au Canada, si j’y ai acheté quelque chose, pourquoi je vais à New York. Je m’empresse de lui montrer mon billet d’avion New York Paris. Elle me dit que c’est bon. J’avance, fais sonner le portique bien que démuni de tous mes objets métalliques. Un grand Noir se précipite sur moi, me fouille, me dit que c’est ok. Je récupère ma valise passée aux rayons Ixe et remonte dans le car. Celle qui voyage avec moi n’en a pas terminé. Elle met un certain temps avant de me rejoindre, ayant dû montrer son contrat de travail et payer six dollars de taxe (entrée une première fois aux USA pour un stage, elle n’avait pas payé l’Esta). Lorsqu’elle a parlé de notre renvoi au Canada, au moment de remplir le fameux papier avec la question « Avez-vous déjà été interdit d’entrée aux USA ? », la douanière lui a répondu : « Oh, ce n’est rien, ils ont juste dû vous renvoyer là-bas. ». Nous poussons un gros soupir de soulagement.

    Quand tout le monde a regagné le car, celui-ci repart pour s’arrêter bientôt à la gare routière de Buffalo. Quelques passagers qui n’avaient pas prévu la durée du passage de la frontière nous quittent pour sauter dans un taxi afin de ne pas rater leur avion à Buffalo Airport où nous devons passer ensuite. D’autres prennent place, des gros très gros.

    Une heure plus tard, nous faisons escale à Batavia. Au moment d’en repartir, dans un bel effet cinématographique, notre car est bloqué par la voiture du Sheriff. Il monte à bord, suivi d’un inspecteur à cravate, à la recherche d’un homme d’environ trente-cinq ans qu’ils ne trouvent pas.

    L’arrêt suivant est Rochester, une heure et demie plus tard, où nous avons l’opportunité d’une pause toilettes cigarette. De nouveaux gros s’installent dans le car. Juste avant le départ, deux policiers de l’immigration montent vérifier les passeports de tout ce qui ressemble à un étranger. Pas de problème pour nous, mais un jeune Asiatique qui n’a pas son permis de séjour sur lui se fait embarquer. On attend. Cinq minutes plus tard, il revient libre et soulagé et se met à jouer à un jeu d’ordinateur où il faut faire s’écrouler des cloisons. Encore secoué, il penche tout à coup son appareil avec l’espoir d’en faire choir davantage.

    L’arrêt suivant est Syracuse où nous changeons de chauffeur. De nouveaux obèses en remplacent qui descendent, mais de jolies filles aussi. Nous commençons à en avoir marre de ce long voyage bien que le paysage soit beau, forêt et petite montagne. Il pleut et nous n’avons quasiment rien à manger, pensant qu’un arrêt serait prévu en route pour cela, mais non, changeant de chauffeur régulièrement, celui-ci n’a jamais faim.

    Notre dernier arrêt est à Binghamton puis c’est la ligne droite jusqu’à New York City. Le chauffeur roule comme un dingue sur la route mouillée. Il fait nuit. Nous sommes aussi impatients que lui d’arriver.

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