• La Damnation de Faust d’Hector Berlioz à l’Opéra de Rouen

    Un peu trop décentré en corbeille ce dimanche après-midi à l’Opéra de Rouen, je passe à la baisse des lumières deux rangs plus bas où est resté libre un fauteuil d’où je vois bien, quand le rideau se lève sur les premières mesures de La Damnation de Faust d’Hector Berlioz, l’astrolabe incliné qui constitue le décor de la légende dramatique en quatre tableaux tirée du Faust de Goethe.

    Cet astrolabe est rotatif. Frédéric Roels, maître des lieux et metteur en scène, évoque dans sa note d’intention l’absence de théâtralité apparente de cette œuvre, d’où sans doute le recours à la tournette. J’accroche assez bien aux deux premiers tableaux, bien qu’ayant peu de goût pour la période romantique, mais j’ai plus de mal, après l’entracte, avec la suite. Marie Gautrot (Marguerite) me déçoit, trop statique.

    Vers la fin, Erik Fenton (Faust) est projeté dans les airs en un vaste mouvement circulaire. Son décollage suscite quelques rires vite réprimés. J’ai un peu peur pour lui, le trouvant courageux de confier sa vie à deux fils. On ne fait que frôler le ridicule mais quand, dans l’ultime tableau, Marguerite s’élève dans les cieux, on y est en plein.

    Les applaudissements sont fournis, sans plus d’enthousiasme que cela. Pour ma part, j’ai surtout apprécié Sir Willard White (Méphistophélès), les danseuses et danseurs de l’Opéra-Théâtre de Limoges jouant les follets du susdit, le chœur accentus et le jeu des musicien(ne)s de l’Orchestre dans la fosse, de laquelle dépassait la tête du chef Nicolas Krüger.

    Sorti, je passe près d’un camion technique dans lequel s’agitent des hommes de métier, ce sont des techniciens d’Oxymore qui travaillent pour France Télévisions. D’autres ont filmé la représentation. Cela sera visible un jour (ou peut-être une nuit) sur l’antenne nationale de France Trois.

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    Lundi après-midi, rue Saint-Romain, un employé de l’Agglo accompagnant des policiers en civil soulève à leur demande les grilles d’égout, à la recherche de l’arme du crime, peut-être une paire de ciseaux, avec laquelle a été tué dans l’escalier du bel immeuble à pans de bois dont le rez-de-chaussée est occupé par un maroquinier, un jeune homme de dix-sept ans, apprenti coiffeur habitant là depuis peu, qui s’y est vidé de son sang vendredi soir vers vingt heures, ayant été atteint au cou.

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