• Mahlermania de Nico and the Navigators à l’Opéra de Rouen (Automne en Normandie)

    Horaire de samedi à l’Opéra de Rouen où se donne, pour le dernier jour du festival Automne en Normandie, en première française (comme on dit), Mahlermania de Nico and the Navigators. Il me faut donc en chemin affronter la foule des acheteurs et acheteuses de Noël, masse humaine manifestant en faveur de la société de consommation dans laquelle je me faufile comme je peux.

    Nico and the Navigators viennent de Berlin mais la quinzaine de musicien(ne)s jouant Mahler arrangé sont de l’Opéra de Rouen, relégué(e)s dans une sorte de cage au deuxième plan, sous la direction de Moritz Gnann. Un jeu de construction permettant d’échafauder puis de déglinguer la maison de Mahler donne un semblant d’action. La troupe berlinoise évoque par la voix d’Alma les heurs et les malheurs de la vie de Gustav Mahler à travers son œuvre et réciproquement. C’est, en allemand surtitré en français avec quelques clins d’oeil dans la langue du pays d’accueil, narré, dansé et chanté. Du début d’une lenteur toute germanique à la fin au délire organisé, cela dure une heure quarante-cinq sans entracte. Est-ce la langue allemande qui donne à tant de gens du public l’envie de tousser. On se croirait parfois au sanatorium Berghof de Davos. Difficile pour moi de savoir si j’ai aimé ça.

    *

    Tiré du livret programme :

    Pour lui je recopie des partitions, je joue du piano pour tâcher de l’impressionner –j’apprends, je lis, le tout dans un seul et unique but… Et puis quand il est là, je me gâche le plus souvent mon propre plaisir –à force d’être à fleur de peau… Et lui toujours de se dresser contre moi –ce vieux fat – toujours cette soif de domination… Ambition sans limite –avide de gloire –et au lieu de m’épanouir –il ne s’agit que d’embellir son existence à LUI… voilà ma seule raison d’être, et tout ce qui justifie mon existence. (Alma Mahler, Journal, cinq juin mil neuf cent cinq)

    Ma chérie, il me manque :

    1)      des pommes

    2)      le grand chandelier pour le piano

    3)      les clés du coffre

    4)      une paire de chaussettes –je ne sais pas où elles sont passées…

                (…) Aucune nouvelle de ta part ! Mon Almschi, vraiment tu n’as pas une minute de libre pour m’envoyer une petite carte ? (Gustav à Alma, cinq juillet mil neuf cent dix)

    *

    Il faut que je mette la main sur ce Journal et la correspondance d’Alma, qui écrivait à son amant Walter Gropius :

    La première fois quand nous nous reverrons, je me laisserai glisser à terre devant toi, et à genoux je t’implorerai de mettre de tes mains dans ma bouche le membre sacré…

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