• Journal du voyage en Amérique du Nord (8) : jeudi seize août deux mille douze, New York City (Chelsea, High Line, maison de Kerouac, Brooklyn et Manhattan Bridges)

    Dans la matinée et la chaleur, je vais en métro jusqu’à Chelsea jeudi seize. Je me balade dans le quartier, passant devant le mythique Chelsea Hotel chanté par Leonard Cohen, qui hébergea bien des gens connus, où mourut d’alcoolisme Dylan Thomas, mais est maintenant en train de changer de catégorie, puis, ayant besoin d’un peu de fraîcheur, j’avance l’heure du déjeuner.

    J’entre au Chelsea Square Restaurant à l’angle de West 23rd Street et de Ninth Avenue, face aux London Terrace Towers, et m’offre une grande soupe au minestrone, d’énormes lasagnes, du café à volonté, observant par la vitre la vie de la cité. Un taxi mal garé se fait aligner par la NYPD. Son chauffeur essaie de discuter, puis se désintéresse du problème, téléphonant sur le trottoir pendant que le cop rédige la prune.

    Au sortir, je rejoins la High Line que je parcours vers le nord sous un soleil ardent, plus bétonnée que dans mon idée et moins arborée que ne le laisse entendre Le Guide du Routard (cette High Line est aménagée sur une ancienne voie ferrée aérienne de marchandise datant de mil neuf cent trente). J’y retrouve JR et son Inside Project sous forme d’un portait grimaçant géant occupant toute la façade d’un immeuble. Au loin, l’Empire State Building se fait remarquer. La promenade se termine brutalement sur un chantier.

    Redescendu, je fais une pause dans un parc sans doute proche d’une maison de retraite vu le nombre de vieux et de vieilles en chaises roulantes et à déambulateurs. Dans les arbres, les cigales y vont à fond. Un écureuil ramasse des feuilles pour en faire sa couche en haut du fut d’un arbre. Il sait redescendre la tête en bas.

    Je cherche ensuite et trouve l’anonyme maison de briques où Jack Kerouac écrivit en grande partie On the road en mil neuf cent cinquante et un (une bonne année) au numéro quatre cent cinquante-quatre de West 20th Street puis prends un café glacé à un dollar au Champignon, un bar gay friendly de la Septième Avenue.

    Je reprends le métro ligne C Downtown jusqu’à Canal Street et me rapproche à pied du lieu où j’ai rendez-vous avec celle qui est au travail. Je passe par Greenwich Street, belle rue à maisons brunes avec escaliers de secours en façade. Le café Peace and Love m’accueille pour un Coca bien frais. Les isolés sont devant leur ordinateur et les autres discutent affaires.

    A l’heure dite, je suis au coin de Walker Street et de Centre Street. Dès qu’arrive celle que j’attends, nous nous mettons en route à pied pour la double traversée Brooklyn Bridge Manhattan Bridge.

    Le premier pont n’est pas un lieu de promenade romantique, contrairement à sa légende. Son cheminement piétonnier est totalement encombré de touristes et gare à qui empiète sur le cheminement cycliste, les pédaleurs ne font pas de quartier. Nous profitons cependant au mieux du coucher de soleil sur Manhattan.

    Arrivés à Dumbo, nous entrons dans plusieurs bars mais ce ne sont que lieux surpeuplés et bruyants où s’épanouissent des hipsters buveurs de bière. Celle que j’accompagne achète des bonbons de consolation et malgré la fatigue on se lance directement dans la traversée de retour par le Manhattan Bridge. Là c’est vraiment tranquille, quasiment pas de piétons, ni de cyclistes, mais on doit subir le bruit tonitruant des rames de métro auquel s’ajoute celui des voitures et des camions circulant sur deux niveaux.

    Quand on arrive sur la terre ferme à Chinatown (quartier qui dort la nuit), je suis exténué. Nous marchons encore pas mal avant de trouver un endroit animé et un petit bar à vin où nous récupérons de nos efforts en buvant un verre en terrasse.

    Après le retour en métro, nous dînons chichement au Martini.

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    Jolies filles de New York City, très peu vêtues, en haut de maillot de bain parfois, mini chorte et jupe courte, sans qu’aucun mec ne les emmerde, la sanction pénale freine l’instinct. On peut parler ainsi à n’importe quelle fille dans la rue sans qu’elle ne prenne la fuite.

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    Les écrans dans les restaurants et bars de New York montrent des images de sports d’ici mais sont le plus souvent muets. Une radio diffuse de la musique familière. Bien longtemps que je n’avais entendu aussi souvent Michael Jackson.

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    Sur un camion de pompiers « In loving memory of B. C. Oris Palmer, Lt Philip Petti, (suivent d’autres noms), 01/9/11 »

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