• Le Puy-Mary, Murat, Condat

    A l’Auberge des Volcans de Saint-Chamant, le petit-déjeuner se prend à l’étage dans une salle qui fait maison d’hôtes : meubles de famille, animaux empaillés, photos d’un lointain mariage. Je trouve là, installées avant l’heure à la grande table, les deux vieilles copines en vacances ensemble et m’installe le plus loin possible d’elles. La patronne passe la tête par la porte. On attend que le boulanger arrive, nous dit-elle. Ce qui ne tarde pas. Là aussi, je manque de café.

    Comme cette journée doit être belle, je file sans délai, prenant la direction du Puy-Mary, lequel se profile à l’horizon, majestueux. La route du Pas-de-Peyrol qui y mène depuis Salers est des plus étroites. Des mini zones de croisements sont ménagées tous les trois cents mètres. A cette heure, je ne croise heureusement presque personne et profite d’une vue superbe qu’aucune photo ne peut rendre.

    Pourtant, c’est l’affluence au sommet du plus haut col routier du Massif Central, lequel rassemble sur son parquigne les arrivants de trois routes différentes. De là, on monte à pied au sommet du Puy-Mary, ce que j’ai déjà fait, bien accompagné, et que je ne veux pas refaire seul. Je descends donc vers Murat, le ciel s’étant chargé de nuages.

    A mi-descente, je m’arrête à Bienne au Café du Commerce. C’est une maison particulière avec une salle pour le bar. Les toilettes sont celles de la famille, au premier étage. J’y bois un café de bord de route. Passe un tracteur à remorque marquée « Transports d’animaux ». Des paires de cornes en dépassent. Il est dix heures et demie. Je songe à celle qui travaille à Paris en train de signer son premier bail, enfin un appartement à son nom.

    Murat est une ville sans apprêt, sérieusement en pente, dominée par une Vierge blanche. Je la visite et constate que ni les restaurants (à menus minables ou chers), ni les chambres d’hôtes (chères) ne peuvent m’y retenir.

    Je prends la route de Condat, distante de trente-cinq kilomètres, commençant par ce choix à me rapprocher de la Normandie. Juste avant d’y être, je découvre le restaurant où l’on a envie de manger, avec terrasse au bord d’un lac et prometteur menu du jour à douze euros. Il se nomme L’Hostellerie du Lac aux Moines et est tenu par une jeune équipe décontractée. J’y déjeune bien : tarte tomates emmental, lentilles jambon braisé, fromages, tiramisu, puis ayant repéré une chambre d’hôtes dans mes prix au bourg, la cherche. Je dois me faire aider par la jeune fille de l’Office de Tourisme. Elle téléphone et c’est d’accord pour une nuit dans le quartier du Moulin.

    -Vous avez de la chance, me dit l’active dame qui me reçoit, comme j’avais personne, j’allais partir.

    Elle termine de préparer la chambre tout en me racontant sa vie, me dicte le code ouifi puis vaque à ses affaires cependant que je descends faire le tour du pays sous un ciel déjà orageux. Comme beaucoup d’autres, il fut prospère et ne l’est plus. En témoigne la boulangerie Moins qui n’est plus rien, en face des rideaux fermés de laquelle je bois un diabolo menthe.

    *

    L’été étant propice aux coups tordus, la maison OverBlog qui propulse mes écritures quotidiennes à travers le monde entier déclare :« Pour continuer de vous fournir un espace d’expression libre, gratuit et facile d’accès, votre blog intégrera prochainement quelques espaces publicitaires. ».

    Si j’ai fait le choix d’OverBlog en deux mille six, c’est parce que cette maison promettait à qui le voulait d’être indemne de toute salissure publicitaire. Ce changement de règle équivaut à une rupture unilatérale de contrat, du moins moral.

    (Ah oui, je pourrais continuer à être lisible sans publicité mais à condition que je paie pour cela.)

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